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Michelle Bachelet salue l’accord de paix au Soudan et appelle au respect du principe de responsabilité

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GENÈVE (1er septembre 2020) – La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet a salué la signature de l’accord de paix entre le gouvernement de transition du Soudan et la majorité des groupes armés du pays, la qualifiant d’étape majeure pour mettre fin aux souffrances, aux abus et aux violations des droits de l’homme infligés à la population soudanaise au cours des dernières décennies.

« Il s’agit d’un événement extrêmement positif qui, je l’espère, laisse présager un accord final complet réunissant toutes les parties concernées en vue de garantir la paix au Soudan », a déclaré Mme Bachelet. « J’exhorte toutes les parties concernées à veiller à ce que les droits de l’homme restent au cœur de l’accord et de sa mise en œuvre. »

La Haute-Commissaire s’est félicitée que les parties aient convenu de créer un tribunal pénal spécial pour les crimes commis au Darfour, d’établir des mécanismes de justice transitionnelle et de réconciliation, et de coopérer avec la Cour pénale internationale.

« Ces engagements doivent à présent conduire à la justice, à la vérité et à des recours pour les victimes et leurs familles. Tous les responsables des violations et abus des droits de l’homme commis durant les conflits au Soudan doivent répondre de leurs actes, dans le respect d’une garantie de procédure régulière et sans retard injustifié », a souligné la Haute-Commissaire. « En outre, il est nécessaire de poursuivre la consultation, la participation et la représentation de la population soudanaise dans l’établissement de ces mécanismes de justice transitionnelle et de réconciliation. »

L’accord de paix, paraphé le 31 août par le Gouvernement et une coalition de groupes armés, comprend des dispositions concernant la sécurité, la propriété foncière, le partage du pouvoir, le partage des richesses, le retour des réfugiés, le principe de responsabilité et la réconciliation. Il reste à espérer que les deux groupes armés qui n’ont pas pris part à l’accord de paix pourront être encouragés à participer à un accord final. 

L’accord de paix est le dernier élément positif en date au Soudan qui, durant le mois de juillet, a introduit une série de réformes juridiques, notamment concernant l’éradication des mutilations génitales féminines, l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes dans la législation, la protection de la liberté de religion ou de croyance, et la garantie d’une meilleure protection pour les droits des enfants.

« Compte tenu de ces mesures audacieuses, j’exhorte le Soudan à adhérer aux traités internationaux relatifs aux droits de l’homme qu’il n’a pas encore ratifiés, et à assurer une approche consultative de la réforme de la Commission nationale des droits de l’homme avec un large mandat de protection et de promotion des droits de l’homme », a déclaré la Haute-Commissaire, faisant remarquer que le HCDH est toujours disposé à fournir une assistance technique sur cette question et sur diverses autres questions relatives aux droits de l’homme.

Elle a cependant rappelé les énormes difficultés auxquelles le Soudan est confronté et a exprimé sa profonde inquiétude face aux violences intercommunautaires qui ont frappé l’est du Soudan ces dernières semaines, durant lesquelles des dizaines de personnes auraient été tuées ou blessées. 

Dans l’est du Soudan, y compris dans les villes de Port-Soudan et de Kassala, des violences intercommunautaires ont éclaté en juillet et en août entre les tribus nouba et beni amir, ainsi qu’entre les tribus beni amir et hadandwa.

Malgré le couvre-feu imposé par le Comité de la sécurité de l’État et le déploiement intensif des forces de sécurité à Kassala depuis le 25 août, de nouvelles violences communautaires se sont produites les 26 et 27 août. Le Premier ministre s’est adressé aux familles des victimes à Kassala le 27 août et a appelé au renforcement de la sécurité et de la présence policière dans la région.

« Il apparaît clair que les affrontements intercommunautaires, qui sont souvent dus au manque de développement et à une concurrence permanente en matière de ressources, pourraient sérieusement entraver la stabilité du Soudan et son cheminement vers une démocratie solide. Dans le contexte des récentes violences commises dans l’est du Soudan, j’appelle le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des civils et faire en sorte que ces incidents fassent l’objet d’une enquête approfondie, indépendante et impartiale », a déclaré la Haute-Commissaire.

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