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Note de conférence de presse sur l’Iraq

Porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme :  Rupert Colville
Lieu : Genève
Date : 8 novembre 2019
Sujet :  Iraq

Iraq

Nous sommes extrêmement préoccupés par les rapports qui continuent de faire état de décès et de blessés résultant de l'usage de la force par les forces de sécurité contre des manifestants, ainsi que du recours délibéré aux assassinats par des éléments armés iraquiens. Entre le 1er octobre et la nuit dernière, le Bureau des droits de l'homme de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq a recensé 269 morts dans le cadre de manifestations dans tout le pays. Au moins 8 000 autres personnes auraient été blessées, y compris des membres des forces de sécurité iraquiennes. Le nombre exact de victimes pourrait être bien plus élevé. La majorité des victimes sont le résultat de l'utilisation de balles réelles par les forces de sécurité et les éléments armés, décrits par beaucoup comme des groupes de milices privées, ainsi que du recours inutile, disproportionné ou inapproprié à des armes non létales comme des gaz lacrymogènes.

Les protestations ont continué cette semaine à Bagdad, et plusieurs décès et blessés ont été recensés au cours de manifestations à Bagdad, Bassora, Dhi Qar et Karbala. En outre, nous avons reçu ce matin des informations concernant la mort de cinq manifestants tués hier soir au cours de manifestations devant le bâtiment du gouvernorat de Bassora. Mercredi dernier, un militant de la société civile a été tué par balle et un autre blessé par des éléments armés alors qu'ils rentraient chez eux après une manifestation dans le gouvernorat de Missan. Nous suivons également des informations faisant état d'arrestations de plusieurs manifestants et militants, ainsi que de blogueurs et commentateurs des médias sociaux, mais le manque de transparence a rendu ces informations difficiles à suivre.

Nous sommes préoccupés par les allégations selon lesquelles des manifestants et des bénévoles fournissant une assistance au cours des manifestations auraient été enlevés par des inconnus. Ces allégations doivent faire l'objet d'une enquête dans les plus brefs délais, le sort des personnes disparues doit être clarifié et les responsables doivent être poursuivis.

Nous sommes troublés par la déclaration du Conseil supérieur iraquien de la magistrature selon laquelle la loi fédérale antiterroriste serait applicable à ceux qui ont recours à la violence, sabotent des biens publics et utilisent des armes à feu contre les forces de sécurité – des actes de terrorisme pouvant être passibles de la peine de mort.

Nous exhortons le Gouvernement iraquien à s'assurer qu'il satisfait à son obligation de protéger le droit de réunion pacifique. Il doit entre autres prendre des mesures préventives pour protéger les manifestants des éléments armés et ordonner clairement aux forces de sécurité de respecter les normes internationales concernant l'usage de la force, notamment l'interdiction explicite de lancer des tirs de gaz lacrymogènes directement sur les manifestants.

Des mesures immédiates doivent être prises pour enquêter et poursuivre les auteurs de ces meurtres, et les victimes et leurs familles doivent avoir accès à la justice et à la vérité. Il est crucial que les manifestants ne soient pas accusés de terrorisme.

Nous demandons aux autorités de prendre des mesures fermes afin d'établir un dialogue constructif en Iraq, d'écouter les nombreux griefs et d'en faire le bilan, et de collaborer avec un large éventail d'acteurs afin de trouver une solution durable aux nombreux problèmes auxquels l'Iraq est confronté. Nous sommes prêts à les aider dans cette démarche.

Les deux rapports des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iraq portant sur les manifestations depuis le 1er octobre sont disponibles à partir du lien suivant.
http://www.uniraq.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=11995:human-rights-violations-ongoing-un-second-special-report-on-protests-in-iraq&Itemid=605&lang=en*

FIN