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Notes de conférence de presse Haut-Commissariat aux droits de l’homme

Gaza : une situation « tout simplement catastrophique »

26 janvier 2024

Des Palestiniens et Palestiniennes fuyant Khan Younis en raison de l’opération terrestre menée par Israël, dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas, se dirigent vers Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 25 janvier 2024. © REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

A partir de

Ajith Sunghay, chef du bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme pour le Territoire palestinien occupé

Lieu

Amman

La population civile continue de faire les frais de l’escalade à Gaza. La situation est tout simplement catastrophique.

Samedi dernier, j’étais à Khan Younis, où j’ai rencontré des gens frustrés, en colère et, à juste titre, méfiants. Ils m’ont pourtant parlé, ils m’ont expliqué leur situation, ils m’ont traité avec gentillesse et respect face à une situation brutale et inadmissible. Ils m’ont raconté comment ils ont dû fuir leur foyer pour trouver refuge dans des camps de fortune surpeuplés.

Que les enfants ne vont pas à l’école depuis des mois et leurs établissements scolaires sont détruits, tout comme les universités, anéantissant tout espoir pour l’avenir. Le coût personnel pour chaque individu, chaque famille, qui vient s’ajouter au meurtre de leurs proches. Des familles déchirées, des femmes victimes de violences, des documents détruits, des familles et des communautés déracinées, les problèmes de santé qui s’aggravent.

À Rafah, j’ai vu des personnes déplacées qui avaient reçu l’ordre des autorités israéliennes de quitter leurs foyers, sans aucune solution pour les loger, et qui se retrouvent littéralement à la rue, au milieu des eaux usées et dans une situation de désespoir propice à une rupture totale de l’ordre existant.

Et même au milieu de tout cela, les ONG humanitaires et de défense des droits humains, nos homologues à Gaza, poursuivent avec courage leur travail, en s’efforçant de garantir que les violations des droits humains soient correctement enregistrées et que l’aide humanitaire se poursuive, même si leur propre vie s’effondre.

Ces derniers jours, ces personnes chaleureuses, héroïques et très éprouvées avec qui je me suis entretenu se sont retrouvées au milieu de violences de plus en plus intenses, dues aux frappes aériennes israéliennes et aux combats de rue entre les Forces de défense israéliennes et les groupes armés palestiniens. Des attaques ont eu lieu presque continuellement, notamment contre des centres médicaux et des établissements scolaires à Khan Younis, des bâtiments des Nations Unies, ainsi que des zones résidentielles.

Les personnes à qui j’ai parlé craignent que ces violences extrêmes ne se propagent à Rafah, ce qui aurait des conséquences catastrophiques pour les quelque 1,3 million de personnes qui s’y trouvent déjà.

Les tirs des Forces de défense israéliennes se poursuivent dans les zones qu’elles ont unilatéralement désignées comme « sûres », notamment à Al Mawasi, dans l’ouest de Khan Younis.

Même après les explosions signalées à Al Mawasi les 22 et 23 janvier, les Forces de défense israéliennes ont continué à ordonner aux habitants situés dans l’ouest de Khan Younis de s’y rendre. L’ordre, qui a été donné à plusieurs reprises les 23, 24 et 25 janvier, toucherait plus d’un demi-million de personnes ainsi que trois hôpitaux qui ont subi de lourdes attaques et ont été assiégés : l’hôpital An Nassr, l’hôpital Al Amal et l’hôpital de campagne jordanien. Je crains fort que ces ordres d’évacuation massive chaotiques ne permettent pas d’assurer la sécurité de la population civile palestinienne et la placent au contraire dans des situations de plus en plus dangereuses.

Les attaques contre les hôpitaux, les écoles et d’autres lieux de refuge ont entraîné sans cesse le déplacement de Palestiniens et Palestiniennes dans des zones de plus en plus restreintes, avec un accès de plus en plus limité aux produits de base nécessaires pour survivre. Un tel manquement est contraire aux obligations d’Israël en vertu du droit international.

Ayant moi-même entendu les témoignages de celles et ceux qui ont enduré tant de douleur et de souffrance, je suis très, très inquiet. J’ai bien peur que beaucoup d’autres civils ne meurent. La poursuite des attaques contre des structures spécifiquement protégées, telles que les hôpitaux, tuera des civils et aura un impact supplémentaire et massif sur l’accès aux soins de santé, sur la sûreté et sur la sécurité du peuple palestinien.

Nous sommes également très inquiets face aux effets du temps pluvieux et froid à Gaza, qui était tout à fait prévisible à cette époque de l’année et qui risque de rendre une situation déjà insalubre complètement invivable pour la population. La plupart des gens n’ont ni vêtements chauds ni couvertures. Le nord de Gaza, où les bombardements des Forces de défense israéliennes se poursuivent, est à peine accessible, ne serait-ce que pour fournir une aide humanitaire de base.

Le mépris apparent du droit international doit cesser. La violence doit cesser. L’aide humanitaire doit être acheminée sans entrave à celles et ceux qui en ont besoin. Nous exhortons à un cessez-le-feu immédiat et à la libération des otages, et demandons une solution politique aux causes de ce conflit qui respecte et garantisse les droits des populations palestinienne et israélienne.

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