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Une paix durable en République centrafricaine nécessite l'engagement de toutes les parties en faveur d'élections libres, selon un expert des droits de l'homme des Nations Unies

anglais

GENÈVE (27 août 2020) - Quatre mois exactement avant les élections du 27 décembre en République centrafricaine, l'Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans ce pays a appelé toutes les parties - avec le soutien de la communauté internationale - à garantir que le vote puisse se dérouler sans heurts, et qu'il soit libre et équitable.

" Pour que les élections soient apaisées, elles doivent être précédées d'un cessez-le-feu et d'une coopération entre toutes les parties ", a déclaré Yao Agbetse, Expert indépendant de l’ONU sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine (RCA). " Le temps presse et il y a beaucoup à faire dans les quatre mois qui précèdent le jour du scrutin ".

" Après tant d'années d'instabilité, il est essentiel que cet exercice démocratique permette aux Centrafricains de voter librement, de décider de la direction que doit prendre leur pays et de renforcer les bases d'un retour à la paix, à la réconciliation et au respect des droits de l'homme ", a-t-il déclaré.

A cet effet, M. Agbetse a émis une série de recommandations pour les élections présidentielles et législatives de 2020/2021.

Il a appelé les groupes armés à déposer immédiatement les armes, comme ils s’y étaient engagés dans le cadre de l'Accord de paix de 2019, et les a invités à coopérer pleinement à l'organisation des élections et à respecter les résultats.

Notant que le gouvernement contrôle moins de 50% du territoire national et les tensions politiques actuelles, M. Agbetse a insisté que la réactivation effective du cadre de concertation comme instrument inclusif de dialogue et de consensus est un impératif préalable pour un processus électoral apaisé et respectueux des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Les acteurs politiques, les organisations de la société civiles et les forces vivent du pays doivent s’y retrouver dans la recherche de consensus sur les questions essentielles. " Ce type de discussion est une condition préalable pour restaurer la confiance des différents acteurs de manière pacifique en vue d'élections libres et transparentes qui respectent les droits de l'homme et les libertés fondamentales ".

Il ne doit y avoir aucune incitation à la violence pendant la campagne électorale, et les appels à la violence, la violence réelle ou les efforts visant à déstabiliser le processus électoral doivent être poursuivis.

L’Expert indépendant rappelle que tout recours à la violence et toute action de déstabilisation du processus électoral entraine la responsabilité de leurs auteurs, donneurs d’ordre et complices, y compris devant la Cour pénale spéciale ou devant la Cour pénale internationale, selon les circonstances. J’appelle les garants et les facilitateurs de l’Accord de paix et le Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU à prendre des mesures diligentes vis-à-vis des groupes armés afin de garantir la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national.

Il a appelé les autorités centrafricaines à tout mettre en œuvre pour garantir des élections inclusives, libres, crédibles et transparentes. " Un accès équitable aux médias publics est une composante indispensable à des élections équitables ", a-t-il déclaré, ajoutant que l'organe indépendant de régulation des médias, le Haut Conseil de la Communication (HCC), doit être doté des ressources juridiques et techniques nécessaires pour assurer le monitoring, y compris sur internet et les réseaux sociaux.

Plus de 1,1 personne sur les cinq millions que compte le pays a été forcée de fuir sa maison pendant la guerre civile, et M. Agbetse a demandé aux autorités de s'assurer que les réfugiés et les personnes déplacées puissent voter.

Il a remercié la mission de maintien de la paix de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies en RCA (MINUSCA), l’Equipe pays des nations Unies et les partenaires internationaux de la RCA pour leurs services et appuis, surtout compte tenu des contraintes imposées par la pandémie COVID-19.

" J'appelle la communauté internationale à poursuivre et à renforcer son soutien à l'organisation de cette élection présidentielle et législative et de celles à venir dans le pays ", a-t-il déclaré.

FIN

M. Yao Agbetse (Togo) est un avocat des droits de l’homme, chercheur et enseignant qui a consacré les 25 dernières années de sa vie à la justice et aux droits de l’homme, y compris les droits de l’enfant. Il a mis en œuvre des programmes de droits de l’homme au niveau national et a fourni des conseils juridiques et techniques pour l’élaboration et suivi des lois et politiques nationales relatives aux droits de l’homme, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Mali et au Togo. Il a créé un espace et des outils pour le dialogue et les efforts communs des acteurs étatiques et des OSC. En RDC, en Côte d’Ivoire et au Mali, il a mis en œuvre des programmes de DDR, formé des chefs de l’armée et de la police et fourni un soutien aux titulaires de mandat et aux opérations des Nations Unies, notamment en participant au dialogue interactif au titre du point 10 lors des sessions du Conseil des droits de l’homme à Genève. Il a fourni des informations factuelles de première main aux experts de l’ONU pour les aider à évaluer les défis relatifs aux droits de l’homme dans différents pays et formulé des recommandations spécifiques et réalisables pour garantir la responsabilité et l’accès à la justice.

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

Vous pouvez suivre l’expert indépendant sur Twitter : @UNIECAR1
Page du HCDH sur le pays : République centrafricaine

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