Que représente le Prix des droits de l’homme des Nations Unies pour ses lauréats ?


" Les filles, cela prouve que, où que vous soyez, vous pouvez être ce que vous voulez, rien ne peut vous arrêter ", a déclaré Rebeca Gyumi, qui vient de Tanzanie.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, félicite les lauréats du Prix des droits de l’homme 2018. De gauche à droite : Munizae Jahangir (pour Asma Jahangir), Maryam al-Khawaja (pour Frontline Defenders), Joênia Wapichana et Rebeca Gyumi. © Photo ONU." Les jeunes doivent comprendre que nous sommes ceux que tout le monde attendait. Il faut absolument être courageux et s’exprimer. C’est ce qui permettra de faire avancer nos communautés et notre pays. "

Rebeca Gyumi, ainsi que Joênia Wapichana du Brésil, Asma Jahangir (à titre posthume) du Pakistan et Frontline Defenders, une organisation basée en Irlande, ont reçu le Prix des droits de l’homme des Nations Unies 2018. Ce prix, décerné au siège des Nations Unies à New York, sert à reconnaître le travail de défenseurs des droits de l’homme dans le monde entier.

La Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, María Fernanda Espinosa Garcés, a déclaré que le prix servait non seulement à reconnaître le travail des quatre lauréats, mais aussi à envoyer " un message de gratitude à tous les défenseurs des droits de l’homme, car leurs sacrifices et leur dévouement constant nous aident à progresser vers des sociétés moins inéquitables et moins inégalitaires. "

" La communauté internationale est reconnaissante de vos efforts pour promouvoir les droits de l’homme de tout un chacun. Nous vous remercions pour votre rôle vital dans la promotion de la paix, du développement durable et de la dignité humaine dans le monde ", a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.

La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, s’est dite émue non seulement par le courage des lauréats, mais aussi par l’impact de leurs accomplissements.

" La défense des droits de l’homme n’est pas seulement un acte noble, mais joue également un rôle crucial dans la manière dont les sociétés résolvent les problèmes ; réparent les injustices ; et favorisent la paix, l’inclusion et une prospérité durable. "

Lors d’une table ronde avec les lauréats, Andrew Gilmour, Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, a déclaré que les défenseurs des droits de l’homme rendaient un service extraordinaire à leurs communautés, aux groupes vulnérables, à leur pays et à l’humanité tout entière. Trop souvent cependant, les gouvernements n’apprécient pas la véritable valeur de ces défenseurs.

" Ils les traitent plutôt comme une menace, les font passer pour des terroristes ou des criminels, les harcèlent, les battent, les enferment. Trop souvent, les défenseurs des droits de l’homme paient le prix ultime de leurs convictions ", a-t-il ajouté.

En tant que militante autochtone, le fait d’avoir remporté le Prix des droits de l’homme de l’ONU " montre que notre lutte constante pour les droits de l’homme est la même que dans le reste du monde ", a déclaré Joênia Wapichana, la lauréate brésilienne.

" Il est important pour moi d’obtenir cette reconnaissance parce qu’au Brésil, nous n’avons cessé de voir nos droits et notre patrimoine culturel attaqués sans relâche depuis le début de la république ", a-t-elle dit.

Munizae Jahangir, qui a accepté le prix au nom de sa mère Asma Jahangir, a déclaré que cette dernière aurait voulu partager cette récompense avec d’autres défenseurs.

 " Elle était convaincue que les droits de l’homme sont intrinsèquement liés à la démocratie et que l’égalité ne peut exister que si la démocratie en est la condition préalable ", a-t-elle dit.

Andrew Anderson, directeur exécutif de Frontline Defenders, souhaite profiter du Prix des droits de l’homme et du 20e anniversaire de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme pour demander la libération des défenseurs emprisonnés en raison de leur travail.

" Ce serait vraiment bien si on pouvait profiter de toutes les célébrations et commémorations que nous avons ces jours-ci pour attirer aussi l’attention sur ceux qui sont emprisonnés parce qu’ils défendent les droits de l’homme ", a-t-il déclaré.

Découvrez le travail de Rebecca Gyumi, Asma Jahangir, Joênia Wapichana et Frontline Defenders

28 décembre 2018

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