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République Centrafricaine : un expert de l’ONU lance un appel à la retenue et à la responsabilité

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GENEVE (7 avril 2020) – L'Expert indépendant de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en RCA, Yao Agbetse, a lancé un appel à la majorité, l'opposition, les groupes armés et les médias nationaux et internationaux à la retenue et à la responsabilité :

« Tout acteur politique qui a exercé ou envisage d'exercer de hautes fonctions à la tête de la RCA, y compris la magistrature suprême, doit se montrer capable de placer l'intérêt du peuple avant ses propres intérêts ; cette exigence n'est pas négociable ».

« Toute tentative visant à entraver la marche du pays vers la paix fortement exprimée par le peuple centrafricain lors du Forum de Bangui en 2015 et lors des consultations nationales en 2019 dans le cadre de l'Accord de paix de Khartoum est une trahison du peuple qui n'aspire qu'à jouir de ses droits ».

« Toute personne qui pose des actes attentatoires à l'exercice des droits et des libertés fondamentales par le peuple centrafricain s'expose aux sanctions internationales, y compris devant la Cour pénale internationale ».

« Tous les leaders des groupes armés devenus Ministres en faveur de l'Accord de paix de Khartoum ou intégrés au sein de l'appareil étatique doivent exercer un devoir de diligence qui les obligent à respecter les lois républicaines et à s'abstenir de toutes actions incompatibles avec leurs engagements au titre de l'Accord ».

« En vertu de l'Accord de paix, je demande aux groupes armés de « mettre fin de manière immédiate, complète et irrévocable à toutes les hostilités et formes de violence » (article 5) comme ils se sont engagés à le faire.

« Alors que la RCA est confrontée à la pandémie de COVID-19 avec des conséquences potentiellement catastrophiques et que le dispositif électoral en vue du prochain scrutin présidentiel est loin d'être en place, les tensions actuelles sont de nature à saper les efforts qui ont été déjà entrepris et l'espoir légitime de paix de la population ».

« J'appelle les autorités centrafricaines à respecter les normes et standards internationaux applicables en matière d'arrestation, de détention provisoire, de procès juste et équitable, et de privation de liberté, et à éviter de recourir aux détentions arbitraires, aux disparitions forcées, à la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

« J'exhorte les pays voisins et les partenaires internationaux de la RCA à agir en artisans de paix en accompagnant la RCA vers des élections transparentes et à s'abstenir de toute action ou omission susceptible d'hypothéquer le processus électoral et de plonger à nouveau le pays dans le chaos ».

« J'appelle la majorité, l'opposition, les groupes armés et les médias nationaux et internationaux à la retenue et à la responsabilité ».

« J'appelle le Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre des mesures d'urgence et à envoyer un message fort aux acteurs centrafricains car les risques d'une irruption dans la violence sont réels ».

FIN

M. Yao Agbetse (Togo) est un avocat des droits de l'homme, chercheur et enseignant qui a consacré les 25 dernières années de sa vie à la justice et aux droits de l'homme, y compris les droits de l'enfant. Il a mis en œuvre des programmes de droits de l'homme au niveau national et a fourni des conseils juridiques et techniques pour l'élaboration et suivi des lois et politiques nationales relatives aux droits de l'homme, notamment au Bénin, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo, au Mali et au Togo. Il a créé un espace et des outils pour le dialogue et les efforts communs des acteurs étatiques et des OSC. En RDC, en Côte d'Ivoire et au Mali, il a mis en œuvre des programmes de DDR, formé des chefs de l'armée et de la police et fourni un soutien aux titulaires de mandat et aux opérations des Nations Unies, notamment en participant au dialogue interactif au titre du point 10 lors des sessions du Conseil des droits de l'homme à Genève. Il a fourni des informations factuelles de première main aux experts de l'ONU pour les aider à évaluer les défis relatifs aux droits de l'homme dans différents pays et formulé des recommandations spécifiques et réalisables pour garantir la responsabilité et l'accès à la justice.

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, l'organe le plus important d'experts indépendants du Système des droits de l'homme de l'ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d'enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s'adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

Vous pouvez suivre l'expert indépendant sur Twitter : @UNIECAR1

Page du HCDH sur le pays : République centrafricaine

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