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Coronavirus : les droits de l’homme doivent être au cœur des décisions, déclare Michelle Bachelet

GENÈVE (6 mars 2020) – La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a insisté vendredi sur la nécessité pour les gouvernements d'introduire des mesures pour ralentir la propagation de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), et d'adopter de nouveaux moyens supplémentaires pour réduire l'incidence potentiellement négative de ces mesures sur la vie des populations.   

« En tant que médecin, je comprends qu'il est nécessaire de mettre en place diverses mesures pour combattre la COVID-19, et en tant qu'ancienne chef de gouvernement, je comprends à quel point il est difficile de maintenir un certain équilibre lorsque des décisions délicates doivent être prises », a déclaré Mme Bachelet. « Cependant, nos efforts pour combattre ce virus ne marcheront pas, à moins que nous n'abordions le problème de façon globale, y compris en s'efforçant de protéger du mieux possible les personnes les plus vulnérables et délaissées de la société, tant du point de vue médical qu'économique. »

« Sont concernées notamment les personnes à faible revenu, les populations rurales isolées, les personnes ayant des problèmes médicaux existants, les personnes handicapées et les personnes âgées vivant seules ou dans des établissements spécialisés », a-t-elle ajouté.

Selon la Haute-Commissaire, les confinements, quarantaines et autres mesures semblables visant à contenir et combattre la propagation de la  COVID-19 doivent toujours être menées en stricte conformité avec les normes relatives aux droits de l'homme et de manière nécessaire et proportionnée au risque déterminé – mais même si elles le sont, elles peuvent avoir de graves répercussions sur la vie des populations.

Si les autorités jugent nécessaire de fermer les écoles, les parents risquent alors de devoir rester à la maison sans pouvoir travailler, une mesure susceptible d'affecter les femmes de façon disproportionnée.

Les personnes ne se rendant pas à leur travail pour « s'isoler » risquent de ne pas être payées ou de perdre leur emploi, ce qui peut avoir de nombreuses conséquences sur les moyens de subsistance et la vie des gens. Les efforts menés pour lutter contre l'épidémie peuvent affecter les soins de santé des personnes atteintes de maladies chroniques ou graves. La perturbation des échanges commerciaux et des voyages risque d'avoir de graves effets, en particulier sur les petites et moyennes entreprises, ainsi que sur les personnes qu'elles emploient et à qui s'adressent leurs services.

« Les personnes qui arrivent déjà à peine à survivre sur le plan économique risquent d'atteindre un point de non-retour à cause des mesures adoptées pour contenir la propagation du virus. Les gouvernements doivent être prêts à faire face de diverses manières aux conséquences imprévues des mesures qu'ils adoptent pour lutter contre le coronavirus. Les entreprises auront également leur rôle à jouer, notamment en faisant preuve de flexibilité face à l'impact du virus sur leurs employés », a souligné Mme Bachelet.

La Haute-Commissaire s'est félicitée du fait que certains gouvernements, ainsi que des organisations internationales, commencent à mettre en place des mesures afin d'atténuer l'impact de cette situation sur les droits économiques et sociaux des populations.

« Étant donné que nous sommes tous en terrain inconnu, j'encourage les États à trouver des moyens de partager les informations sur les bonnes pratiques qu'ils mettent actuellement en place pour atténuer les effets socio-économiques négatifs de la COVID-19 et sur leurs efforts pour stopper sa propagation. La solidarité et la coopération internationales sont plus nécessaires que jamais. Il est également évident que des ressources doivent être allouées à la protection sociale, afin que les gens puissent survivre économiquement durant ce qui pourrait devenir une crise prolongée », a-t-elle ajouté.

« La COVID-19 met nos sociétés à l'épreuve ; nous apprenons et nous nous adaptons tous à mesure que nous affrontons le virus. La dignité humaine et les droits de l'homme doivent être au cœur de ces efforts, et non pas être envisagés après coup », a prévenu Mme Bachelet.

Pour lutter efficacement contre l'épidémie, il faut veiller à ce que chacun ait accès aux traitements disponibles, et que personne ne soit privé des soins nécessaires s'ils ne peuvent pas les payer ou par crainte de stigmatisation.

Les gouvernements doivent s'assurer que tout le monde, sans exception, ait accès à toutes les informations pertinentes, y compris dans des langues et des formats faciles à comprendre et adaptés aux besoins spécifiques de chacun, notamment des enfants, des malvoyants et des malentendants, et des personnes illettrées ou maîtrisant peu la lecture.

« Être ouvert et transparent est primordial pour encourager les gens à participer aux mesures visant à protéger leur propre santé et celle de l'ensemble de la population, surtout lorsque cette dernière a perdu confiance envers les autorités. Cela permet aussi de lutter contre les fausses informations ou celles trompeuses, qui peuvent faire beaucoup de tort en attisant la peur et les préjugés », a déclaré la Haute-Commissaire.

Et d'ajouter : « J'exhorte également les autorités des pays touchés par la COVID-19 à prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre aux actes xénophobes ou de stigmatisation ».

FIN

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