Une crise mondiale qui montre l’intérêt de travailler ensemble


Kely Brunner, spécialiste des droits de l'homme au Honduras, devant une affiche promouvant le travail des défenseurs des droits de l'homme.

Le Honduras, un pays d'Amérique centrale, a enregistré son premier cas d'infection à la COVID-19 au début du mois de mars 2020. Il a depuis imposé des mesures d'urgence, dont la fermeture d'entreprises et l'obligation de respecter l'éloignement physique et le confinement.

En date du 30 juillet, 40 460 cas de COVID-19 ont été recensés dont 1 214 décès, indiquant une tendance à la hausse du nombre de cas et de décès depuis le signalement du premier cas le 12 mars dernier.

Kely Brunner est une spécialiste des droits de l'homme qui travaille principalement avec des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes sur des questions liées à la participation publique. Selon elle, le virus a rendu le travail de protection des droits de l'homme de ces communautés plus difficile.

Comment la COVID-19 a-t-elle affecté votre travail ?

Notre travail avec ces communautés et les défenseurs des droits de l'homme se fait désormais totalement à distance. Nous communiquons de manière beaucoup plus virtuelle et nous dépendons bien plus de ces technologies, étant donné que les informations que nous recueillons sur le terrain sont des informations de première main. D'une certaine manière, nous nous sommes rapprochés non seulement de la société civile mais aussi des autorités et des institutions nationales des droits de l'homme. Nous sommes en contact permanent avec eux et nous offrons d'autres moyens de fournir une assistance technique.

À quels enjeux importants devez-vous faire face au Honduras ?

Le Honduras doit affronter beaucoup d'obstacles. Le pays fait face à des difficultés liées aux droits économiques, sociaux et culturels, comme l'accès à la santé, à un logement convenable, ou encore à des conditions de logement adéquates. Nous faisons face à des problèmes de discrimination et de stigmatisation, en raison du manque de connaissances de la part de la population. Et par-dessus tout, de nombreuses communautés qui se trouvaient déjà en situation de vulnérabilité sont encore plus vulnérables à cause de la crise. Par exemple, la communauté LGBTI est particulièrement affectée par la discrimination. Les migrants font face à la discrimination et à la stigmatisation, de même que de nombreuses autres communautés.

Que fait votre bureau pour protéger et appuyer les droits de l'homme durant la pandémie ?

Nous avons surtout de grandes capacités en matière de plaidoyer, en particulier au niveau national et avec les autorités aux plus hauts niveaux. En un sens, nous avons donc joué le rôle de défenseur et fourni une assistance technique auprès des autorités, de manière à pouvoir lutter contre tous ces obstacles de manière structurelle et plus profonde.

Pourquoi est-il important de soutenir les droits de l'homme pendant cette pandémie ?

Nous assistons à une crise mondiale. Nous avons besoin d'acteurs mondiaux pour y faire face à l'échelle internationale. Par conséquent, nous sommes tributaires de la solidarité internationale et nous devons considérablement la renforcer ; il s'agit un effort commun de la part de tous les acteurs à l'échelle mondiale.

4 août 2020


Voir aussi