Une formation aux droits de l’homme pour donner les moyens d’agir aux jeunes avocats kirghizes


Meerim Asanova, aujourd’hui avocate spécialisée dans la défense des droits de l’homme au Kirghizstan, a grandement bénéficié des ateliers organisés par le Bureau des droits de l’homme de l’ONU dans ce pays.

" Les connaissances acquises pendant la formation et les recommandations de mes instructeurs m’ont aidée à obtenir mon certificat d’aptitude à la profession d’avocate, " confie-t-elle. " Mes activités juridiques ont directement trait à la protection des droits de l’homme. J’utilise les compétences acquises pour étendre la portée et l’efficacité de cette protection. "

Âgée de 28 ans, Madame Asanova défend à présent les droits des travailleurs migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile installés dans le sud du Kirghizstan. Elle a pris part à la série d’ateliers de formation juridique proposés par le Bureau des droits de l’homme de l’ONU au Kirghizstan. Les ateliers avaient pour objectif de développer les capacités professionnelles de 68 jeunes conseillers et avocats plaidants issus de plusieurs arrondissements et villes pluriethniques dans le sud du Kirghizstan.

Les participants aux ateliers ont progressé dans leur carrière, 15 pour cent d’entre eux obtenant les meilleures notes à l’examen national d’aptitude à la profession d’avocat. Cet examen attribue l’habilitation à exercer le droit dans le pays.

" Ces formations sont nécessaires et recherchées par tous les conseillers et les avocats plaidants, " a déclaré Gulniza Kojomova, Présidente de l’Association du barreau. " Ce qui se traduit par une protection des droits et libertés des citoyens de la République kirghize appuyée sur la compétence et l’expertise. " 

En juin 2010, un conflit interethnique s’est déclaré dans le sud du Kirghizstan donnant lieu à l’ouverture de plus de 5 000 procédures pénales. La grande majorité des victimes étaient d’origine ouzbek, dont bon nombre ignoraient comment obtenir justice et réparation. En conséquence, le Bureau a conçu un programme de formation juridique afin de remédier à ce manque de ressources et de contribuer à la lutte contre la culture d’impunité et d’injustice. Les avocats récemment formés ont d’ores et déjà commencé à prendre en charge les affaires en cours afin de rétablir la justice, tout en profitant de l’occasion pour construire leur projet professionnel. 

" C’est une merveilleuse occasion d’échanger des connaissances, de l’expérience, des pratiques, une vision et des points de vue, " déclare Akylbek Tashbulatov, avocat et formateur. " Mon ambition est de créer un groupe actif de jeunes avocats ayant une approche radicalement nouvelle de la protection des droits de l’homme. "

Les ateliers étaient organisés en collaboration avec le Centre de formation des avocats de l’Association du barreau de la République Kirghize et avec le soutien du ministère national de la Justice. Ils abordaient des sujets tels que la protection effective des droits de l’homme, les compétences de plaidoyer et la résolution de conflits.

Madame Asanova a confirmé mettre à profit les connaissances acquises pendant la formation pour offrir bien plus que de simples conseils juridiques. Elle transmet activement ses connaissances en organisant ses propres sessions de formation avec de jeunes personnes dans son domaine d’expertise. Elle les initie à des concepts tels que l’égalité, la discrimination, les droits de l’homme, la justice et la démocratie.

" Leurs études contribueront à imposer la notion de justice dans la protection des droits de l’homme et à réduire le nombre de violations de ces droits, aujourd’hui comme demain, " a-t-elle ajouté. " Aujourd’hui, les jeunes sont faiblement représentés dans les structures étatiques. Nous devons les préparer, dans le cadre de l’état de droit, à transmettre les connaissances qui seront fondamentales dans leur vie. "

30 décembre 2016

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