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COVID-19: L’experte de l’ONU avertit d’une crise de la dette des Etats pauvres et appelle à l’allègement et à la réforme de l’architecture internationale de la dette

NEW YORK (26 octobre 2020) – Une experte des droits de l’homme de l’ONU a alerté d’une crise imminente de la dette de plusieurs pays à revenu faible et intermédiaire, résultante de la pandémie de COVID-19, et demande aux Etats et aux institutions financières internationales de réagir rapidement et efficacement en allégeant la dette et en réformant l’architecture internationale cette dette.

Dans son premier rapport à l’Assemblée générale, l’Experte indépendante de l’ONU sur la question de la dette et des droits de l’homme, Yuefen Li, a souligné la nécessité « d’un ensemble de mesures et d’outils permettant de prévenir une crise de la dette systémique ayant des conséquences encore plus dévastatrices sur des millions d’individus et de communautés déjà vulnérables ».

« Aucun pays en développement n’a la capacité d’avancer dans un contexte de crise de la dette imminente tout en faisant face aux crises de santé, économique, alimentaire et de protection sociale causées par la pandémie » a-t-elle dit.

« Le moratoire temporaire de la dette, le financement d’urgence, la restructuration de la dette et l’annulation de la dette devraient faire partie de l’ensemble d’outils à disposition des Etats, des institutions internationales et du secteur privé, afin d’aborder rapidement les problèmes de dette. L’objectif final doit être de dégager une marge de manœuvre budgétaire permettant les investissements requis pour répondre aux besoins les plus urgents des personnes, » a-t-elle dit.

« Afin de parvenir à un aplatissement de la courbe d’infection de COVID-19 et de se préparer pour une reprise économique et sociale équitable, solide, écologique et durable de la pandémie, les problèmes de la dette doivent être abordés aussi efficacement et rapidement que possible. »

Plus de 40 pourcent des pays à faible revenu étaient déjà en situation d’endettement ou à haut risque d’endettement avant le début de la pandémie. La plupart de ces pays dépendaient du commerce de produits de base et étaient donc plus sensibles à des chutes de prix de ces produits. Certains pays à revenu intermédiaire souffraient également du fait de la non-viabilité de leur dette, a signalé Li.

« Dans leur réponse à la COVID-19, tous les gouvernements doivent mettre l’accent sur la protection et la promotion des droits humains et la lutte contre les inégalités, notamment dans le cadre de l’allocation adéquate/suffisante des ressources financières, » a-t-elle conclu.

FIN

Mme Yuefen Li (Chine) est la nouvelle Experte indépendante chargée d’examiner les effets de la dette extérieure et des obligations financières internationales connexes des États sur le plein exercice de tous les droits de l’homme, en particulier des droits économiques, sociaux et culturels.

Avant de rejoindre l’ONU en 1990, Mme Li était professeure à l’Université du commerce international et de l’économie de Pékin, Chine. A la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), elle a assumé plusieurs postes de haut niveau et a dirigé le travail de la CNUCED dans le domaine de la dette et du financement du développement. Elle a également mené plusieurs projets y compris sur la question des prêts et des emprunts souverains et la mondialisation. Mme Li a été professeure invitée auprès de plusieurs universités y compris l’Université de Tsinghua en Chine. Elle est l’auteure de divers ouvrages et articles parus dans des journaux et de revues professionnelles, ainsi que des publications et des documents de l’ONU. Elle est actuellement conseillère principale sur la coopération et le financement du développement Sud-sud auprès de South Centre.

Pour plus d’information sur le travail du mandat, visitez https://www.ohchr.org/FR/Issues/Development/IEDebt/Pages/IEDebtIndex.aspx

Suivez le travail de l’Experte indépendante sur Twitter : @IEfinanceHRs

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« procédures spéciales », qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement ; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et exercent leurs fonctions à titre individuel.

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