Les défenseurs des droits fondamentaux des peuples autochtones approuvent un rapport sur le droit à la santé et les peuples autochtones


La mort par suicide d’une fille de 10 ans en Australie-Occidentale au début de l’année a été un rappel brutal des problèmes auxquels font face les communautés autochtones dans le monde, a indiqué Hannah McGlade.

« C’est une crise majeure », s’est-elle alarmée. « C’est une épidémie à laquelle sont confrontées les communautés autochtones. Et c’est l’une des formes de décès les plus courantes parmi les peuples autochtones. Un trop grand nombre de jeunes sont persuadés qu’il n’y a pas d’avenir pour eux. C’est une tragédie absolue et une question de santé publique. »

Mme McGlade, juriste spécialisée dans les droits de l’homme des peuples autochtones, a estimé que cela laissait entrevoir la portée insidieuse de la colonisation et les manquements des États et d’autres à leur obligation de fournir des soins de santé aux peuples autochtones, notamment les jeunes.

Cette crise concernant les soins de santé pour les peuples autochtones a été au centre de l’attention de la dernière réunion tenue par le Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autonomes. Cette réunion, qui a eu lieu à Genève en juillet, a examiné et approuvé un rapport portant sur le droit à la santé et les peuples autochtones, notamment les enfants et les jeunes.

Selon Mme McGlade, l’accès effectif aux soins de santé est une question qui relève des droits de l’homme pour les peuples autochtones dans le monde. « Lorsque les gens n’ont pas pleinement accès à leurs droits, ce qui est souvent le cas pour les peuples autochtones, il y a des lacunes dans le système de santé. Et les services de santé qui existent tendent à ne pas tenir compte des spécificités culturelles et à travailler à l’écart des médecines traditionnelles », a-t-elle ajouté.

Le rapport publié par le Mécanisme indique que l’accès des peuples autochtones à des soins de santé est entravé en raison de pratiques discriminatoires ou d’un manque de services de santé.

« Les États ferment souvent les yeux sur le racisme dans les centres de santé, même lorsqu’il existe des éléments attestant que les peuples autochtones continuent d’être traités de façon discriminatoire », indique le rapport.

Le rapport formule plusieurs recommandations en vue d’améliorer l’accès des peuples autochtones aux soins de santé et les soins eux-mêmes, notamment la création de solutions axées sur la communauté et des mesures de prévention pour les comportements à haut risque, tels que le suicide ; la dissociation par les États entre documents d’identité et accès aux soins de santé, notamment pour les enfants ; et la formation par les États d’agents de santé autochtones ainsi que l’agrément des praticiens de santé autochtones et leur intégration dans les systèmes de soins de santé.

Mme McGlade a indiqué que le rapport sera présenté au Conseil des droits de l’homme d’ici la fin de l’année. En outre, les participants à la conférence de cette année diffuseront les informations contenues dans le rapport dans leurs communautés respectives.

« Ce rapport permet de renforcer la sensibilisation, les connaissances et la détermination (des ONG et des États) de travailler en partenariat dans un cadre axé sur les droits de l’homme », a-t-elle ajouté. « Il contribue à montrer que les peuples autochtones peuvent être les architectes des solutions de leurs propres problèmes. Si nous n’avions pas soulevé cette question, elle ne recevrait pas l’attention voulue. »

De retour en Australie-Occidentale, les suicides de la fille de 10 ans et d’autres membres de peuples autochtones ont entraîné une remise en question et l’action des pouvoirs publics. Les autorités expérimentent actuellement un programme qui fournit une assistance culturellement adaptée visant à réduire le nombre de suicides et à remédier à leurs séquelles sur le reste des communautés. Le Gouvernement s’est également engagé à mettre en œuvre un programme de prévention du suicide à l’échelle du pays, pour un montant de 26 millions de dollars australiens. Il a également prévu d’organiser une discussion à l’échelle du pays sur les causes, et, plus important, sur les solutions à mettre en place.

22 juillet 2016

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