Verdict historique dans le procès Habré


Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a salué, ce lundi 30 mai 2016, le verdict prononcé à l’encontre de l’ancien Président du Tchad, Hissène Habré, pour crimes contre l’humanité, exécutions sommaires, torture et viol, par une cour spéciale au Sénégal.

« Après des années de lutte et de nombreux déboires sur le chemin de la justice, ce verdict est aussi historique que durement acquis. J’espère sincèrement qu’aujourd’hui, enfin, les victimes d’Habré pourront ressentir un certain soulagement », a-t-il déclaré.

« Dans un monde meurtri par un flot ininterrompu d’atrocités, les répercussions de ce verdict sont mondiales. Bien qu’il puisse faire l’objet d’un appel, ce verdict envoie un message clair aux personnes responsables de graves violations des droits de l’homme à travers le monde pour leur dire que nul n’est au-dessus de la loi et qu’elles pourraient aussi être traduites en justice pour leurs crimes », a-t-il ajouté.

Suite aux condamnations, par d’autres cours, de l’ancien Président Charles Taylor et du serbe bosniaque Radovan Karadzic, la condamnation et la peine prononcées contre Hissène Habré montrent que même les chefs d’Etat et autres dirigeants qui commettent de terribles crimes auront finalement à rendre des comptes a estimé le Haut-Commissaire.

Zeid Ra’ad Al Hussein a aussi salué l’accord innovant entre le Sénégal et l’Union africaine qui a permis à ce cas d’avancer. « Il s’agit d’un excellent exemple de leadership et d’appropriation régionaux du combat contre l’impunité pour les crimes internationaux », a-t-il déclaré.

« Mon Bureau, qui a activement soutenu ces dernières années les efforts du Sénégal et du Tchad pour que justice soit faite et a suivi le procès, continuera à offrir son soutien aux victimes de violations des droits de l’homme qui, partout dans le monde, tentent d’obtenir justice », a-t-il conclu.

30 mai 2016

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