Un verdict empreint de courage, de persévérance et de justice


Des personnes réagissent à l’annonce du verdict rendu contre l’ex-policier de Minneapolis Derek Chauvin pour le meurtre de George Floyd devant d’un mur peint à effigie de ce dernier à Atlanta, Géorgie, États-Unis. © Erik S. Lesser/EPA-EFE « Il s’agit d’un verdict mémorable », a déclaré Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. « Mais pour d’innombrables autres victimes d’ascendance africaine et leurs familles, aux États-Unis et dans le monde entier, la lutte pour la justice continue. Le combat pour que les affaires d’usage excessif de la force ou de meurtres commis par la police soient portées devant les tribunaux, sans parler de les gagner, est loin d’être terminé. »

Michelle Bachelet s’est exprimée à la suite de l’annonce du verdict rendu contre l’ex-policier de Minneapolis Derek Chauvin pour le meurtre de George Floyd. Le 20 avril 2021, un jury américain a en effet déclaré Derek Chauvin coupable de meurtre sans intention de donner la mort, de meurtre par un comportement violent et d’homicide involontaire. Trois autres policiers, accusés de complicité de meurtre et d’homicide involontaire, doivent être jugés plus tard dans l’année.

« Ce verdict, cet instant, nous montre que nous vivons un véritable moment de solidarité », a déclaré Dominique Day, présidente du Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine. « Nous prenons conscience à travers le monde que le principe de responsabilité a sa place et que ce moment affecte non seulement les Afro-Américains, les Américains et les Noirs des États-Unis, mais qu’il affecte aussi le monde entier, et montre ce que nous pouvons attendre de nos gouvernements et de nos institutions. »

Michelle Bachelet a fait remarquer que les brutalités policières dans l’affaire George Floyd ont permis de révéler tout ce qu’il reste à faire afin de combattre et d’éliminer les profondes séquelles laissées par les politiques et les systèmes discriminatoires.

« Le moment est venu d’examiner de manière critique le contexte dans lequel le meurtre de George Floyd a eu lieu, en revisitant le passé et en examinant ses traces toxiques dans la société d’aujourd’hui », a-t-elle indiqué à l’occasion d’une déclaration*. « La refonte de notre avenir ne peut se faire que par la participation pleine et égale des personnes d’ascendance africaine, afin de transformer leurs interactions avec les forces de l’ordre et, plus largement, dans tous les aspects de leur vie. »

La mort de George Floyd en mai 2020 avait engendré des protestations dans le monde entier pour dénoncer les brutalités policières et le racisme systémique. Face à ces manifestations, un débat urgent s’est tenu au Conseil des droits de l’homme en juin 2020. Organisé à la demande du Groupe des États d’Afrique, le débat s’est concentré sur les violations des droits de l’homme à caractère raciste, le racisme systémique, les violations commises par les forces de l’ordre et la violence contre les manifestations pacifiques.

Le Conseil a par la suite adopté par consensus une résolution sur « la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales des Africains et des personnes d’ascendance africaine contre les brutalités policières et autres violations des droits de l’homme ». Mme Bachelet présentera en juin 2021 un rapport sur cette résolution, qui comprendra un programme visant à transformer la société afin de briser le racisme systémique et mettre fin aux brutalités policières à l’encontre des Africains et des personnes d’ascendance africaine, et afin de faire avancer le principe de responsabilité et la réparation pour les victimes.

Dans l’histoire des mouvements de lutte contre le racisme et la discrimination, ce verdict constitue un point culminant très visible, a déclaré Mme Day. Il illustre ce que signifie une action axée sur les droits de l’homme, que la justice passe en partie par la responsabilité, et en partie par les réparations.

« Je pense qu’à un certain niveau, la volonté mondiale de changer les choses, la frustration à l’égard du statu quo partout dans le monde et l’idée que ces systèmes, y compris nos gouvernements, continuent de fonctionner comme si de rien n’était malgré la menace qui pèse sur des vies comme les nôtres, sont en fin de compte très bien reflétées dans ce verdict. »

Découvrez d’autres réactions suite à l’annonce du verdict dans la vidéo suivante (en anglais).


Vidéo*

21 avril 2021

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