Le Nigéria crée un Bureau des droits de l’homme pour les forces armées


Le Gouvernement nigérian a annoncé la création d’un Bureau des droits de l’homme pour l’armée nationale.

Composé de six juristes issus de l’Ordre des avocats nigérians et de la section juridique de l’armée, le nouvel organe enquêtera sur les violations présumées des droits de l’homme perpétrées par le personnel militaire national. Le bureau s’attachera également à renforcer la capacité de l’armée à protéger les droits de l’homme et présentera chaque année un rapport sur les progrès accomplis.

Cette décision survient des mois après que le Conseil des droits de l’homme ait prié le HCDH de dépêcher une équipe pour enquêter sur les atrocités commises par le groupe terroriste Boko Haram et pour présenter un rapport à ce sujet. Le Conseil a également exhorté les forces militaires nigérianes à respecter les droits de l’homme lors de leurs opérations antiterroristes et à traduire en justice les responsables d’abus.

Depuis 2009, au moins 15 000 personnes sont mortes en raison des agissements du groupe rebelle Boko Haram, a relevé le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Al Hussein. Selon un certain nombre de rapports, les forces de sécurité nigérianes seraient également impliquées dans un certain nombre d’atteintes aux droits de l’homme, commises dans le cadre d’opérations anti-insurrectionnelles. La campagne terroriste de Boko Haram se poursuit, avec de graves répercussions sur la situation des droits de l’homme au Cameroun, au Niger et au Tchad.

Pour aider l’armée nigériane à respecter plus scrupuleusement les droits de l’homme, le HCDH et l’équipe de pays des Nations Unies ont présenté un examen détaillé du code de conduite des forces armées nationales et ont recommandé des amendements destinés à le rendre pleinement conforme aux normes internationales relatives aux droits de l’homme et au droit humanitaire international.

« L’adoption d’un code de conduite et de règles d’engagement supposait que des mécanismes soient mis en place pour les appliquer. Le Bureau est l’un de ces mécanismes », a indiqué Martin Ejidike, conseiller aux droits de l’homme de l’équipe des Nations Unies au Nigéria. « Ces mécanismes pourraient avoir une incidence directe sur la vie des gens en réduisant le nombre d’affaires de violations des droits de l’homme et en empêchant l’impunité des responsables au sein des forces de sécurité. »

En décembre dernier, M. Ejidike a aidé à réunir autour de la même table des officiers de la Défense nationale, des représentants des organismes onusiens et des membres de la Commission nationale des droits de l’homme, lesquels ont, dans le cadre d’un atelier, analysé avec des soldats des cas réels survenus lors de l’opération Lafiya Dole, qui se déroulait à Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria.

« Les opérations anti-insurrectionnelles et antiterroristes sont habituellement difficiles pour les forces conventionnelles car les insurgés ne respectent pas les normes relatives aux droits de l’homme », a fait remarquer le général de division Akem lors de l’atelier de Maiduguri. « Mais en tant que professionnels, les membres des forces armées sont, eux, tenus de les observer. »

Le général Rogers, Chef des Affaires civiles et militaires, a déclaré que la création du Bureau des droits de l’homme répondait à l’intérêt croissant des acteurs locaux et internationaux pour les problèmes de droits de l’homme en rapport avec les opérations anti-insurrectionnelles menées au Nigéria. L’objectif de l’armée est d’opérer un rapprochement avec la société civile sur les questions de droits de l’homme.

Le conseiller aux droits de l’homme, en collaboration avec l’équipe de pays des Nations Unies, fournira au Bureau des compétences spécifiques sur des thèmes comme la protection de l’enfance et l’impunité en matière de violations des droits de l’homme.

14 mars 2016

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