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Au Zimbabwe, de nombreux textes de loi ne sont pas encore alignés sur la convention, relève le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes

Comité pour l'élimination de la discrimination
à l'égard des femmes

13 Février 2020

Au Zimbabwe, de nombreux textes de loi ne sont pas encore alignés sur la Convention et subsiste en outre une grande disparité entre les textes de loi et leur mise en œuvre.  Tel est le constat dressé par une experte du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, alors qu’était examiné aujourd’hui le rapport soumis par le pays au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

En dépit de dispositions constitutionnelles louables en matière de non-discrimination, il manque toujours dans ce pays une loi globale de protection des femmes contre les discriminations, a ajouté cette même experte. 

Une autre experte du Comité a dénoncé les pratiques néfastes et les violences touchant tout particulièrement les femmes et les enfants, notamment les tests de virginité forcés et les mariages d’enfants.  L’espace public est devenu un espace de peur pour les femmes, a par ailleurs déclaré l’experte, avant de s’enquérir des mesures envisagées pour renforcer la sécurité des femmes dans la rue.

Une autre experte a dit observer une tendance à une diminution considérable de la représentation des femmes au sein des instances de gouvernance locale. 

Ont par ailleurs été relevées les grandes disparités et inégalités persistantes entre les hommes et les femmes sur le marché du travail. 

Présentant le rapport de son pays, Mme Sithembiso G. G Nyoni, Ministre des affaires des femmes, des communautés et du développement des petites et moyennes entreprises du Zimbabwe, a affirmé que le pays avait pris des mesures pour accélérer la mise en œuvre de la Convention.  Le Gouvernement zimbabwéen s’engage fermement à faire en sorte que les discriminations contre les femmes soient abordées de manière conforme aux normes internationales relatives aux droits de l’homme, a-t-elle assuré. 

En 2013, a rappelé la Ministre, le Zimbabwe a adopté une constitution très progressiste incorporant les questions de genre et les droits des femmes.  Conformément à la Convention, l’égalité et la non-discrimination sont prévues, la Constitution précisant dans ce contexte les motifs de discrimination visés, notamment la discrimination fondée sur le sexe, le genre, ou encore le statut marital.  Le Zimbabwe s’est efforcé de mettre en conformité les lois nationales avec cette nouvelle Constitution, en accordant une priorité aux lois relatives aux questions de genre et aux droits des femmes, a insisté la Ministre. 

Mme Nyoni a fait état d’une loi sur le travail prévoyant une égalité de salaire entre hommes et femmes selon les principes de l’Organisation internationale du Travail (OIT), ainsi que de la nouvelle législation interdisant tous les mariages d’enfants.

S’agissant des mesures temporaires spéciales, la Ministre a indiqué que le Zimbabwe avait instauré un quota pour les femmes au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat.  La représentation des femmes au Parlement a presque doublé, passant de 17% aux élections de 2008 à 31% en 2018, a-t-elle fait valoir. 

La Ministre a expliqué que la mise en œuvre de ces politiques ne s’est pas faite sans heurts, notamment en raison de la situation économique et des sanctions illégales contre son pays.  Les effets du changement climatique continuent à avoir des conséquences négatives sur les moyens de subsistance des femmes, a-t-elle en outre souligné. 

La délégation du Zimbabwe était également composée de très nombreux représentants de ministères et autres entités publiques. 

Le Comité adoptera ultérieurement, à huis clos, ses observations finales sur le rapport du Zimbabwe et les rendra publiques à l'issue de la session, le 28 février prochain. 

 

Demain matin, à 10 heures, le Comité entamera l’examen du rapport de l’Érythrée (CEDAW/C/ERI/6).

 

Présentation du rapport

Le Comité était saisi du sixième rapport périodique du Zimbabwe (CEDAW/C/ZWE/6), ainsi que des réponses du pays à une liste de points à traiter qui lui avait été soumise.
MME SITHEMBISO G.  G NYONI, Ministre des affaires des femmes, des communautés et du développement des petites et moyennes entreprises du Zimbabwe, a affirmé que son pays a pris des mesures pour accélérer la mise en œuvre de la Convention.  Le présent rapport est le fruit d’une large consultation avec les organisations de la société civile ; il contient des réponses aux recommandations et aux questions des membres du Comité, a-t-elle indiqué. 
Le Gouvernement zimbabwéen s’engage fermement à faire en sorte que les discriminations contre les femmes soient abordées de manière conforme aux normes internationales relatives aux droits de l’homme, a assuré Mme Nyoni. 

En 2013, a poursuivi la Ministre, le Zimbabwe a adopté une constitution très progressiste incorporant les questions de genre et les droits des femmes.  Conformément à la Convention, l’égalité et la non-discrimination sont prévues, la Constitution précisant dans ce contexte les motifs de discrimination visés, notamment la discrimination fondée sur le sexe, le genre, ou encore le statut marital. 

Le Zimbabwe s’est efforcé de mettre en conformité les lois nationales avec cette nouvelle Constitution, en accordant une priorité aux lois relatives aux questions de genre et aux droits des femmes, a ajouté la Ministre.  La loi sur la gouvernance des entités publiques promulguée en 2018 donne ainsi effet aux dispositions constitutionnelles sur l’égalité de genre, a-t-elle précisé.  Une autre loi, sur le travail, prévoit une égalité de salaire entre hommes et femmes selon les principes de l’Organisation internationale du Travail (OIT).  La loi sur le mariage, quant à elle, criminalise tous les mariages d’enfants et le Code pénal a été amendé, prévoyant désormais des peines planchers (peines minimales) pour les crimes sexuels.

Le Programme national de mesures de prévention et d’intervention contre la violence fondée sur le genre (2016-2020) a permis la création, au sein des communautés, de foyers pour les victimes de violences sexistes, ainsi que la fourniture de conseil et d’une aide juridictionnelle gratuite.  Ce système permet d’harmoniser le soutien aux victimes dans le pays, a fait valoir Mme Nyoni. 

S’agissant des mesures temporaires spéciales, la Ministre a indiqué que le Zimbabwe avait instauré un quota pour les femmes au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat.  La représentation des femmes au Parlement a presque doublé, passant de 17% aux élections de 2008 à 31% en 2018, a-t-elle souligné.  Ces quotas arrivent à expiration en 2023, c’est pourquoi un projet de loi est en cours de discussion pour étendre la période de quotas aux deux prochains mandats législatifs, a ajouté Mme Nyoni.

Le Zimbabwe a mis en place un plan national d’action visant à mettre un terme aux mariages des enfants et ce plan est en train d’être introduit dans toutes les régions du pays, a d’autre part indiqué la Ministre.  Les dirigeants religieux et traditionnels sont par ailleurs impliqués dans la lutte contre les pratiques préjudiciables pour les femmes, a-t-elle ajouté. 
En outre, le Zimbabwe a pris des mesures pour favoriser l’accès des femmes et des filles à l’éducation : quelque 2000 nouvelles écoles ont ainsi été construites et 3000 nouveaux postes ont été ouverts en 2019 dans ce secteur, avec la prévision d’en créer 5000 autres en 2020.

Dans le domaine de l’emploi, la loi sur le travail a été revue pour mettre en œuvre le principe de l’équité salariale entre hommes et femmes selon les principes de l’Organisation internationale de travail, a de nouveau souligné la Ministre.  En outre, la loi sur le service public est en train d’être amendée pour y incorporer la question du harcèlement sexuel. 

S’agissant de la santé, la cheffe de la délégation a fait observer la chute considérable du taux de mortalité maternelle dans le pays – de 651 pour 100 000 en 2015 à 462 pour 100 000 en 2019 – grâce, notamment, au renforcement du système de santé génésique. 

Dans le domaine économique, un nouveau système de microcrédit a permis à 75 000 femmes d’ouvrir un compte bancaire entre août 2018 et novembre 2019, a par ailleurs fait valoir Mme Nyoni.

La Ministre a expliqué que la mise en œuvre de ces politiques ne s’est pas faite sans heurts, notamment en raison de la situation économique et des sanctions illégales contre son pays.  Les effets du changement climatique continuent à avoir des conséquences négatives sur les moyens de subsistance des femmes, a-t-elle en outre souligné.  Le Zimbabwe continue néanmoins à prendre des mesures législatives et administratives pour assurer la promotion et la protection des droits des femmes, a conclu Mme Nyoni. 

Examen du rapport

Questions et observations des membres du Comité

Une experte a dit constater que la Constitution de 2013 prévoit une liste importante de motifs de non-discrimination.  Cependant, il y a une grande disparité entre les textes et leur mise en œuvre, a-t-elle fait observer, avant de s’enquérir des mesures prises pour combler cette lacune.  L’experte a en outre relevé que de nombreux textes de la loi n’étaient pas encore alignés sur la Convention.  Elle s’est enquise du travail mené avec les parlementaires pour que les débats aillent dans le bon sens sur cette question et a également souhaité en savoir davantage sur la préparation et l’implication de la société, au sens large, dans ce contexte. 

L’experte a par ailleurs relevé qu’il manquait une loi globale de protection des femmes contre les discriminations.  L’offre d’aide juridictionnelle gratuite est restreinte dans le pays, a-t-elle poursuivi, avant d’indiquer qu’elle souhaitait en savoir davantage sur l’accès à la justice pour les femmes.  Elle a regretté que le Zimbabwe ne souhaite pas ratifier le Protocole facultatif à la Convention (qui reconnaît la compétence du Comité pour examiner des plaintes individuelles) et a demandé si le pays pourrait revoir sa position à ce sujet. 

Une autre experte a demandé si des études avaient été menées pour analyser les effets des nouvelles politiques pour les femmes.  Elle a souhaité savoir comment était menée la coordination entre les différentes entités actives dans les politiques en faveur des femmes.  Elle s’est en outre enquise du rôle de la Commission zimbabwéenne de l’égalité des sexes.  Elle a relevé que selon certaines informations, les femmes rencontrent certaines difficultés pour saisir cette Commission afin de dénoncer des violences qu’elles ont subies.  Elle s’est également enquise du fonctionnement de la Commission des droits de l’homme du Zimbabwe.

Une experte a relevé que le pays faisait face à de nombreux défis, notamment dans les domaines économiques ou du réchauffement climatique.  Elle s’est ensuite réjouie que l’égalité soit pour le pays une priorité et a relevé que le cadre juridique du pays s’inscrivait désormais dans le sillage des travaux de la Commission nationale pour la paix et la réconciliation ; elle a souhaité savoir comment fonctionnait cette Commission aujourd’hui. 

Une autre experte a dit observer une tendance à une diminution considérable de la représentation des femmes au sein des parlements et autres gouvernements locaux.  Aussi, s’est-elle enquise de la mise en œuvre des quotas au sein des pouvoirs locaux.  Cette experte a en outre demandé des informations sur les mesures d’action positive prises en faveur des femmes vulnérables, comme les femmes handicapées ou les femmes vivant dans les zones rurales. 

Une experte a dénoncé les pratiques néfastes et les violences touchant tout particulièrement les femmes et les enfants, notamment les tests de virginité forcés et les mariages d’enfants.  Les femmes et les filles sont de plus en plus ciblées par les prédateurs sexuels, a-t-elle ajouté, déplorant que les auteurs de tels actes profitent de la vulnérabilité des femmes.  L’experte a demandé ce que faisaient les autorités pour lutter efficacement contre les pratiques néfastes et les mariages précoces. 

Il semblerait par ailleurs que les citoyens n’aient pas confiance en la justice et ne portent pas plainte, a poursuivi l’experte.  De plus, il est très difficile d’avoir accès à la justice dans les zones rurales, a-t-elle ajouté.  Elle a en outre relevé que les peines prononcées dans le cadre des violences intrafamiliales manquent de cohérence ; aussi, a-t-elle demandé comment les autorités envisageaient de rendre cohérente ces décisions de justice en tenant compte de la gravité de ces crimes. 

L’espace public est devenu un espace de peur pour les femmes, a par ailleurs déclaré l’experte, avant de s’enquérir des mesures envisagées pour renforcer la sécurité des femmes dans la rue ; il faudrait notamment sensibiliser les forces de police sur cette question, a-t-elle indiqué.

Une autre experte a relevé que le Zimbabwe avait pris des mesures dans le domaine de la lutte contre la traite de personnes, notamment pour soutenir les victimes et identifier les auteurs.  Elle a néanmoins regretté que le pays n’ait pas érigé en infraction toutes les formes de traite.  Aussi, a-t-elle demandé quand allait être amendée la législation concernant la traite et quelles mesures allaient être prises pour mettre en œuvre le plan national d’action dans ce domaine. 

Une autre experte s’est enquise des mesures prises par les autorités pour lutter contre les stéréotypes à l’encontre des femmes.  Cette experte a par ailleurs relevé le faible nombre de femmes ambassadrices du Zimbabwe.  La nomination aux postes d’ambassadeurs ne devrait plus être une décision politique, ce qui pourrait permettre d’améliorer la représentation des femmes dans ce domaine, a-t-elle souligné.  L’experte a aussi déploré le faible taux de représentation des femmes à des grades élevés au sein de l’armée. 

Une experte s’est enquise des mesures prises pour améliorer l’offre scolaire dans les zones rurales, soulignant que dans certaines zones, l’établissement scolaire se trouve parfois à plus de 20 km du domicile.  Elle a en outre souhaité connaître les causes de l’abandon scolaire – dont le taux est à la hausse – et s’est enquise des mesures prises pour permettre la réintégration des jeunes mamans et des filles enceintes dans les écoles. 

Une autre experte a souhaité en savoir davantage sur la loi relative à l’égalité sur le marché du travail et a relevé l’existence de grandes disparités entre les hommes et les femmes dans ce domaine.  Dans leur grande majorité, les femmes travaillent dans le secteur informel, a-t-elle fait observer.  Cette experte a estimé que le pays devrait prendre des mesures pour que les femmes aient accès à tous les niveaux de postes dans le secteur privé. 

Une experte a relevé que le Zimbabwe avait un des taux les plus élevés de VIH/sida dans la région et a souhaité connaître les mesures prises pour prévenir la transmission du virus entre la mère et l’enfant.

Une autre experte a fait observer que la plupart des personnes qui travaillent sur les marchés aux puces sont des femmes et qu’elles sont soumises à de fortes taxes.  Elle a aussi indiqué que la plupart des coopératives étaient détenues par des hommes.  L’experte a demandé à la délégation les raisons de ces grandes inégalités persistantes entre hommes et femmes sur le marché du travail. 

Une experte a souhaité en savoir davantage sur le droit à la propriété foncière pour les femmes, notamment dans les zones rurales. 

Une experte s’est enquise des mesures prises pour lutter contre les stéréotypes, les discriminations et les violences à l’encontre des femmes handicapées.  Elle a également souhaité connaître les mesures prises pour lutter contre les discours de haine à l’encontre des personnes LGBTI. 

Une autre experte a demandé des informations sur les mesures prises pour lutter contre le réchauffement climatique et s’est enquise de l’inclusion des femmes dans ce processus.

Cette même experte a demandé des informations sur le nouveau projet de loi sur le mariage et a souhaité savoir si le mariage polygame était toujours autorisé dans le pays. 

Réponses de la délégation

La délégation a assuré que le Gouvernement zimbabwéen faisait tout son possible pour faire en sorte que les textes de loi adoptés soient mis en œuvre sur le terrain, notamment au travers de politiques fortes. 

La question de l’alignement des lois [sur les normes pertinentes] est essentielle, a ajouté la délégation, soulignant que le Parlement a accéléré le processus d’alignement depuis le début de la présente législature.  Les plus grands alignements ont lieu actuellement dans le cadre de la dernière phase de cette législature avec la priorité mise sur les droits des femmes. 

La délégation a par ailleurs assuré qu’il y avait une très large consultation de la société pour la sensibiliser aux amendements devant être apportés à la législation pour la rendre conforme, en particulier, à la nouvelle Constitution [de 2013].  La délégation a néanmoins reconnu qu’il y avait un travail important à faire pour mettre en œuvre l’ensemble de cette législation sur le terrain. 

La Charte des droits est directement invocable devant les tribunaux, de sorte que les femmes disposent ainsi de voies de recours, a en outre fait valoir la délégation.  Un bureau d’aide juridictionnelle va être installé dans chaque région du Zimbabwe, a-t-elle par ailleurs indiqué.  S’agissant du Protocole facultatif à la Convention, depuis 2017, le nouveau « Gouvernement de transformation » s’est engagé à étudier la ratification de cet instrument, a fait savoir la délégation, soulignant qu’il n’était plus possible d’invoquer le droit interne pour ne pas ratifier des conventions internationales.

La délégation a par ailleurs expliqué qu’un processus de décentralisation avait permis d’installer des bureaux de la Haute Cour dans l’ensemble des provinces, afin de faire en sorte que tous les citoyens aient accès à la justice.

S’agissant de la représentation des femmes, la délégation a ensuite assuré que les femmes sont de plus en plus incluses dans la prise de décision.  Ainsi, dans les différentes commissions qui existent dans le pays, 42% des postes sont occupés par des femmes, a-t-elle fait valoir ; et pour l’ensemble des ministères, les postes décisionnels sont occupés à 54% par des femmes.  La délégation a en revanche reconnu qu’en la matière, des efforts restaient à faire dans le secteur de la diplomatie ou encore pour ce qui concerne les postes à responsabilité dans le secteur privé, où seuls 24% de ces postes sont occupés par des femmes. 

La principale explication du faible taux de femmes occupant des postes décisionnels réside dans la pauvreté, a affirmé la délégation.  Au niveau historique, les femmes ont été marginalisées, a-t-elle expliqué ; mais des mesures sont aujourd’hui prises, au niveau du secteur public, afin que les femmes soient formées pour occuper des postes à responsabilité, a-t-elle fait valoir.

La délégation a ajouté que le Gouvernement envisageait de mettre en œuvre un système de quotas au niveau des pouvoirs locaux afin d’y améliorer la représentation des femmes. 
La délégation a par la suite déclaré que les partis politiques étaient sensibilisés et inclus dans la recherche de mesures visant à relever le défi lié à la représentation des femmes. 
La délégation a expliqué que le pays entendait faire prendre conscience aux femmes, dès l’école, qu’elles peuvent avoir accès aux fonctions les plus hautes de l’État, y compris dans le secteur de la diplomatie.  La Commission de l’égalité des sexes sensibilise les femmes sur cette question, a insisté la délégation, avant de préciser qu’environ 20% des postes d’ambassadeurs du Zimbabwe étaient occupés par des femmes.

Le Zimbabwe a mis en œuvre une politique nationale de genre qui a permis de prendre en compte des questions passées jusqu’ici sous silence durant de nombreuses années, a en outre indiqué la délégation. 

La délégation a d’autre part rappelé les pouvoirs de la Commission zimbabwéenne de l’égalité des sexes, laquelle peut notamment rédiger et transmettre des rapports au Parlement, ce qui a – précisément – permis au Parlement de débattre de questions liées à l'égalité des sexes. 

Divers ministères s'emploient également à élaborer des politiques sexospécifiques sectorielles et des directives visant l'intégration de la dimension de genre, a ajouté la délégation.

La délégation a expliqué que le pays a adopté un programme fondé sur les compétences qui reconnait la nécessité pour chacun de devenir productif dans la société, notamment et plus particulièrement pour les femmes et les personnes handicapés.  Ce programme vise à ce que personne ne soit laissé pour compte.  Le système éducatif doit comprendre qu’il faut continuer à progresser dans ce sens, a ajouté la délégation.

La délégation a affirmé que le pays mettait tout en œuvre pour lutter contre les stéréotypes à l’encontre des femmes, notamment à l’encontre des femmes prostituées.  La Haute Cour a interdit l’arrestation des femmes au simple motif qu’elles maraudent dans la rue ; cette décision a pu constituer un signal lancé auprès de la population pour lutter contre les stéréotypes, a fait valoir la délégation. 

La délégation a indiqué qu’un nouveau projet de loi était actuellement discuté s’agissant de la question de la traite de personnes.  Il s’agit là d’une priorité de l’État, a-t-elle assuré, avant de faire valoir qu’un programme vise notamment l’autonomisation des femmes prostituées. 

La délégation a par la suite précisé que ces dernières années, plusieurs cas de traite avaient été traités devant les tribunaux et qu’une personne reconnue coupable de traite avait été condamnée à 50 années d’emprisonnement.  La nouvelle loi sur la traite devrait être adoptée cette année, a indiqué la délégation. 

La délégation a par ailleurs fait état de la nouvelle législation interdisant toute forme de mariage d’enfants.  Un plan stratégique adopté par le pays devrait être mis en œuvre dans toutes les provinces afin d’empêcher dorénavant ce type de mariage, a-t-elle précisé. 

L’actuel projet de loi sur le mariage interdit le mariage des enfants et aussi la polygamie, a par la suite précisé la délégation.  Ce projet de loi protège les femmes, les familles et les enfants, a-t-elle insisté. 

Le Conseil de lutte contre les violences n’a pas de ressources suffisantes, mais il fait au mieux pour lutter contre les violences domestiques, a ensuite déclaré la délégation.  Des foyers ont été ouverts pour accueillir les victimes de ce type de violences, a-t-elle précisé.  L’essentiel est que les femmes victimes puissent avoir accès à un soutien spécialisé, a-t-elle rappelé.  L’ensemble de la famille, y compris les hommes, doit être sensibilisée à la question des violences domestiques, a souligné la délégation. 

Un enfant né de mère zimbabwéenne et d’un père étranger peut avoir la nationalité de la mère ou du père, a par ailleurs expliqué la délégation.  Les femmes sont sensibilisées aux lois qui les concernent, notamment en matière de citoyenneté, d’héritage et pour tout ce qui a trait à leurs droits au sein de la famille, a assuré la délégation. 

La délégation a reconnu qu’il y a eu quelques cas de harcèlement de femmes dans la rue qui ont tout de suite été traités par la police.  Ces faits ont été commis par certains groupes d’hommes dont plusieurs ont été interpelés, a assuré la délégation.  Il n’y a pas de discrimination au motif du sexe de la part des forces de l’ordre, a-t-elle ajouté.  La délégation a souligné que les autorités se préoccupaient de la question de l’insécurité au sein de l’espace public et que de plus en plus de femmes sont recrutées au sein de la police. 

La délégation a souligné que, selon une enquête du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le pays n’est pas concerné par les mutilations génitales féminines.

S’agissant des questions d’éducation, la délégation a fait valoir que le Zimbabwe affichait un des taux d’alphabétisation parmi les plus élevés d’Afrique.  Quelque 2000 écoles ont été créées et l’objectif est de faire en sorte qu’il y ait trois écoles primaires et une ou deux écoles secondaires dans toutes les régions du pays, et que les établissements soient à distance de marche pour les enfants.  La délégation a par ailleurs fait état d’un programme visant à ce que chaque enfant ait un repas par jour à l’école. 

Les filles enceintes ont le droit de continuer l’école et peuvent continuer leur scolarité après l’accouchement, a d’autre part assuré la délégation. 

Elle a par ailleurs fait valoir qu’il y avait plus de femmes que d’hommes étudiant à l’université au Zimbabwe. 

La délégation a ensuite reconnu que l’économie au Zimbabwe s’inscrivait majoritairement dans le secteur informel.  Le pays redouble d’efforts pour travailler avec les Nations Unies afin d’améliorer la règlementation dans ce secteur, l’objectif étant d’assurer un travail décent dans le secteur informel. 

La délégation a par ailleurs souligné que les marchés aux puces sont un moyen de subsistance essentiel pour les femmes.  De nombreux bus partent du pays pour aller vendre des produits dans les pays voisins et les autorités ont constaté que ces femmes jouent un rôle de pionnières ; elles ouvrent des marchés aux produits nationaux, a ajouté la délégation.  Les femmes sont de véritables moteurs pour l’économie et ne se contentent pas des marchés aux puces ; elles fournissent aussi les grandes entreprises, a-t-elle fait observer.  La délégation a assuré que les autorités allaient veiller à ce que les femmes qui font ce type de commerce ne croulent pas sous les taxes. 

La délégation a expliqué que la nouvelle loi sur l’égalité dans le domaine du travail prévoyait, pour les personnes des deux sexes, un salaire égal, pour un travail égal.  Par ailleurs, la législation en vigueur interdit aux enfants de moins de 16 ans de travailler, a-t-elle souligné, avant d’ajouter que des inspecteurs se rendent sur les différents lieux de travail afin de vérifier la bonne application de la législation relative au travail. 

La délégation a reconnu que les problèmes économiques ne seront pas résolus sans une approche holistique.  Il faut à cette fin améliorer l’éducation, mais aussi l’accès au marché de l’emploi.  Le pays défend un développement économique avec une participation inclusive des femmes, notamment en incitant ces dernières à créer leur entreprise, ainsi qu’en leur donnant accès aux crédits et au monde numérique. 

La délégation a ensuite reconnu que les services de santé avaient traversé une période difficile, mais elle a souligné que beaucoup d’efforts avaient été consentis pour améliorer la situation et faire en sorte que les hôpitaux soient bien équipés et les médicaments accessibles.  L’amélioration du système de santé en milieu rural est une priorité du Gouvernement, a indiqué la délégation. 

Le Zimbabwe a fait en sorte que les traitements pour les enfants de moins de trois ans soient gratuits dans les centres de santé relevant de l’État.  Les personnes de plus de 65 ans bénéficient aussi d’un traitement gratuit, a fait valoir la délégation.

La délégation a déclaré qu’il fallait réexaminer les chiffres concernant le VIH/sida dans le pays pour avoir un aperçu réel de la situation.  Néanmoins, le pays a prévu un budget conséquent pour la sensibilisation dans ce domaine auprès des adolescentes, afin d’éviter la propagation du virus parmi elles.  Un travail important a d’ores et déjà été fait pour réduire la prévalence du VIH/sida sur l’ensemble du territoire, a souligné la délégation.

La délégation a indiqué que le programme scolaire prévoyait un cours sur la santé génésique et sexuelle pour adolescents.  Des centres de santé spécialement dédiés aux jeunes ont par ailleurs été créés dans différentes régions du pays, a-t-elle ajouté. 

L’avortement est limité dans le pays ; des experts de l’OMS et de l’Université du Zimbabwe sont en train d’évaluer la situation en vue d’amender la législation dans ce domaine, a par ailleurs indiqué la délégation.

La délégation a expliqué que le pays allait mettre en place un système de prison ouverte pouvant être proposé aux détenues en fonction de la gravité du crime commis, ce qui permettra à la femme détenue de retrouver sa famille et ses enfants à la fin de la journée.
Le pays subit de nombreuses catastrophes naturelles – ouragans, inondations, tremblements de terre ou encore sècheresse – qui ont un impact considérable sur la vie des femmes, a d’autre part rappelé la délégation.  De manière préventive, les autorités ont décidé de déplacer certaines populations parmi les plus exposées à ces aléas climatiques vers des zones sûres, a-t-elle indiqué.  Le pays doit avoir un regard tourné vers l’avenir afin de protéger les femmes et leur permettre d’être résilientes et formées lorsque ces phénomènes se produisent, a-t-elle expliqué. 
Remarques de conclusion

MME NYONI a remercié le Comité pour la chance qui lui a été offerte de participer à ce dialogue constructif.  La délégation a pris note des idées constructives des experts, a-t-elle indiqué, assurant que le nouveau Gouvernement zimbabwéen s’est lancé dans un processus exhaustif visant à s’acquitter de ses obligations au titre de l’ensemble des dispositions de la Convention.  Le Zimbabwe s’engage à mettre en place un plan d’action national pour mettre en œuvre les recommandations du Comité, a indiqué la Ministre.

MME HILARY GBEDEMAH, Présidente du Comité, a remercié la délégation pour ce dialogue constructif, qui a permis de mieux comprendre la situation des femmes au Zimbabwe.  Elle a également remercié la délégation pour son engagement à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre les dispositions de la Convention. 

 

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Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

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