La science ouverte a la capacité d’unir les nations


Une chercheuse travaillant dans un laboratoire à l’Institut Pasteur à Lille, France © Hans Lucas

Selon un appel commun lancé cette semaine, la « science ouverte », qui est le partage des découvertes et avancées scientifiques, a la capacité d’unir les nations.

Cet appel, lancé par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avec la participation de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), indique que la science ouverte peut réduire les inégalités et aider à relever les défis immédiats de la COVID-19, et appelle « à l’ouverture des portes de la connaissance ».

Le terme de « science ouverte » désigne principalement le libre accès à des publications, données et résultats scientifiques, ainsi qu’à des logiciels, ressources pédagogiques et technologies libres, comme les tests et les vaccins.

La COVID-19 a mis en évidence le besoin urgent de renforcer la coopération entre les nations et de garantir le droit fondamental à l’accès universel au progrès scientifique et aux bienfaits qui en découlent.

À l’heure où les rumeurs sont abondantes et les fausses informations se répandent rapidement, il est d’autant plus important de promouvoir la confiance dans la science.

« La suppression ou le déni des preuves scientifiques dans certains milieux et la réticence à adopter des politiques fondées sur des preuves ont amplifié les dommages dévastateurs que la pandémie a générés », a déclaré la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet. « Le principe de base de la santé publique est la nécessité d’un engagement total et honnête avec le public. Le recours à la force ne permettra pas d’atténuer ou de mettre fin à cette pandémie, mais l’utilisation de la science et le consentement et le respect du public en toute connaissance de cause le feront. »

La Haute-Commissaire a également souligné qu’en vertu du droit international des droits de l’homme, les États doivent expressément garantir la coopération internationale et l’accès à un vaccin. « Tout le monde, y compris les individus et les groupes vulnérables ou marginalisés, a le droit de bénéficier des avancées scientifiques », a-t-elle indiqué.

Les modèles scientifiques fermés ne fonctionnent plus

Selon l’UNESCO, avant la crise liée à la COVID-19, seule une publication scientifique sur quatre était en accès libre. Comme l’a stipulé Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, des millions de chercheurs ne pouvaient donc pas accéder au travail de leurs collègues.

« Aujourd’hui, les modèles scientifiques fermés ne fonctionnent plus, car ils amplifient les inégalités entre les pays et les chercheurs et parce qu’ils ne mettent le progrès scientifique à la disposition que d’une minorité », a-t-elle déclaré.

Mme Azoulay a fait valoir qu’il n’était pas seulement question de fournir l’accès aux publications, mais que la science ouverte « consiste également à transporter la science au-delà de la communauté scientifique, en concevant des ressources pédagogiques ouvertes et en promouvant une culture scientifique, afin de démocratiser la science et de garantir qu’elle réponde aux besoins de la société contemporaine ».

Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, a pour sa part souligné les actions mondiales entreprises par son organisation pour favoriser l’accès aux bienfaits de la science dans le cadre de la COVID-19. Il a notamment mentionné l’appel à l’action solidaire, lancé conjointement par le Président du Costa Rica et l’OMS, et le groupe d’accès à la technologie contre la COVID-19 (C-TAP)

Dans leur appel, Mme Azoulay, M. Tedros et Mme Bachelet reconnaissent que « la coopération et la diplomatie scientifiques ont la capacité d’unir les nations, la société civile, le secteur privé et le monde, et [soulignent] l’importance d’une prise de décision fondée sur des données factuelles ».

Ils estiment que « les politiques publiques, pour être efficaces et durables, doivent reposer sur des informations, des faits et des connaissances scientifiques vérifiés, dans l’intérêt de tous ».

À la demande de ses États Membres, l’UNESCO a préparé un projet de recommandation sur la science ouverte, dans le cadre d’un processus impliquant des consultations variées, notamment de la part de scientifiques, de gouvernements et d’institutions comme l’OMS et le CERN. La première ébauche de cette recommandation est actuellement ouverte aux commentaires. Le texte révisé sera négocié par les États Membres, qui ont prévu d’adopter la version définitive du texte lors de la prochaine Conférence générale en novembre 2021.

28 octobre 2020

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