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Réunion des ministres des pays nordiques sur la pandémie de COVID-19 du point de vue de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit

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Message vidéo de Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme

11 septembre 2020

Je vous remercie de m’avoir invitée à prendre la parole dans le cadre de cette discussion d’une importance vitale. Les décisions que prennent actuellement les gouvernements, dont certains ont mobilisé des billions d’euros pour faire face à la pandémie de COVID-19 et surmonter la crise, auront des conséquences pendant plusieurs décennies. En ces temps difficiles, ni les gouvernements, ni leurs peuples, ni notre planète ne peuvent se permettre de perdre la perspective des droits de l’homme. 

Avec la COVID-19, la crise sanitaire qui s’est rapidement répandue s’est accompagnée dans certains pays d’une série de crises sociales et économiques plus lentes et plus profondes générées par la discrimination et les inégalités, ainsi que d’une érosion à long terme de la démocratie.

Ce phénomène se traduit par une crise massive et multifactorielle des droits de l’homme. Nous constatons dans le monde entier des effets néfastes sur l’ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.

Mais dans certains pays, nous constatons également que les systèmes fondés sur les droits de l’homme – tels que la protection sociale et les soins de santé universels – qui permettent de protéger les plus pauvres et les plus vulnérables contre au moins un certain degré de dommage, assurent un plus grand espoir de rétablissement. 

Nous constatons aussi que certains décideurs, notamment dans la région des pays nordiques, ont pris des décisions éclairées qui ont permis de protéger les droits de l’homme.

D’autres se sont servis de la COVID-19 comme prétexte pour faire taire les critiques et les protestations.

Partout dans le monde, à des degrés divers, la crise de la COVID-19 a touché de façon disproportionnée les pauvres, les peuples autochtones, les communautés marginalisées ou discriminées, les migrants, les personnes handicapées, les enfants et les femmes.

En d’autres termes, elle a affecté les personnes désemparées, celles dont la voix est fréquemment ignorée.

Cette crise est loin d’être terminée. Alors que nous abordons ses prochaines phases, nous devons tirer des enseignements de ce qui s’est bien ou mal passé ces derniers mois.

Pour moi, la première leçon devrait être la suivante : pour traverser en sécurité cette pandémie, nous avons besoin de plus d’autonomie, plus de démocratie, plus de participation de la part de la société civile.

Pas moins.

Nous devons mettre en place des systèmes fondés sur les droits de l’homme pour protéger et prendre soin des populations, qui sont la principale ressource de tout pays et le seul bilan qui compte.

Et cette crise a de nouveau souligné l’importance des structures clés de la gouvernance démocratique, telles que les institutions de contrôle, qui tiennent les gouvernements responsables de leurs actions, y compris concernant les mesures d’urgence ; les médias libres et indépendants, qui garantissent des commentaires précis et des informations fondées sur des preuves – et permettent ainsi de sauver des vies ; et l’espace civique le plus large possible.

Nous devons faire face aux défis à venir en adoptant des politiques fondées sur les droits de l’homme et les principes de démocratie et d’état de droit, afin de minimiser les conséquences sociales et économiques dévastatrices de la COVID-19 et de reconstruire des sociétés résilientes et justes.