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Note de conférence de presse sur la République démocratique du Congo

anglais | espagnol

Porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme :  Rupert Colville 

Lieu : Genève 

Date : 17 avril 2020

Sujet : République démocratique du Congo

Nous sommes préoccupés par l'aggravation de la situation sécuritaire dans les territoires de Djugu et Mahagi, situés dans la province d'Ituri en République démocratique du Congo (RDC), où plus de 150 personnes ont été tuées ces 40 derniers jours dans une série d'attaques perpétrées par des individus provenant du territoire de Djugu. Les assaillants sont des membres du groupe armé CODECO, dont la plupart proviennent de la communauté ethnique lendu.

Au cours du seul mois de mars, le HCDH a recensé 107 civils tués et 43 blessés. Jusqu'à présent en avril, 49 autres personnes ont été tuées, 13 blessées et 6 ont été enlevées.  Au total depuis le début de l'année, 334 victimes civiles (206 civils tués, 74 blessés et 54 enlevés) ont été enregistrées. Les dernières violences en date remontent à samedi, lorsque des combattants CODECO ont attaqué le village de Koli en pleine nuit, tuant 23 civils.

Les attaques des forces armées de Djugu ciblant les communautés ont considérablement augmenté durant le mois de mars, plusieurs atrocités ayant été signalées. Néanmoins, les attaques se sont multipliées après l'assassinat du chef du groupe armé CODECO Ngudjolo Duduko Justin, tué le 25 mars. Cet acte aurait déclenché des luttes intestines pour le contrôle du groupe, qui s'est divisé en cinq factions, ayant toutes mené des attaques.

Il est important de noter que les dirigeants de la communauté lendu ont en grande partie pris leurs distances par rapport aux assaillants.

La brutalité des attaques, pendant lesquelles les auteurs ont tué des enfants et des femmes à coup de machette, violé et pillé, détruit des habitations et tué du bétail, suggère que leur objectif est d'infliger un traumatisme durable sur les populations touchées, les forçant à fuir, afin de prendre le contrôle du territoire, qui est riche en ressources naturelles.

Nous avons indiqué dans un rapport public publié en janvier sur les violences intercommunautaires dans la province que ces actes de violence, s'ils sont commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre la population civile, peuvent constituer des crimes contre l'humanité.

En dépit de ces atrocités, les communautés touchées, principalement les Hema, mais aussi les Alur, les Ndo Okebo et les Mambisa, ont généralement fait preuve de retenue. Nous craignons toutefois que ces communautés ne forment des milices d'autodéfense si les attaques continuent sans une réponse décisive de la part des forces de sécurité pour défendre la population civile, ce qui augmenterait les risques de violences intercommunautaires.

Nous demandons aux autorités de renforcer la présence des forces de sécurité et des représentants de l'État dans la région, de s'assurer que des enquêtes approfondies sont menées concernant toutes les allégations d'abus et de violations des droits de l'homme, de traduire tous les coupables en justice lors de procès équitables et impartiaux, et de fournir aux victimes et à leur famille l'accès à la justice, à la vérité et à la réparation.

FIN

Pour plus d'informations et pour toute demande de la part des médias, veuillez contacter les personnes suivantes : Rupert Colville - + 41 22 917 9767 / rcolville@ohchr.org; Jeremy Laurence - + 41 22 917 9383 / jlaurence@ohchr.org  ; Liz Throssell - + 41 22 917 9296 / ethrossell@ohchr.org ou Marta Hurtado - + 41 22 917 9466 / mhurtado@ohchr.org  

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