Le Haut-Commissaire appelle à mettre fin aux pressions qui s’exercent sur les droits de l’homme


Comparant les atteintes aux droits de l’homme aux signaux telluriques annonciateurs d’un séisme, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé les dirigeants à agir immédiatement pour réduire ces atteintes, sous peine de devoir affronter des explosions futures.

« Si la pression n’est pas réduite prochainement et graduellement grâce à des politiques plus avisées.... l’histoire de l’humanité nous enseigne qu’il adviendra un gigantesque déferlement de violence et de mort », a-t-il déclaré.

M. Al Hussein a prononcé ces mots à l’ouverture de la 31e session du Conseil des droits de l’homme. La conférence, qui se réunit à Genève pendant un mois, rassemble des représentants de près de 200 pays, des ONG et des associations de la société civile pour examiner et prendre des décisions sur des problèmes pressants en matière de droits de l’homme. 

Le Haut-Commissaire a parlé des violations et des menaces continues dont les droits de l’homme font l’objet dans les nombreux conflits qui ravagent le monde. La liste des pays concernés résonne comme un panorama des zones de danger : Syrie, Libye, Iraq, Soudan du Sud, Yémen. Tous ces pays ont plongé dans des crises profondes qui ont aggravé les atteintes aux droits de l’homme et engendré des catastrophes humanitaires, a-t-il déclaré.

« Les conflits en Syrie, en Iraq et ailleurs ont libéré un nuage toxique de forces maléfiques, qui prend la forme d’atrocités ignobles et de bandes criminelles se livrant à la traite des êtres humains. Telles sont les conditions que les migrants fuient de plus en plus massivement. »

Ces migrants en fuite méritent la compassion et la sympathie de la communauté internationale. « Ériger des murs de plus en plus hauts contre ces personnes en détresse est aussi cruel qu’illusoire », a ajouté M. Al Hussein.

Cette session du Conseil coïncide avec deux anniversaires. D’une part le cinquantenaire de la ratification du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. L’essentiel du droit international des droits de l’homme repose sur ces deux traités.

D’autre part, cette année marque le 10e anniversaire de la fondation du Conseil lui-même. Le Conseil a été créé en 2006 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Dans l’allocution qu’il a prononcée lors de la session d’ouverture, Mogen Lykketoft, le président de l’Assemblée générale, a qualifié le Conseil de « composante essentielle de l’architecture des Nations Unies » et ajouté que celui-ci disposait des outils et des capacités permettant aux États « d’entamer un dialogue sur les questions de droits de l’homme avec d’autres États et avec des acteurs intergouvernementaux ou non gouvernementaux ».

La session du Conseil des droits de l’homme se poursuit jusqu’au 24 mars 2016.

29 février 2016

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