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L’éducation aux droits de l’homme aide toutes les sociétés à se protéger de l’état d’esprit ayant conduit à l’Holocauste.

Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste

« Soixante-quinze ans après Auschwitz -
L'éducation et le travail de mémoire sur l'Holocauste en faveur de la justice mondiale »

Déclaration de Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

Le 27 janvier 2020

Nous célébrons aujourd'hui le 75e anniversaire de la fin de l'Holocauste, un crime inhumain sans précédent et dévastateur, pendant lequel six millions de Juifs, et bien d'autres, ont été brutalement assassinés.

C'est en ce jour en 1945 qu'Auschwitz-Birkenau, le plus vaste camp d'extermination nazie, a été libéré. On estime que plus de 1,1 million de personnes, dont neuf sur dix étaient juives, ont été tuées dans ce camp.

Les victimes du programme d'extermination nazi incluaient des millions de Juifs, des centaines de milliers de Roms et de Sintis, des personnes handicapées, des homosexuels, des prisonniers de guerre, des dissidents politiques et des membres des réseaux de résistance de tous les coins de l'Europe occupée.

L'Organisation des Nations Unies a été établie en réponse aux dévastations de la Deuxième Guerre mondiale, et à la déshumanisation et la haine meurtrières propagées par le régime nazi. Son objectif était de reconstruire un monde de justice et de paix.

Mais aujourd'hui, ceux qui sont perçus comme différents sont confrontés à de nombreuses formes de haine, et même certains dirigeants alimentent la discrimination ou la violence contre les Juifs, les musulmans, les migrants ou d'autres membres de communautés minoritaires.

Dans de nombreuses régions, nous constatons une augmentation des attaques ciblant des individus et des groupes en raison de leur religion, ethnie ou apparence présumées.

Nous ne pouvons pas permettre à l'humanité de revenir à cette attitude injuste et cruelle. Nous ne pouvons pas être comme cela. Je salue les femmes, les hommes et les jeunes du monde entier qui font preuve de courage, d'empathie et de principes en défendant la tolérance et les droits de l'homme en dépit des efforts menés pour déshumaniser et diaboliser les individus.

Pour créer un rempart permanent contre la montée de la haine, nous aurons besoin d'une éducation réfléchie et fondée sur des principes, pour éduquer non seulement les esprits, mais aussi les cœurs.

L'éducation aux droits de l'homme aide les gens à mieux comprendre les principes universels des droits de l'homme et les leçons tirées de l'histoire, ainsi qu'à leur donner le pouvoir de tenir leurs gouvernements responsables. Elle favorise un sentiment d'humanité commune tout en aidant les individus à faire des choix éclairés ; à résoudre des conflits de façon non violente et à participer de manière responsable à leurs communautés et sociétés.

Une éducation des cœurs et des esprits fondée sur des principes aurait pu aider les populations à repousser les campagnes de persécution et de violence dans le passé – et j'estime que chaque pays et communauté peut en tirer profit aujourd'hui.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme coparraine une exposition au Palais des Nations à Genève intitulée « Lest we forget », qui présente des photographies de survivants de l'Holocauste. Présentée à Vienne l'année dernière, l'exposition a subi à plusieurs reprises des actes de vandalisme antisémites. Des membres du public ont alors décidé de réparer les portraits et d'organiser des veillées afin de les protéger.