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Bachelet demande une enquête sur les menaces de mort contre le Dr Mukwege

GENÈVE (28 août 2020) - La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a exprimé vendredi sa profonde inquiétude concernant les récentes menaces de mort dirigées contre le défenseur congolais des droits de l'homme et lauréat du prix Nobel, le Dr Denis Mukwege, et a appelé à une action rapide pour enquêter sur les auteurs de ces menaces avant de les traduire en justice.

Le Dr Mukwege, qui a fondé et dirige l'hôpital Panzi à Bukavu, a obtenu une reconnaissance internationale, notamment le prix Nobel de la paix 2018, pour ses décennies de travail au service de milliers de femmes victimes de violences sexuelles et de violence de genre dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Il a également été un fervent défenseur contre l'utilisation du viol comme arme de guerre et pour une protection accrue des femmes

Il a également été une voix forte et constante pour demander que les responsables de violences sexuelles soient traduits en justice. Un fervent défenseur du "Rapport Mapping" de 2010 du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, lequel a documenté des centaines de violations graves des droits de l'homme et abus qui se sont produites dans l'est de la RDC entre 1993 et 2003, identifiant dans de nombreux cas les groupes et entités considérés comme responsables de ces crimes.

Il a reçu des menaces de mort dans le passé et survécu à une grave tentative d'assassinat en octobre 2012. La récente montée alarmante des menaces contre le Dr Mukwege, qui ont été transmises par les médias sociaux et au cours d'appels téléphoniques adressés à lui et à sa famille, fait suite à sa condamnation de la poursuite des meurtres de civils dans l'est de la RDC et à ses appels renouvelés pour que les responsables des violations des droits de l'homme et abus soient tenus de rendre des comptes.

"Le Dr Mukwege est un véritable héros - déterminé, courageux et extrêmement efficace", a déclaré Bachelet. "Pendant des années, il a aidé des milliers de femmes gravement blessées et traumatisées quand il n'y avait personne d'autre pour s'occuper d'elles, et en même temps il a beaucoup œuvré pour faire connaître leur situation et inciter d'autres personnes à essayer de lutter contre l'épidémie incontrôlée de violence sexuelle dans l'est de la RDC".

"Sa vie semble être sérieusement menacée", a déclaré la Haute-Commissaire. "Je salue l'engagement public du président Tshisekedi à assurer sa sécurité, et j'espère que Denis Mukwege et son équipe bénéficieront d'une protection complète de la part des autorités congolaises afin que le travail indispensable qu'ils accomplissent jour après jour à l'hôpital de Panzi puisse être garanti".

Elle a également demandé qu'une enquête efficace, rapide, approfondie et impartiale soit menée sur les menaces dont il a fait l'objet. "Il est essentiel que les responsables soient traduits en justice et que la vérité soit connue, à la fois pour protéger la vie du Dr Mukwege, mais aussi pour dissuader ceux qui attaquent, menacent ou intimident le personnel médical et les défenseurs des droits de l'homme qui, comme lui, travaillent pour le bien-être du peuple congolais, souvent dans des circonstances exceptionnellement difficiles", a-t-elle ajouté.

La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a souligné la nécessité pour toutes les autorités compétentes de condamner ouvertement les menaces. Et, afin de faire face à ce problème sur le long terme, elle a exhorté les autorités congolaises à adopter le projet de loi sur la protection et la réglementation de l'activité des défenseurs des droits de l'homme sous une forme qui soit pleinement conforme aux normes internationales.

Elle a également appelé les autorités à renforcer leurs efforts pour prévenir de nouvelles violations des droits de l'homme et de nouveaux abus dans l'est de la RDC et à prendre des mesures concrètes pour mettre en place des processus de justice transitionnelle qui accordent aux milliers de victimes des conflits successifs leurs droits à la justice, à la vérité et aux réparations.

FIN

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