Annonce d’une initiative historique pour la promotion de la liberté des médias


Une journaliste court avec un combattant rebelle pour éviter les tirs de snipers en première ligne contre les combattants de l’État islamique dans une zone rurale au nord d’Alep, le 10 octobre 2014. REUTERS/Jalal Al-MamoLe HCDH et l’UNESCO se sont associés aux Pays-Bas dans le cadre d’une initiative historique de deux ans visant à promouvoir la liberté de la presse et la sécurité des journalistes à travers le monde.

Le 10 décembre, Journée des droits de l’homme, le Ministre néerlandais des affaires étrangères Stef Blok a annoncé à l’occasion de la Conférence mondiale sur la liberté de la presse 2020   que les Pays-Bas avaient attribué sept millions d’euros à une campagne internationale lancée conjointement avec les deux organismes de l’ONU.

Ce partenariat aura pour but de mettre en place des activités de nature à favoriser une presse libre et indépendante et à promouvoir l’accès à l’information. Les actions menées par les partenaires se focaliseront également sur la sécurité des journalistes, en particulier celle des femmes journalistes, et sur la lutte contre l’impunité face aux violations commises contre les professionnels des médias.

Selon l’Observatoire UNESCO des journalistes assassinés*, 108 journalistes ont été tués depuis 2019. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a recensé le décès de 2 658 journalistes et professionnels des médias à travers le monde ces 30 dernières années. Selon la FIJ, durant cette période, la moitié de ces assassinats se sont produits dans des pays confrontés à la guerre, à la corruption ou à l’effondrement de l’état de droit.

Aucun journaliste ne devrait être puni ou harcelé pour avoir rapporté des faits. Pourtant, en 2018, le Comité pour la protection des journalistes a recensé 254 journalistes détenus. En décembre 2019, Reporters sans frontières comptait 389 journalistes en prison. Dans le cadre des mesures prises pour lutter contre la COVID-19, l’Institut international de la presse a recensé à ce jour 185 arrestations ou sanctions.

« Aujourd’hui, la liberté des médias est en danger et nous ne parvenons pas à endiguer la vague de menaces visant les journalistes, en particulier les femmes journalistes », a déclaré la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet.

« Cette initiative lancée par les Pays-Bas est une étape cruciale pour combler ces lacunes. Nous devons agir de toute urgence pour protéger ceux qui nous protègent lorsqu’ils font preuve de courage en dénonçant la corruption, en faisant face à la violence et aux abus, et en fournissant des informations vitales à chacun d’entre nous. L’impunité de ceux qui emprisonnent, intimident et tuent les journalistes doit cesser », a-t-elle ajouté.

Pour Minster Blok, « Aucun journaliste ne devrait craindre de faire l’objet d’intimidations, de violence et de persécution. Les journalistes devraient simplement pouvoir faire leur travail. Ils sont le reflet d’une société libre, inclusive et variée. »

La Directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay a également salué ce partenariat, en soulignant que « les menaces contre la liberté de la presse sont multiples et concernent toutes les régions du monde. Aujourd’hui, les journalistes assassinés le sont majoritairement en dehors des zones de conflit et l’impunité reste la règle. Ce nouveau partenariat avec les Pays-Bas et le HCDH viendra soutenir la liberté de la presse. »

11 décembre 2020

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