Les dispositifs de sécurité dans le secteur extractif doivent être transparents et contrôlés


Menaces. Usage excessif de la force. Violence sexuelle et harcèlement. Exécutions extrajudiciaires. Selon un rapport des Nations Unies rédigé par des experts, les allégations de violation des droits de l'homme par des sociétés militaires et de sécurité privées travaillant pour les entreprises extractives sont multiples.

Groupe de travail au Conseil des droits de l’homme.Un manifestant  autochtone d’Amérique lève les bras alors que son groupe est menacé par des agents de sécurité privée sur le site de construction d’un oléoduc aux États-Unis. © ROBYN BECK / AFP

« Certains acteurs de la sécurité privée travaillant pour des entreprises extractives font l'objet d'allégations de violation des droits de l'homme, notamment la répression des individus s'opposant aux projets d'extraction », a annoncé Chris Kwaja, président du Groupe de travail sur l'utilisation de mercenaires. « Les peuples autochtones, les défenseurs des droits de l'homme liés à l'environnement et d'autres droits de l'homme, les femmes et les mineurs artisanaux sont particulièrement exposés au risque de violations. »

Dans son rapport présenté au Conseil des droits de l'homme ce mois-ci, le Groupe de travail met en évidence le lien funeste qui existe entre les défenseurs des droits environnementaux et fonciers, et les entreprises extractives. En effet, le secteur de l'exploitation minière et des activités extractives enregistre le deuxième plus grand nombre de décès, dont une partie est causée par des acteurs de sécurité privée.

En outre, M. Kwaja estime que trop peu de dispositions sont prises pour que les sociétés militaires et de sécurité privées répondent de leurs actes.

« En raison du manque de transparence et de la complexité des dispositifs de sécurité sur les sites d'extraction, il est souvent difficile d'identifier ou de différencier les acteurs de sécurité et de déterminer leurs rôles et responsabilités respectifs, ainsi que les rapports hiérarchiques », a-t-il expliqué.

Selon Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, il est indispensable que les entreprises fassent preuve de la diligence voulue pour prévenir d'éventuelles atteintes aux droits de l'homme. Dans un discours prononcé plus tôt cette année sur les chaînes d'approvisionnement extractives responsables, elle a exhorté tous les acteurs concernés à ne pas perdre de vue « l'homme » dans les droits de l'homme.

« Nous devons continuer à concentrer nos efforts sur la dignité et les droits des êtres humains concernés », a-t-elle insisté. « Une personne qui vit loin des caméras dans une communauté traditionnelle au bord d'une rivière a exactement les mêmes droits qu'un PDG dans une tour de verre. »

Le Groupe de travail appelle les États à renforcer la réglementation et le contrôle des sociétés militaires et de sécurité privées. Il demande également que les accords passés entre les États et les entreprises extractives, y compris sur les aspects liés à la sécurité, délimitent clairement les rôles et les champs d'action, et que ces accords soient rendus publics.

« Une plus grande transparence concernant les dispositions en matière de sécurité et l'intégration de normes relatives aux droits de l'homme dans les politiques et contrats liés à la sécurité seraient un pas dans la bonne direction », a conclu M. Kwaja.

25 septembre 2019

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