Les enfants offrent leurs points de vue et leurs conseils durant la réunion du Comité des droits de l’enfant à Samoa


(Une jeune fille en robe traditionnelle s’adresse aux membres du Comité au cours de la réunion organisée à Samoa. © Photo ONU / Alvaro Hoyos)

Les changements climatiques ont eu un énorme impact sur la vie et la culture des enfants des îles du Pacifique. L'élévation du niveau de la mer menace les habitations, les récoltes et même la culture, a déclaré Yasminna, une jeune militante écologique.

« La hausse du niveau de la mer a déjà un impact sur nos frères et sœurs des îles », a déclaré Yasminna des Samoa américaines. « Pour l'île de Kiribati, qui est l'une des plus basses, c'est non seulement ses habitations, mais aussi sa culture qui est en danger à cause de la migration climatique. On estime qu'un changement de domicile sur sept à Kiribati est attribué aux changements environnementaux. Le fait est que le climat a toujours évolué, mais à cause de nous, il évolue trop vite pour que nous puissions le gérer ».

Yasminna fait partie de plus de 90 jeunes défenseurs des droits de l'homme ayant participé et pris la parole devant le Comité des Nations Unies pour les droits de l'enfant lors de sa récente réunion à Samoa. La séance, qui a eu lieu au début du mois de mars, était la première réunion du Comité organisée en dehors de Genève. Elle fut l'occasion pour les responsables gouvernementaux, des organismes des Nations Unies, la société civile et des enfants de discuter de la situation des droits de l'enfant dans le Pacifique.

« Cette session a été pour le Comité une formidable occasion de se rendre mieux compte du contexte régional des États des îles du Pacifique », a déclaré Ann Skelton, membre du Comité.

Le Comité est chargé d'examiner les progrès réalisés par les États dans la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l'enfant. Lors de la réunion qui a eu lieu à Samoa, les participants se sont penchés sur la situation des droits de l'enfant dans les Îles Cook, les États fédérés de Micronésie et Tuvalu.

Le Pacifique est la région la plus touchée par son éloignement avec Genève, où le Comité se réunit habituellement. Depuis 2016, six des sept examens de la situation dans les États de la région ont été menés par vidéoconférence, avec une participation limitée de la société civile, et aucun enfant n'y a participé. 

Princess, une jeune animatrice des réunions du Comité âgée de 13 ans, a salué le fait que les enfants participant à ces réunions aient eu enfin la chance de faire entendre leur voix.

« Normalement, les conférences de cette nature sont conçues pour les adultes », a-t-elle indiqué. « Nous sommes heureux d'avoir l'occasion de nous exprimer ouvertement, d'être les principaux orateurs de nombreux événements et de discuter des enjeux qui nous touchent le plus. C'est un sentiment incroyable. »

Avec ses 196 ratifications, la Convention des droits de l'enfant est l'accord relatif aux droits de l'homme le plus universellement accepté. Le Président du Comité, Luis Pedernera, espère que cette rencontre à Samoa aura permis non seulement de renforcer la visibilité de la Convention dans le Pacifique, mais aura également encouragé les enfants à continuer de défendre leurs droits dans la région.

« Nous espérons que les enfants comprennent à présent à quel point le Comité apprécie leur contribution, et que leurs points de vue jouent un rôle nécessaire et précieux dans notre travail », a-t-il indiqué. « J'espère que ce n'est que le début d'une participation solide et importante des enfants de la région dans nos activités. »

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16 mars 2020

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