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L’Agenda 2030 fournit un cadre crucial pour la prévention et l'élimination de toutes les formes de violence contre les enfants, souligne devant le Conseil des droits de l’homme la Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants

1 mars 2021

Le Programme de développement durable à l'horizon 2030 (Agenda 2030) fournit un cadre crucial pour la prévention et l'élimination de toutes les formes de violence contre les enfants, en renforçant le bouclier protecteur autour d'eux et en réduisant leur vulnérabilité. C’est ce qu’a souligné cet après-midi la Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants, Mme Najat Maalla M’jid, alors que le Conseil des droits de l’homme tenait la deuxième partie de son débat annuel sur les droits de l’homme, entamé ce matin, en se penchant sur le thème : « Lacunes et obstacles qui affectent les enfants: suivi des engagements au travers de la Décennie d’action et réalisation des objectifs de développement durable ».

Au cours de ce débat, auquel ont pris part de nombreuses délégations**, sont également intervenus en tant que panélistes : Claudia Riera, activiste équatorienne membre du Réseau des enfants et adolescents correspondants des Amériques et des Caraïbes de l’Institut interaméricain de l’enfant ; M. Benyam Dawit Mezmur, membre du Comité des droits de l'enfant ; et M. Bruce Adamson, Commissaire à l'enfance et à la jeunesse de l’Ecosse.

Les enfants et adolescents doivent participer, mais pour ce faire, doivent être créés des espaces au sein desquels ils puissent donner leur avis, a notamment indiqué la jeune Claudia. Le leadership des enfants défenseurs des droits humains, qui s’est déjà illustré dans la lutte contre le changement climatique, contre la misogynie et contre le racisme, jouera un rôle important dans la réalisation des objectifs de développement durable pendant et après la pandémie, a estimé M. Adamson.

M. Mezmur a notamment mis en garde contre le problème de la pauvreté multidimensionnelle des enfants, vu le tableau désastreux de la situation actuelle et les projections selon lesquelles l'extrême pauvreté devrait atteindre 6 % en 2030, soit beaucoup plus que les 3 % envisagés par le premier des ODD.

Cet après-midi, le Conseil a par ailleurs achevé son débat général sur les rapports et mises à jour présentés par la Haute-Commissaire aux droits de l’homme vendredi dernier, en entendant de nombreuses ONG*.

Demain matin, à 10 heures, le Conseil entendra les droits de réponse demandés suite au débat général qui s’est achevé cet après-midi au titre des rapports et mises à jour présentés par la Haute-Commissaire, après quoi il tiendra un dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants.

Débat général sur les rapports et mises à jour présentés par la Haute-Commissaire

Des organisations non gouvernementales (ONG) ont regretté que, dans de trop nombreux pays, le droit à la liberté d'expression se soit rapidement détérioré ces derniers mois. La répression systématique des militants de la société civile les oblige à abandonner leur travail pourtant vital par crainte de représailles contre eux-mêmes et leur famille, à changer de résidence, voire à quitter leur pays et, en fin de compte, cela prive des sociétés entières de leur « droit de savoir », a-t-il été relevé. Il a été demandé au Conseil d’agir sans attendre contre les restrictions imposées par plusieurs pays contre les activités de la société civile.

D’autres ONG ont insisté sur la nécessité d’appréhender le vaccin contre la COVID-19 comme un bien public et de garantir l'accès universel à ce vaccin. Les États ont en outre été appelés à repenser les systèmes de santé qui excluent les personnes en fonction de leur statut migratoire. Il a aussi été recommandé d’agir pour alléger le poids de la dette pesant sur les pays les plus pauvres et que des fonds soient alloués pour renforcer les systèmes de santé de ces pays.

Une organisation a dénoncé un effet disproportionné de la COVID-19 sur la profession de journaliste, alors que 830 journalistes sont morts de la maladie en un an.

Un intervenant a déploré les attaques commises, dans un climat de haine et d'intolérance associé à la pandémie, contre des chrétiens et des musulmans.

Il a été rappelé que jusqu’ici, plus de 75% de l'approvisionnement mondial en vaccins avait été utilisé par dix pays seulement, tandis que 130 autres pays, représentant 2,5 milliards de personnes, n'avaient pas encore administré une seule dose à leur population.

La situation des peuples autochtones dans le contexte de la pandémie de COVID-19 a suscité de très vives préoccupations, en particulier s’agissant de l’Amérique latine. La militarisation croissante des frontières de plusieurs pays du même continent, depuis le début de la pandémie, a également été critiquée.

Une ONG a dénoncé la criminalisation des usagers de stupéfiants et l’application de la peine de mort pour des délits liés à la drogue. Plusieurs organisations non gouvernementales ont en outre appelé à la dépénalisation de l’avortement.

Une ONG s’est inquiétée de « la violation systématique et institutionnalisée » des droits des migrants traversant la route des Balkans vers l'Europe.

Un intervenant a jugé important que la Haute-Commissaire, dans ses mises à jour au Conseil, parle également des violations des droits sociaux et économiques et du droit au développement.

De nombreuses délégations ont dénoncé des violations des droits de l’homme ou d’autres situations préoccupantes dans de nombreux pays, régions et territoires du monde.

*Les organisations non gouvernementales suivantes ont fait des déclarations : Article 19 - Centre international contre la censure, Swedish Association for Sexuality Education, Il Cenacolo, Bureau international des droits humains - Action Colombie, Comité consultatif mondial de la Société des amis, IDPC Consortium, Centre pour la justice et le droit international, Conselho Indigenista Missionário CIMI, Caritas Internationalis (International Confederation of Catholic Charities), Associazione Comunita Papa Giovanni XXIII, Commission colombienne de juristes, Peace Brigades International, VIVAT International, United Nations Association of China, Presse Embleme Campagne, Association américaine de juristes, International Buddhist Relief Organisation, CIVICUS: Alliance mondiale pour la participation des citoyens, Pasumai Thaayagam Foundation, ESCR-Net - International Network for Economic, Social and Cultural Rights, Inc., Fédération internationale pour la planification familiale, World Evangelical Alliance, Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, Organisation internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, Centro de Estudios Legales y Sociales (CELS) Asociación Civil, Partners For Transparency, Institut du Caire pour les études sur les droits de l’homme, Chinese Association for International Understanding, Amnesty International, Mouvement international de la réconciliation, Forum asiatique pour les droits de l'homme et le développement, Mouvement international de la jeunesse et des étudiants pour les Nations Unies, Réseau international des droits humains (RIDH), iuventum e.V., Association Bharathi Centre Culturel Franco-Tamoul, Action of Human Movement (AHM), Society for Development and Community Empowerment et Jubilee Campaign.

Suite du débat annuel d’une journée sur les droits de l’enfant

Le Conseil a ensuite poursuivi son débat annuel d’une journée sur les droits de l’enfant, axé cette année sur les droits de l’enfant et les objectifs de développement durable, en tenant la deuxième partie de ce débat, consacrée aux « Lacunes et obstacles qui affectent les enfants: suivi des engagements au travers de la Décennie d’action et de la réalisation des objectifs de développement durable ».

Exposés des panélistes

MME NAJAT MAALLA M’JID, Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants, a rappelé que le Programme de développement durable à l'horizon 2030 envisage un monde exempt de peur et de violence, ainsi que la pleine réalisation des droits de l’enfant tels que consacrés dans la Convention relative aux droits de l’enfant. Ce Programme fournit un cadre crucial pour la prévention et l'élimination de toutes les formes de violence contre les enfants, en renforçant le bouclier protecteur autour d'eux et en réduisant leur vulnérabilité, a-t-elle souligné.

Il reste moins de neuf ans pour faire des objectifs associés à ce Programme une réalité, a poursuivi la Représentante spéciale. Le rapport sur la situation mondiale publié l’an dernier par l'OMS a montré l'ampleur de la tâche à laquelle le monde est confronté en matière de violence contre les enfants, a-t-elle ajouté, faisant en outre observer qu’environ 1 enfant sur 4 âgé de moins de 5 ans vit avec une mère victime de violence entre partenaires intimes. En outre, la COVID-19 menace désormais les progrès enregistrés pour mettre fin à ces violences. Le rapport de l’OMS a en outre révélé que si les lois sont largement adoptées, elles sont souvent mal appliquées dans ce domaine. Il faut donc agir plus énergiquement et affirmer une approche fondée sur les droits afin de mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030, a conclu la Représentante spéciale.

CLAUDIA RIERA, activiste équatorienne membre du Réseau des enfants et adolescents correspondants des Amériques et des Caraïbes de l’Institut interaméricain de l’enfant (Inter-American Institute of the Child), a déclaré s’exprimer au nom des enfants qui cherchent à changer le monde, des enfants qui ont des rêves et qui luttent pour une enfance complète pour eux et pour l'avenir.

Les filles, les enfants et les adolescents sont ici aujourd'hui pour informer, discuter, débattre et surtout développer des solutions avec le Conseil et les délégations, parce qu'il est temps de mettre en œuvre cette Décennie d'action ; il est temps de protéger les enfants des grossesses précoces, de la violence, du travail et de bien d'autres problèmes qui se multiplient, a insisté Claudia.

Claudia a ensuite donné quelques pistes aux délégations pour mieux écouter les enfants et les prendre en compte. Les enfants et adolescents doivent participer, mais pour ce faire, doivent être créés des espaces au sein desquels ils puissent donner leur avis, a-t-elle notamment indiqué. Il est important que les pays se soucient des enfants qui dorment sans avoir mangé et des personnes qui meurent faute de soins de santé. Les Etats doivent connaître la difficile réalité de leur pays, a insisté Claudia.

Pour conclure, Claudia s’est dite heureuse qu'aujourd'hui l'Organisation des Nations Unies permette aux filles, aux garçons et aux adolescents de faire entendre leur voix afin de changer le monde et d'atteindre un monde à la hauteur des rêves des enfants.

M. BENYAM DAWIT MEZMUR, membre du Comité des droits de l'enfant, a indiqué que le Comité, dans ses recommandations aux États, insiste sur l’importance de garantir la réalisation des droits de l'enfant tout au long du processus de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Le Comité invite également les États parties à la Convention relative aux droits de l’enfant à assurer la participation effective des enfants à la conception et à l’application des programmes visant à atteindre les 17 objectifs de développement durable, dans la mesure où ils concernent les enfants.

L’expert a mis l’accent sur le rôle de surveillance exercé par le Comité en ce qui concerne les objectifs de développement durable (ODD). Il est indispensable d’admettre que ces objectifs sont pertinents non seulement pour la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels, mais aussi pour celle des droits civils et politiques, a ajouté M. Mezmur. Il a également mis en garde contre le problème de la pauvreté multidimensionnelle des enfants, vu le tableau désastreux de la situation actuelle et les projections selon lesquelles l'extrême pauvreté devrait atteindre 6 % en 2030, soit beaucoup plus que les 3 % envisagés par le premier des ODD.

M. BRUCE ADAMSON, Commissaire à l'enfance et à la jeunesse de l’Ecosse, a indiqué qu’avant même la pandémie, la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la santé mentale étaient les plus grosses questions de droits de l’homme en Ecosse ; or la COVID-19 n’a fait qu’empirer les choses. Il a ensuite souligné qu’en avril de l'année dernière, le Comité des droits de l'enfant avait mis en garde contre les graves effets physiques et psychologiques de la pandémie sur les enfants. Le Comité a appelé les États à adopter une approche fondée sur les droits, qui ne se concentre pas uniquement sur la crise de la santé publique, mais aussi sur le cadre plus large des droits de l'homme, y compris les droits économiques, sociaux et culturels, a rappelé M. Adamson.

Cette pandémie a montré à quel point la protection des droits peut être vulnérable, a poursuivi le Commissaire, avant d’ajouter qu’il constatait quotidiennement la résilience des enfants et des jeunes, leur créativité et leur don de soi. Néanmoins les impacts négatifs sont profonds, a-t-il insisté, indiquant que son bureau constate des effets sur la santé mentale et physique des enfants et adolescents, sur leur droit à la sécurité, sans parler de leur droit au développement alors qu’ils perdent des occasions de socialiser avec leurs amis et leur famille et de participer à des activités culturelles.

Heureusement, le cadre international des droits de l'homme fournit les outils nécessaires pour garantir que les enfants ne soient pas oubliés ou laissés pour compte, notamment grâce au Programme de développement durable à l’horizon 2030, a indiqué M. Adamson. Les liens clairs entre les droits de l'enfant et les ODD doivent se traduire par une action concrète et concertée au niveau national, a-t-il insisté. Le leadership des enfants défenseurs des droits humains, qui s’est déjà illustré dans la lutte contre le changement climatique, contre la misogynie et contre le racisme, jouera un rôle important dans la réalisation des ODD pendant et après la pandémie, a-t-il conclu.

Aperçu du débat

Il a été relevé qu’à moins d'une décennie de l'échéance de 2030, la communauté internationale est encore trop loin de la réalisation des objectifs de développement durable. La pandémie a compliqué les choses en aggravant les inégalités préexistantes et en affectant durement les enfants, du fait notamment des mesures de confinement et des fermetures d'écoles, a-t-il été souligné. La pandémie a aussi aggravé le risque de travail des enfants et, en particulier pour les filles, le mariage d’enfants, le mariage précoce ou forcé, les mutilations génitales et la traite.

L’inégalité des enfants dans l’accès à l’enseignement en ligne a été relevée à plusieurs reprises, de même que le manque d'interaction humaine dû à l'éloignement social et à la fermeture des écoles, qui prive les enfants de la manière la plus naturelle d'acquérir des compétences sociales.

Pour pouvoir atteindre les objectifs de développement durable, les pays doivent veiller à ce que leurs plans de relance suppriment ces inégalités et à ce que les enfants soient impliqués dans ces processus, a-t-il été recommandé à plusieurs reprises.

Des ONG ont présenté leurs initiatives permettant aux enfants de participer, dans leurs communautés ou en collaboration avec les autorités de leur pays, à la réalisation des objectifs de développement durable concernant la santé, l’environnement ou encore l’éducation.

Des intervenants ont insisté sur l’importance de la collecte de données pour identifier l'exclusion, y compris les formes multiples et croisées de discrimination, et pour prendre des mesures ciblées en faveur des enfants qui sont dans les situations les plus vulnérables. Un groupe de pays a dit soutenir les stratégies visant à réduire la fracture numérique et garantir ainsi l’accès de tous à une éducation de qualité et à la formation en ligne.

Des délégations ont décrit les mesures prises par leurs pays pour garantir le droit des enfants à la protection et aux soins nécessaires à leur bon développement physique, mental et moral. Il a été souligné que la conjoncture actuelle exigeait des investissements massifs dans l'éducation, l’accès à l’eau et à l’assainissement, la santé, ainsi que dans des services pouvant atteindre tous les enfants.

Des préoccupations ont été exprimées s’agissant de violations des droits des enfants vivant dans « les territoires temporairement occupés de l’Ukraine ».

** Liste des intervenants : Lettonie (au nom des pays nordiques et baltes), Barbade (au nom de la CARICOM), Canada (au nom des États membres de la Francophonie), Union européenne, Monténégro, Hongrie, Ukraine, République de Moldova, Îles Marshall, Gabon, République de Corée, Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), Edmund Rice International Limited, Child Rights Connect, Consortium pour les enfants des rues, Bulgarie, Timor-Leste, Grèce, Slovénie, Burkina Faso, Népal, Fidji, Soudan, Israël, Iraq, Fédération de Russie, Indonésie, Iran, Alliance internationale d'aide à l'enfance, Plan International, Inc. et Fédération internationale pour la planification familiale.

Remarques de conclusion

M. BRUCE ADAMSON s’est dit heureux d’avoir entendu les idées des enfants sur la manière dont ils veulent changer le monde. Il faut entendre les enfants et leur donner le leadership, a-t-il affirmé. Les jeunes montrent le rôle puissant qu’ils peuvent jouer dans tous les domaines, tant au niveau national qu’au niveau international, a-t-il ajouté. Il faut travailler ensemble avec les jeunes et les enfants et créer des espaces à cette fin, a-t-il insisté. Tous les pays doivent œuvrer, ensemble, afin que tous les enfants aient accès à une éducation de qualité, dès la petite enfance, afin d’assurer davantage d’égalité, a d’autre part indiqué M. Adamson. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 offre une feuille de route essentielle qu’il faut suivre, a-t-il poursuivi. Il faut faire plus et mieux pour qu’aucun enfant ne soit laissé de côté et lutter ainsi contre les inégalités, a-t-il conclu.

M. BENYAM DAWIT MEZMUR a fourni quelques exemples de bonnes pratiques de certains pays – dont le Brésil et le Costa Rica – pour renforcer la participation des enfants. L’Irlande dispose aussi d’un mécanisme qui veille à la participation des enfants dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, a-t-il indiqué, avant de plaider pour un enrichissement mutuel entre les Etats s’agissant de cette question.

CLAUDIA RIERA a souligné que tous les enfants méritent d’étudier, d’avoir accès à la santé et de s’exprimer. Ils sont sujets de droits et ils doivent être inclus dans les plans gouvernementaux, a-t-elle ajouté. Il faut écouter les enfants et leurs rêves, écouter ce qu’ils ont à dire dans chaque pays pour changer le monde, a-t-elle poursuivi. Elle a demandé aux délégations d’inclure les enfants dans tous les plans de travail, car ils peuvent apporter quelque chose à leur pays.

MME NAJAT MAALLA M’JID a déclaré qu’il faut soutenir les enfants et les impliquer non seulement dans les processus de prise de décision, mais aussi dans les processus de suivi. Elle a appelé à placer les enfants les plus vulnérables au cœur de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. La pandémie actuelle a montré l’importance d’avoir des services intégrés de soutien aux enfants, notamment dans les domaines de la santé ou de la justice, ainsi qu’un système de protection sociale fort, a-t-elle ajouté, avant de conclure que les enfants sont la solution.

Lien : https://ungeneva.unog.un.org/fr/news-media/meeting-summary/2021/03/human-rights-council-holds-panel-discussion-t-he-gaps-and