Le Haut-Commissaire salue le verdict "extrêmement important" prononcé dans l'affaire Karadzic


Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein s’est félicité du verdict prononcé le 21 mars 2016 contre Radovan Karadzic, le Président de la République serbe autoproclamée de Bosnie, par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, le qualifiant d'« extrêmement important ». M. Karadzic a été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

« Vingt et un ans après l’inculpation de M. Karadzic, ce verdict est l’illustration puissante de la détermination implacable de la communauté internationale à obtenir que justice soit faite », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein. « M. Karadzic a orchestré la séquestration, le viol, la torture et le meurtre de milliers de personnes; le bombardement de civils; le siège illicite de Sarajevo ainsi que la destruction et le pillage massif de biens, y compris de lieux de cultes musulmans et catholiques. »

« Son jugement est un symbole puissant – avant tout pour les victimes des crimes commis pendant les guerres en Bosnie-Herzégovine et à travers l'ex-Yougoslavie, mais aussi pour les victimes du monde entier. Aussi puissants soient-ils, aussi convaincus soient-ils de leur invulnérabilité, peu importe le continent qu'ils habitent, les auteurs de tels crimes doivent savoir qu’ils n’échapperont pas à la justice. Ayant vu de mes propres yeux les effets des crimes terribles pour lesquels M. Karadic vient d’être condamné, je salue les conclusions du tribunal. »

Zeid Ra’ad Al Hussein, qui était membre de la Force de protection des Nations Unies en ex-Yougoslavie de 1994 à 1996, a remarqué que la condamnation prononcée ce jour pourrait faire l’objet d’un appel. Toutefois, a-t-il dit, « ce verdict historique devrait constituer un tournant. Le déguisement utilisé par M. Karadzic pendant ses 14 années de fugue a été retiré; le verdict prononcé aujourd'hui lève le voile qui dissimulait ses manipulations politiques, et le révèle tel qu'il était: l'architecte d’actes de destructions et de meurtres à grande échelle. Il est temps de s’assurer que son héritage empoisonné cesse de faire peser sur le peuple de l'ex-Yougolavie un fardeau de griefs profonds, de secrets et de mensonges. La vérité sans fard sur les crimes commis lors de ce conflit effroyable - si méticuleusement établie par le Tribunal - doit être pleinement reconnue, inscrite dans l’histoire et ses victimes doivent obtenir les réparations appropriées. »

Le Haut-Commissaire a ajouté que le procès de M. Karadzic « devrait donner matière à réfléchir aux dirigeants, en Europe et ailleurs dans le monde, qui cherchent à exploiter les sentiments nationalistes et à se servir des minorités comme boucs émissaires pour des problèmes sociaux plus larges. « Les discours qui incitent à la haine, à la discrimination et à la violence sont une force inflammable. Dans les pays de l’ex-Yougoslavie, nous avons vu le terrible carnage qui en a résulté », a-t-il déclaré.

Aucune des 161 personnes inculpées par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie n’est parvenue à échapper à la justice, a noté le Haut-Commissaire. « Je salue la persévérance méticuleuse de tous les procureurs, enquêteurs, juges et avocats de la défense, et leur attachement profond à garantir que justice soit rendue pour les peuples de l'ex-Yougoslavie. Le message de ce procès est que nul n’est au-dessus de la loi.

21 mars 2016

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