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Soudan du Sud : pour obtenir une paix durable, la violence localisée doit cesser, déclare Michelle Bachelet

GENÈVE (20 mars 2020) – La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet a exprimé aujourd'hui sa profonde inquiétude au sujet de l'escalade de la violence intercommunautaire dans le centre et l'est du Soudan du Sud, et a exhorté les autorités à endiguer l'effusion de sang et à traduire les responsables de ces violences en justice.

Des centaines de personnes ont été tuées, des femmes et des enfants ont été victimes de violence sexuelle et de nombreuses maisons ont été incendiées, obligeant des milliers de personnes à se réfugier dans des camps de fortune depuis la recrudescence des attaques mi-février.

L'augmentation du nombre d'armes utilisées par les factions rivales et leur diversité, ainsi que l'incapacité apparente des autorités locales et nationales, dont les forces de sécurité, à y répondre ont contribué à la montée de la violence.

Les preuves recueillies par l'ONU suggèrent également que les combats entre les communautés Dinka Bor, Lou Nuer et Murle à Jonglei, qui ont commencé à la mi-février, pourraient avoir été provoqués par des dirigeants politiques et traditionnels. Ces derniers auraient mobilisé des jeunes armés et exploité des tensions communautaires préexistantes concernant l'accès aux ressources naturelles.

Le 19 février dernier à Jonglei, des dizaines de civils ont été tués et blessés, et plus de 200 femmes et enfants auraient été enlevés et victimes de violences sexuelles. De nombreuses maisons ont été incendiées, contraignant environ 8 000 civils – pour la plupart des femmes et des enfants – à se réfugier dans des abris de fortune près de la base de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) à Pibor. « Ces actes sont déplorables et les responsables doivent être traduits en justice », a déclaré Mme Bachelet.

Dans d'autres régions du pays, les tensions liées aux mouvements de bétail et à l'accès aux ressources naturelles, en particulier l'eau et les pâturages, risquent de s'intensifier et de se transformer en des cycles de représailles violentes, sans intervention appropriée de la part des autorités, comme l'ont montré des affrontements dans la région des Lacs le 14 mars, au cours desquels au moins 30 personnes auraient été tuées, et de nombreux autres blessées, lors de combats entre des sous-clans Dinka.

« La formation du Gouvernement provisoire d'union nationale revitalisé a suscité auprès du peuple sud-soudanais l'espoir d'une paix durable », a déclaré Mme Bachelet. « Cependant, pour qu'une paix durable s'installe dans le pays, il faut lutter contre la violence intercommunautaire, et enquêter et poursuivre les auteurs. Il est également essentiel que la consolidation de la paix entre les communautés individuelles soit liée à ce processus ».

Elle a souligné que les victimes de violences sexuelles découlant de ces violences devaient également bénéficier d'un soutien médical et psychosocial approprié, et que tout devait être mis en œuvre pour réunir les enfants enlevés et leurs familles.

FIN