Le respect des droits de l’homme est essentiel pour prévenir et combattre l’extrémisme violent


L’extrémisme violent est un phénomène mondial qui n’est pas réductible à une région, à une nationalité ou à une religion en particulier, a déclaré le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Mais tous les extrémistes ont le même but – diviser pour conquérir.

« L’objectif des extrémistes violents n’est pas nécessairement de s’en prendre à nous – mais que nous nous opposions les uns les autres », a ajouté le Secrétaire général. « Leur mission première n’est pas l’action, mais la réaction. Le but est de diviser les communautés. Le but est de faire régner la peur. »

M. Ban a prononcé ces mots au cours de la Conférence de Genève sur la prévention de l’extrémisme violent. Cette conférence de deux jours, organisée sous les auspices du Gouvernement suisse et de l’Organisation des Nations Unies, a réuni des experts de haut niveau et des représentants de divers organismes des Nations Unies ainsi que des fonctionnaires, qui se sont penchés sur les mesures à prendre pour faire fond du Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme lancé par le Secrétaire général.

Ce plan met en avant une approche globale pour une action à l’échelon mondial, régional et national. Les experts ont fait observer que les extrémismes violents étaient parvenus à recruter plus de 30 000 combattants étrangers issus de plus de 100 États. Le plan d’action est axé sur cinq points, notamment la prévention, la mise en oeuvre de politiques par les États et un appui fourni par l’ONU.

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies Zeid Ra’ad Al Hussein a indiqué que ce n’était pas avec plus de violence qu’il fallait combattre contre l’extrémisme, mais par le respect et la promotion des droits de l’homme.

« Pour lutter contre la violence, il faut aller au-delà de la violence – qu’elle soit légale ou non », a-t-il indiqué. « Si notre action est guidée par la raison et la justice, nous pouvons rétablir un sentiment fondamental de loyauté et d’appartenance dans nos sociétés. Nous devons lutter contre la discrimination et promouvoir l’égalité. L’égalité d’accès pour tous aux droits économiques, sociaux et culturels contribuera à immuniser les individus et les sociétés contre l’extrémisme violent. »

« Si nous voulons renforcer la résilience des communautés et leur aptitude à résister à l’extrémisme, nous devons nous départir d’une approche uniquement axée sur la sécurité », a ajouté M. Zeid. « Et nous devons mettre les droits de l’homme au centre de notre action, en promouvant la résilience au sein des communautés touchées, où elles sentent qu’elles ont suffisamment d’espace pour s’exprimer librement et participer pleinement à la vie politique et aux affaires publiques. »

« L’extrémisme violent n’est pas invincible », a-t-il déclaré. « Il est possible de remédier aux conditions qui contribuent à créer ce phénomène. Nous devons faire en sorte d’établir les responsabilités pour les violations des droits de l’homme et les actes de violence qui ont été commis par le passé, et veiller à ce que les victimes obtiennent réparation, pour guérir les blessures qui ont donné lieu à des sentiments d’injustice et à du ressentiment ».

8 avril 2016

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