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Haut-Commissariat aux droits de l’homme

Notes pour la presse sur le Yémen, le Cambodge et le Guatemala

Point de presse : Yémen, Cambodge et Guatemala

25 août 2017

Porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies :  Liz Throssell
Lieu : Genève
Date : 25 août 2017

(1) Yémen

Notre bureau au Yémen a recueilli de nouvelles informations sur le bombardement aérien des Forces de la coalition qui a frappé un hôtel dans le gouvernorat de Sanaa, le mercredi 23 août. Pour le moment, nous pouvons confirmer que 33 civils ont été tués et 25 blessés lors de l’attaque.

Selon les témoins interrogés par notre bureau, deux frappes aériennes se sont succédé vers 15h30-16h00, heure locale, sur le village de Bayt Al Athri dans le district d’Arhab. La première frappe a touché un poste de sécurité gardé par les Houthis, mais il n’y aurait eu aucune victime.

Quelques minutes plus tard, un deuxième bombardement aérien a frappé l’hôtel Istirahat Al Shahab, détruisant le deuxième étage et endommageant sérieusement le reste du bâtiment. Les témoins ont déclaré que 67 personnes se trouvaient dans l’hôtel au moment de l’attaque. L’hôtel est situé sur une route principale à peine à une dizaine de mètres du poste de contrôle.

Dix blessés ont été transférés vers l’hôpital d’Al Awmara et 15 autres personnes, dont certaines grièvement blessées, ont été dirigées vers l’hôpital de Sanaa, à une quarantaine de kilomètres.

Le 23 août, à 5h30, une frappe des Forces de la coalition a aussi touché une maison dans le village de Raimat Hameed, dans le district de Sanhan, également situé dans le gouvernorat de Sanaa, tuant six civils et en blessant 13 autres. Les témoins à qui nous avons parlé ont affirmé que quatre des personnes décédées étaient dans la maison au moment de la frappe, alors que les deux autres victimes se trouvaient à l’extérieur dans un champ voisin. La maison était située à quelque 400 mètres d’un poste de sécurité Houthi.

Le 22 août, vers 5h du matin, une femme et deux enfants ont été tués et deux femmes et deux enfants blessés lors d’une frappe aérienne menée par la coalition saoudienne, qui a détruit une maison dans le village de Talan, à une vingtaine de kilomètres de la frontière entre le Yémen et l’Arabie saoudite, dans le gouvernorat de Sa’dah.

Dans chacun de ces cas, où des civils ont été tués ou blessés, les témoins ont précisé qu’aucune alerte n’avait annoncé une attaque imminente.

Les attaques qui ciblent des civils ou des biens civils sont interdites par le droit international humanitaire, de même que les attaques aveugles et disproportionnées. Nous rappelons à toutes les parties au conflit, y compris la Coalition, leur devoir de respecter pleinement le droit international humanitaire. Nous appelons les autorités concernées à conduire des enquêtes crédibles, approfondies et impartiales sur ces incidents.

Dans la semaine du 17 au 24 août, 58 civils ont été tués, dont 42 par la Coalition menée par l’Arabie saoudite, comme je l’ai déjà mentionné. Des hommes armés inconnus ont tué 12 civils et les Comités populaires affiliés aux Houthis ont tué quatre civils. Le total de victimes cette semaine dépasse le nombre de civils tués durant l’ensemble du mois de juin, avec 52 morts, et du mois de juillet avec 57 victimes civiles.

Depuis mars 2015, le HCDH a recensé 13 829 victimes civiles dont 5 110 morts et 8 719 blessés. Ces chiffres concernent les victimes qui ont fait l’objet d’une vérification individuelle par le bureau des droits de l’homme des Nations Unies au Yémen. Le nombre total est probablement plus élevé.

(2) Cambodge

Nous sommes inquiets de l’adoption expéditive d’un éventail de mesures ministérielles et administratives qui ont entraîné la suspension de licences et de programmes radio, menacé de fermeture un important journal en langue anglaise et dissous une ONG étrangère. A l’approche des élections générales de l’année prochaine, nous appelons le gouvernement à garantir pleinement les droits civils et politiques et la liberté des médias.

Une ONG étrangère, le National Democratic Institute – Institut national démocratique – a été dissoute par ordonnance ministérielle le 23 août 2017; il s’agissait de la première interdiction décidée au titre de la loi de 2015 sur les associations et les organisations non gouvernementales. Le personnel international de l’ONG a reçu l’ordre de quitter le pays dans les sept jours. L’organisation a travaillé sur les élections avec des partis représentant tout l’éventail politique. Trois organisations cambodgiennes qui se consacrent aux droits de l’homme et aux élections ont également été la cible d’enquêtes fiscales, au début du mois. Nous craignons que le NDI n’ait été interdit sans un procès en bonne et due forme et nous nous inquiétons de la détérioration générale de l’environnement dans lequel opèrent les défenseurs des droits de l’homme et la société civile au Cambodge.

Cette semaine, le gouvernement a également révoqué les licences de certaines fréquences radio, bloquant ainsi les émissions diffusées par des médias et des organisations nationales de défense des droits de l’homme indépendantes, par les stations de radio américaines Free Asia et Voice of America et le principal parti d’opposition. L’un des principaux journaux indépendants de langue anglaise, le Cambodia Daily, a jusqu’au 4 septembre pour payer 6,3 millions de dollars de prétendus arriérés d’impôts, faute de quoi il sera interdit. Le journal a réclamé un contrôle fiscal transparent et le droit d’interjeter appel, mais ses demandes sont restées lettre morte.

Nous demandons au gouvernement royal du Cambodge de garantir une procédure régulière pour l’ensemble des mesures adoptées, notamment le droit d’appel, et de respecter la liberté d’association et d’expression.

(3) Guatemala

Nous souhaitons renouveler notre soutien aux actions de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala et au cabinet de la ministre de la Justice, respectivement sous l’autorité d’Ivan Velàsquez et Thelma Aldana.

Nous faisons nôtres les marques de soutien formulées par le Secrétaire général à l’intention de M. Velàsquez, plus récemment par l’intermédiaire de son porte-parole, mercredi.

Pour le HCDH, la Commission, connue sous les initiales espagnoles CICIG, est un allié essentiel dans la promotion des droits de l’homme et dans l’intensification des efforts déployés par l’État pour garantir un système judiciaire indépendant et impartial dans le pays. 

La CICIG, collaborant avec le cabinet de la ministre de la Justice du Guatemala, a ouvert des enquêtes et des poursuites sur les organisations criminelles qui ont infiltré les institutions gouvernementales dans les trois pouvoirs de l’État.

Dans le contexte actuel du Guatemala, il est nécessaire de garantir la protection des institutions judiciaires et des militants des droits de l’homme, notamment ceux qui luttent contre la corruption et l’impunité.

FIN

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Liz Throssell (+41 22 917 9466 / [email protected]) ou Rupert Colville (+41 22 917 97 67 / [email protected])

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