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Les gouvernements doivent combiner la lutte contre la pauvreté avec le passage à une économie verte

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NEW YORK (21 octobre 2020) – Nous ne pourrons surmonter les crises économique et écologique que nous affrontons aujourd'hui qu’en imaginant un nouveau modèle de développement qui traite ensemble de l’élimination de la pauvreté et de la réduction de notre empreinte écologique, souligne un rapport publié aujourd’hui par l’ONU. 

Ce rapport, présenté à l’Assemblée générale des Nations unies par le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, Olivier De Schutter, invite les gouvernements à se fonder sur les droits humains pour construire des sociétés durables tout en mettant fin à la pauvreté.  

Selon le Rapporteur spécial : “il est essentiel que les réponses à la crise économique que nous traversons amènent un nouveau modèle de développement où pauvreté et écologie sont  au cœur des préoccupations dès le départ, plutôt que des défis à affronter a posteriori. Le principe de 'transition juste' ouvre la voie à des plans de relance qui intègrent les obligations des États en matière de droits de l’homme ainsi que leurs responsabilités vers l’Agenda 2030".

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les pays ont injecté au moins 11.000 milliards de dollars dans des plans de relance économique. Pour Olivier De Schutter : "De nombreux plans de relance ignorent manifestement l’urgence d’une transition vers une économie verte, même si nous savons que les personnes en pauvreté sont les premières victimes des pollutions, et même si elles sont surreprésentées parmi les 1,2 milliard d’emplois (40 % du total mondial) qui dépendent d’un environnement sain et durable".

“En matière de relance économique, la priorité doit être donnée à la création d’emplois pour des personnes peu qualifiées dans les secteurs les plus concernés par la transition écologique: les énergies renouvelables, les transports publics, la rénovation des bâtiments et l’économie circulaire”, affirme le Rapporteur spécial.

“Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la transition écologique vers les objectifs de l’Accord de Paris entraînera un gain net de 18 millions d’emplois dans le monde, chaque million de dollars dépensé pour l’efficacité énergétique permet la création de 7,72 emplois, tandis que des dépenses similaires dans le secteur des combustibles fossiles créent 2,65 emplois. Par ailleurs, 5 millions d’emplois peuvent être créés dans le monde en doublant les investissements dans les transports publics. Ces emplois peuvent changer la vie de ces personnes en pauvreté ou à bas revenus. Que nous faut-il de plus pour nous mettre en mouvement ?", a déclaré Olivier De Schutter.

 

“Nous n’avons plus de temps à perdre, cette pandémie a déjà dévasté trop de vies. Les gouvernements doivent agir de toute urgence, avant l’arrivée d’une prochaine crise dévastatrice, qui pourrait bien être climatique. La question n’est pas de savoir si elle aura lieu, mais plutôt quand elle nous atteindra", prévient Olivier De Schutter. 

Les plans de relance économique qui se déploient actuellement vont façonner nos sociétés pour les générations à venir. Le rapport présenté aujourd’hui à l’Assemblée générale invite les gouvernements à saisir cette chance unique de changer de cap. Pour l’expert de l’ONU : "La transformation écologique ne réussira que si elle est équitable et que si l’élimination de la pauvreté n’entre pas en concurrence avec la survie de la planète. C’est seulement en s’attaquant à ces deux fléaux simultanément que nous les vaincrons l'un et l'autre".  

"Le monde d’après" le COVID-19 ne peut nous mener à un retour en arrière, il doit nous conduire à développer l'action publique de manière à mettre fin à la pauvreté dans les limites des ressources de la planète.

FIN

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Suivez la présentation à l’Assemblée Générale ici

M. Olivier De Schutter (Belgique) est le rapporteur spécial des Nations unies sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme. Il a été nommé par le Conseil des droits de l'homme le 1er mai 2020. M. De Schutter est professeur de droit à l'UCLouvain et à SciencesPo (Paris). Il a été le rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de 2008 à 2014, et membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de 2015 à 2020. Les rapporteurs spéciaux font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de surveillance du Conseil qui traitent de situations spécifiques à des pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel.

Suivez Olivier De Schutter sur Twitter @DeSchutter et @srpoverty

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