Vanuatu : traduire les normes relatives aux droits de l’homme en actions


Dialoguer avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies peut être une lourde tâche. Il y a de nombreux critères à respecter et, du fait de l’ampleur des informations à communiquer et des sources d’information mises à la disposition des experts de l’ONU, soumettre un rapport à un comité peut être un processus difficile et stressant.

Cela aurait pu être le cas du Vanuatu. Ce petit État insulaire devait présenter il y a peu au Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes un rapport sur les progrès qu’il a accomplis en ce qui concerne l’amélioration des droits des femmes. Par le passé, la délégation ignorait l’ampleur des informations qu’un comité pouvait demander pour s’assurer que le pays s’acquitte des obligations qui lui incombent en matière de droits de l’homme à l’égard des femmes.

Mais cette fois, a indiqué Jenny Tevi, Chef par intérim de la Division des traités et des conventions du Ministère des affaires étrangères du pays, ils étaient prêts.

« Notre délégation était bien préparée et a pu donner des informations à jour au-delà de ce qui avait été soumis par écrit, afin de s’assurer que nos réponses satisfaisaient pleinement les experts », a-t-elle précisé.

Mme Tevi ainsi que 10 autres fonctionnaires ont participé à une formation sur le thème « comment optimiser ses échanges avec les comités d’experts de l’ONU ». Cette formation était organisée par le Bureau régional pour le Pacifique du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies et par ONU-Femmes et le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique. Elle a eu lieu quelques semaines avant que le Vanuatu ne rencontre les experts du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.

L’objectif de cette formation était d’aider les fonctionnaires à mieux gérer le dialogue interactif avec les experts du Comité. Tous les quatre ans, chacun des 189 pays à avoir ratifié la Convention sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes doit démontrer les mesures qu’il a prises en vue d’améliorer la situation des femmes dans le pays en présentant des rapports au Comité.

Au cours de cette formation, les fonctionnaires ont été formés à comprendre les normes internationales relatives aux droits des femmes et à traduire ces normes en mesures concrètes, a expliqué Catherine Phuong, Chef par intérim du Bureau régional pour le Pacifique du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies.

« Notre espoir est que les efforts concertés qui sont déployés et l’engagement ferme des pouvoirs publics permettent que la réalisation des droits des femmes devienne une réalité au Vanuatu et dans le Pacifique de façon générale », a-t-elle précisé.

En outre, il semblerait que cette formation ait aidé la délégation du Vanuatu à faire bonne impression lors de la session d’examen du Comité en février. À l’issue de cet examen, Barbara Bailey, qui est membre du Comité, a indiqué que la délégation maîtrisait parfaitement le processus. Mme Bailey, qui était une personne ressource dans un programme de formation similaire, a précisé que les questions posées aux experts étaient franches et que, lorsqu’il n’y avait pas d’informations disponibles, la délégation s’était montrée ouverte et réceptive à des conseils sur les moyens supplémentaires à mettre en œuvre.

« La délégation a maîtrisé cet exercice de façon exemplaire », a-t-elle indiqué. « Le dialogue a été aisé et constructif des deux côtés de la table. Il est encourageant de voir que les activités de renforcement des capacités menées par le Haut-commissariat aux droits de l’homme et ONU-Femmes peuvent contribuer à un tel résultat et nous espérons que les délégations qui présenteront leur rapport prochainement aborderont leur dialogue avec les comités d’experts avec le même sérieux ».

18 mars 2016

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