La COVID-19 et les jeunes : des mesures urgentes sont nécessaires pour lutter contre les effets « sévères et durables » de la pandémie


© Bruna Araujo sur Unsplash

Une nouvelle étude publiée à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse révèle les effets « systématiques, profonds et disproportionnés » de la COVID-19 sur la jeunesse.

Selon cette étude, qui repose sur les résultats d'une enquête mondiale sur la jeunesse et la COVID-19, les jeunes femmes, les plus jeunes et les jeunes des pays à faible revenu ont été particulièrement touchés par la pandémie.

L'étude a été menée en avril et mai 2020 par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), en collaboration avec l'Organisation internationale du Travail et d'autres partenaires. Environ 12 000 jeunes âgés de 18 à 29 ans issus de 112 pays ont participé à l'étude.

S'exprimant lors d'un événement en ligne pour le lancement de l'étude, Todd Howland, Chef du Service du développement et des questions économiques et sociales du HCDH, a déclaré : « Presque personne en vie aujourd'hui n'a vécu sa jeunesse pendant une pandémie mondiale. Cette crise a servi de loupe, mettant au premier plan les problèmes sous-jacents des jeunes. J'espère sincèrement qu'elle sera la dernière crise la plus importante de votre vie. »

Les droits fondamentaux des jeunes menacés

Selon l'étude, les répercussions des mesures strictes de confinement dans de nombreux pays ont eu un impact significatif sur l'accès des jeunes à leurs droits, d'autant plus que la liberté de circulation a été restreinte partout dans le monde.

Les participants de l'étude ont été interrogés sur l'effet de la COVID-19 sur leur droit de participer aux affaires publiques ou à des manifestations pacifiques. Un tiers d'entre eux ont remarqué un impact significatif sur ce droit, d'autant plus que la vague de manifestations menées par des jeunes l'année dernière avait été brutalement interrompue avec le début de la pandémie. Si les initiatives en ligne sont aujourd'hui fréquemment utilisées pour donner la parole aux jeunes, l'inégalité d'accès à Internet fait que beaucoup n'ont pas cette possibilité.

Le manque d'accès au logement est un autre problème soulevé dans l'étude. Près d'une personne sur trois ayant cessé de travailler en raison de la pandémie a déclaré que son droit au logement avait été affecté.

Parmi les jeunes interrogés, 27 % ont également indiqué que la pandémie avait eu un impact sur leur droit d'exercer leur liberté de religion ou de croyance, cet impact ayant été ressenti plus fortement par les jeunes des pays à faible revenu.

Selon l'étude, le droit aux loisirs a été affecté de manière plus marquée que tout autre droit. Pour 68 % des personnes interrogées, des « limitations importantes » ont été signalées en ce qui concerne les activités de loisirs, notamment les rencontres avec des amis et des activités sportives et culturelles.

Enfin, près d'un jeune sur quatre (24 %) a signalé un impact significatif sur son droit à l'accès à l'information. Cependant, face à la désinformation qui ne cesse de sévir depuis le début de la pandémie, y compris sur les médias sociaux, de nombreux jeunes du monde entier ont fait appel à leur créativité pour contrer sa propagation en aidant à sensibiliser leurs communautés.

« Je lutte contre la propagation d'informations erronées et de fausses nouvelles sur la COVID-19 » a déclaré Nikhat Akhtarp, une participante de l'étude originaire d'Inde. « Je demande à mes amis et à ma famille de se comporter humainement et de manifester leur amour et leur gentillesse à nos personnels de santé et de sécurité : nos docteurs, policiers, éboueurs et tous ceux qui se battent en première ligne contre la COVID-19. »

L'impact sévère de la COVID-19 sur l'éducation et l'emploi des jeunes

Selon l'étude, la pandémie a eu des « effets dévastateurs » sur l'éducation et la formation des jeunes. Plus de 70 % des jeunes qui étudient ont été affectés par la fermeture d'écoles, d'universités et de centres de formation, et environ 65 % des jeunes déclarent avoir moins appris depuis le début de la pandémie.

Les jeunes travailleurs ont également ressenti le lourd tribut de la COVID-19 sur le secteur de l'emploi : un employé sur six avant la pandémie a cessé de travailler ; et pour ceux qui restent employés, les heures de travail ont diminué en moyenne de 23 %. Quelque 41 % des jeunes ont vu leurs revenus diminuer. Les répercussions sont plus graves parmi les groupes d'âge plus jeunes, près d'un quart des jeunes âgés de 18 à 24 ans ayant déclaré avoir cessé de travailler.

La « dégradation » du bien-être mental des jeunes

La COVID-19 a considérablement perturbé l'apprentissage et l'emploi, ce qui a entraîné une dégradation notable de la santé mentale de nombreux jeunes.

Selon l'étude, près d'une personne sur cinq souffre probablement d'anxiété ou de dépression, les niveaux de bien-être mental les plus bas étant enregistrés chez les jeunes femmes et les jeunes de 18 à 24 ans.

La parole et l'action des jeunes sont cruciales pour « reconstruire en mieux »

En dépit des effets considérables de la COVID-19 ressentis par les jeunes du monde entier, l'étude a révélé que ces derniers participent activement à l'action sociale, 31 % d'entre eux étant engagés dans le bénévolat et 27 % ayant fait des dons pour faire face à la pandémie.

Afin d'amplifier les paroles et les actions des jeunes, l'étude plaide en faveur d'investissements « urgents, ciblés et plus intelligents » dans des emplois décents pour les jeunes, dans la protection des droits fondamentaux des jeunes, dans des programmes d'emploi et de formation, dans la protection sociale et les allocations de chômage, et dans le renforcement des services de santé mentale.

M. Howland a affirmé que la voix des jeunes était indispensable et a exhorté les jeunes à défendre leurs droits et à demander aux décideurs de veiller à ce que leurs droits de l'homme soient prioritaires dans le processus de rétablissement face à la pandémie, et par la suite. « Ne vous sous-estimez pas », a-t-il indiqué. « Vous avez un rôle à jouer non seulement à l'avenir, mais aussi dans le présent, et vous avez le droit d'influencer les décisions qui affectent votre vie. »

12 août 2020

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