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Communiqués de presse Conseil des droits de l’homme

LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME CONCLUT LE DÉBAT SUR LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME, LE DROIT À LA SANTÉ ET LES SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES

29 mars 2007

Conseil des droits de l'homme
MATIN

29 mars 2007

Ouvrant un débat général, plusieurs délégations se préoccupent de la situation des droits de l'homme au Zimbabwe


Le Conseil des droits de l'homme a tenu ce matin un débat général sur des «questions connexes» au cours duquel de très nombreuses délégations se sont inquiétées de la situation des droits de l'homme au Zimbabwe. Le Conseil des droits de l'homme avait auparavant achevé le débat interactif engagé hier après-midi avec les experts chargés, respectivement, des questions relatives aux défenseurs des droits de l'homme, au droit de jouir du meilleur état de santé possible, et aux droits de l'homme et les sociétés transnationales.

Ouvrant un débat sur des questions diverses se rapportant à ses travaux, le Conseil a notamment entendu de très nombreuses délégations déplorer la répression qui frapperait actuellement les opposants au Zimbabwe, en particulier l'arrestation du chef de l'opposition M. Morgan Tsvangirai, et les violations du droit à la liberté d'opinion et de réunion, notamment, qui seraient en train d'être commises dans ce pays. Les délégations ont appelé le Gouvernement du Zimbabwe à accueillir le Rapporteur spécial sur la torture et le Rapporteur spécial sur la liberté d'expression, à engager un dialogue avec l'opposition et à mettre un terme aux violations des droits de l'homme. Quelques délégations ont estimé à ce sujet que les problèmes africains doivent être traités dans le contexte africain, et que le rôle du Conseil des droits de l'homme devrait se borner à soutenir les initiatives régionales à ce sujet.

Les États suivants ont fait des déclarations dans le cadre du débat général: Argentine (au nom de plusieurs pays), Allemagne (au nom de l'Union européenne), Pays-Bas, Royaume-Uni, France, Mexique, Suisse, Ghana, Japon, Cuba, Afrique du Sud, Algérie, Suède, Irlande, Zimbabwe, Chili, Australie, Hongrie, Slovaquie, Portugal, Luxembourg, Belgique, Norvège (au nom des pays nordiques), Bulgarie, États-Unis, Iran, Lesotho, Tanzanie, Danemark, Costa Rica, République centrafricaine, Belarus, Libye et République démocratique du Congo.

Auparavant, l'Autriche, la République de Corée, l'Ouganda, l'Afrique du Sud, le Portugal, l'Algérie, le Danemark et la Colombie ont participé à la fin du débat entamé hier avec les détenteurs de mandats chargés des questions relatives aux défenseurs des droits de l'homme, au droit de jouir du meilleur état de santé possible, et aux droits de l'homme et les sociétés transnationales. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) ont aussi fait des déclarations, de même que les organisations non gouvernementales suivantes: Consejo Indio de Sud America; Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP); Internationale démocrate de centre; Commission internationale de juristes; Front Line, the International Foundation for the Protection of Human Rights Defenders; Organisation mondiale contre la torture; Service international pour les droits de l'homme; Amnesty International; et l'Alliance internationale des femmes.

Plusieurs délégations ont insisté sur l'importance qu'il convient d'accorder au respect des droits des personnes vivant avec le sida, à la promotion de la santé génésique et à la notion d'accès universel aux soins. Des représentants se sont émus du sort tragique des près de deux millions d'Iraquiens réfugiés dans leur propre pays ou à l'étranger, particulièrement du point de vue du respect de leur droit à la santé. Des intervenants ont estimé que le manque de cadre juridique et de mécanismes de réparation, ainsi que l'impunité persistante sont les obstacles principaux à l'instauration d'un environnement propice aux activités des défenseurs des droits de l'homme. Des intervenants ont dénoncé la répression contre des militants des droits de l'homme à Cuba, en Iran et en Ouzbékistan, en particulier.

M. John Ruggie, Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question des droits de l'homme et des sociétés transnationales et autres entreprises, a conclu ce débat en répondant aux questions et commentaires des membres du Conseil.


Le Conseil reprend ses travaux cet après-midi, à 15 heures, afin de poursuivre son débat général sur des questions diverses et se pencher en particulier sur les questions de consolidation institutionnelle. Le Conseil doit clore sa session demain, vendredi 30 mars, avec l'adoption d'une série de résolutions et décisions sur des questions examinées au cours de la session.


Fin du dialogue interactif sur les droits de l'homme et les sociétés transnationales, le droit à la santé et les défenseurs des droits de l'homme

M. DANIEL CHLADEK (Autriche) a remercié M. Paul Hunt, le Rapporteur spécial sur le droit de jouir du meilleur état de santé possible pour sa présentation et souhaité avoir quelques précisions s'agissant de sa recommandation d'assurer une formation dans le domaine des droits de l'homme pour tous les professionnels de la santé. Étant donnée la complexité du droit de la santé, quels aspects de ce droit devraient faire partie de ces formations, a-t-il demandé? Il a en outre souhaité savoir dans quelles circonstances les professionnels de la santé pourraient être confrontés aux problématiques relatives aux droits de l'homme dans leur travail quotidien.

M. PIL-WOO KIM (République de Corée) a remercié Mme Hina Jilani, Représentante spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme pour son rapport, estimant que les défenseurs des droits de l'homme jouent, partout dans le monde, un rôle capital pour la protection et la promotion des droits de l'homme. Leur mode de vie lui-même les rend cependant vulnérables à toutes sortes de politiques d'oppression. Le représentant a estimé à cet égard que la Rapporteuse spéciale a eu raison de montrer ces dangers, en particulier ceux encourus par les défenseurs des droits des peuples autochtones et des minorités. Le manque de cadre juridique et de mécanismes de réparation, l'impunité persistante sont les obstacles principaux à l'instauration d'un environnement propice aux activités des défenseurs des droits de l'homme. À cet égard, la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'homme est appelée à guider les discussions du Conseil, a estimé le représentant, de même que la Représentante spéciale doit continuer à remplir sa mission importante.

MME CISSY TALIWAKU (Ouganda) a remercié le Rapporteur spécial sur le droit de jouir du meilleur état de santé possible pour son travail et a rappelé que son gouvernement a accueilli le Rapporteur spécial et suivi ses recommandations en 2005. Elle a assuré que le Gouvernement ougandais continue d'explorer toutes les possibilités en vue d'offrir des soins de santé à ses citoyens, en soulignant que les circonstances sont parfois difficiles du fait de l'énorme tâche à accomplir face à des maladies comme le sida, la malaria ou la méningite. Le Gouvernement souhaite se pencher également sur la question de la mortalité infantile et maternelle, car les taux de mortalité sont encore très élevés. D'autre part, la représentante a souligné que son gouvernement s'efforce de mettre au point une approche intégrée pour lutter contre certaines maladies négligées comme la maladie du sommeil. Elle a encouragé la communauté internationale à soutenir ces efforts.

M. SAMUEL KOTANE (Afrique du Sud) a déclaré que son pays a pris bonne note du rapport du Rapporteur spécial sur le droit à la santé et qu'il souscrit à ses recommandations. Il a relevé que M. Paul Hunt mentionne la Constitution de l'Afrique du Sud, laquelle inclut une Charte des droits reconnaissant le droit d'accéder aux services de santé. D'autre part, conscientes du fardeau très lourd que fait peser la maladie sur l'Afrique du Sud, un pays en voie de développement, les autorités ont réalisé des progrès importants pour répondre, en particulier, aux besoins des femmes, des enfants et des personnes âgées. Par ailleurs, l'Afrique du Sud partage les inquiétudes du Rapporteur spécial concernant la situation sanitaire en Iraq, et notamment celle des près de deux millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et de deux autres millions de réfugiées à l'étranger. La délégation de l'Afrique du Sud appelle le Conseil à adopter une démarche constructive sur ce problème. En outre, l'Afrique du Sud partage l'évaluation que M. Hunt fait de l'impact de l'embargo financier imposé sur l'Autorité palestinienne, qui affecte la fourniture des soins de santé.

MME ANA BRITO (Portugal) a estimé que le rapport de la Représentante spéciale du Secrétaire général concernant la situation des défenseurs des droits de l'homme rend compte clairement des violations que subissent les personnes qui œuvrent à la promotion des droits économiques, sociaux et culturels. Elle a souligné que, ainsi que l'indique la Représentante spéciale, la différence majeure entre les activistes des deux catégories de droits est que le travail de ceux défendant les droits économiques, sociaux et culturels est plus difficilement reconnu comme étant un travail en matière de droits de l'homme. Mme Brito a tenu à rappeler que la résolution portant sur la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels que la Conseil a adopté la semaine dernière contient un paragraphe qui reconnaît et encourage l'importante contribution des organisations non gouvernementales pour la réalisation et l'exercice de ces droits.

MME LUZ ÁNGELA MELO (Fonds des Nations Unies pour la population) s'est félicitée de la précieuse contribution de Rapporteur spécial M. Hunt aux progrès réalisés dans le domaine des normes relatives à la santé reproductive, au niveau national et surtout local. Il a démontré ainsi son souci que toute personne, y compris les populations les plus vulnérables et les plus marginalisées, accède au droit à la meilleure santé possible. La représentante du FNUAP a exprimé son adhésion au principe selon lequel la communauté des droits de l'homme doit travailler en étroite collaboration avec les institutions onusiennes œuvrant dans les domaines des droits économiques, sociaux et culturels.

MME SUSAN TIMBERLAKE (Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida - ONUSIDA) a accueilli les recommandations du Rapporteur spécial sur le droit de jouir du meilleur état de santé possible et rappelé qu'à l'heure actuelle 39,5 millions de personnes souffrent du sida et que l'année dernière quelques 3 millions de personnes ont été infectées. Elle a rappelé la nécessité d'assurer l'accès universel aux soins et souligné que ce principe doit s'inscrire dans le cadre des droits de l'homme. Les États ont souscrit à des obligations, notamment en matière de prévention et de soins, et c'est le rôle de ce Conseil de les leur rappeler. La représentante de l'ONUSIDA a d'autre part estimé qu'il faudrait prêter assistance aux pays qui en ont le plus besoin et soutenir les engagements pris par la société civile et les organisations qui donnent une voix aux personnes touchées par le sida. Il faut lutter ensemble pour remédier à ces injustices, a-t-elle conclu.

M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie), se référant aux situations de privation dont souffrent les populations palestinienne et iraquienne et dont a fait état le Rapporteur spécial sur le droit à la santé, M. Hunt, a déclaré que le chiffre de 2 millions de civils iraquiens déplacés démontre la gravité de la situation des droits de l'homme dans ce pays. Il s'agit là d'une situation sans précédent, a insisté le représentant algérien, s'étonnant qu'elle reçoive si peu d'attention de la part du Conseil des droits de l'homme. Heureusement, a-t-il dit, le Haut Commissariat pour les réfugiés a montré plus d'intérêt en lançant une campagne en faveur des réfugiés iraquiens. Une situation tout aussi grave prévaut en Palestine, a-t-il relevé. Pourquoi, dès lors, les déclarations de M. Hunt n'ont-t-elles pas suscité l'intérêt des organisations non gouvernementales pour des questions aussi brûlantes? S'adressant à la Représentante spéciale sur les défenseurs des droits de l'homme, Mme Jilani, il s'est réjoui de ce que celle-ci se soit conformée aux usages en vigueur en respectant les voies diplomatiques lors de l'envoi d'appels urgents. Il a toutefois estimé qu'elle devrait utiliser la procédure d'appels urgents avec plus de circonspection.. À force de crier «au loup» à tout propos, a-t-il conclu, personne ne se dérangera s'il apparaît vraiment.

MME MARIE LOUISE OVERVAD (Danemark) a exprimé l'appréciation de son pays pour le travail crucial effectué par Mme Jilani en faveur de la protection et du soutien des défenseurs des droits de l'homme dans toutes les régions du monde, Il s'est félicité de l'accent que la Représentante spéciale a mis sur la situation spécifique des femmes qui oeuvrent à la défense des droits de l'homme. Il lui a demandé dans quelle mesure son expérience de femme et défenseur des droits de l'homme a influencé la Représentante spéciale dans l'accomplissement de son mandat.

M. TOMÁS CONCHA (Colombie) a déclaré que la démocratie de son pays et menacée par les insurrections armées et les cultures illicites finançant des activités criminelles. La Colombie lutte contre ces menaces dans le respect du droit international, a assuré la représentante. Quant aux épandages sur des cultures illicites prés de la frontière de l'Équateur et leur impact sur les populations équatoriennes, la représentante a indiqué que les deux gouvernements concernés se sont engagés à faire une étude commune sur ce sujet.

M. RONALD BARNES (Consejo Indio de Sud America) a dit apprécier que la Représentante spéciale du Secrétaire général concernant la situation des défenseurs des droits de l'homme considère que les peuples autochtones qui luttent pour le droit à disposer de leurs terres et de leurs ressources sont des défenseurs des droits de l'homme. Les peuples autochtones sont victimes de discrimination au niveau international; bien qu'ils aient ratifié les instruments internationaux consacrant les droits de l'homme, certains pays répriment les peuples autochtones qui essayent de protéger leurs droits fondamentaux. Le représentant a rappelé qu'une activiste des droits de l'homme et des peuples autochtones a été emprisonnée et torturée au Chili. Il a à cet égard souligné que ces faits sont embarrassants pour l'Ambassadeur du Chili, qui est le Président du Groupe de travail sur le suivi de la Déclaration de la Conférence mondiale de Durban contre le racisme.

M. GIANFRANCO FATTORINI (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples - MRAP), se référant au rapport sur les sociétés transnationales et les droits de l'homme, a affirmé que les sociétés transnationales doivent être considérées civilement et pénalement responsables des violations des droits humains, au même titre que les personnes physiques, et a appelé le Conseil des droits de l'homme à renforcer les instruments nécessaires pour y parvenir. Il a estimé que le Représentant spécial sur la question tend à minimiser cette approche et ne fournit pas de réponses appropriées, et que son rapport s'inscrit dans la tendance actuelle à soumettre les droits civils et politiques au pouvoir de l'économie. Il faut rétablir la subordination du pouvoir économique au contrôle et éventuellement aux sanctions des pouvoirs publics nationaux et internationaux.

M. CALIXTO NAVARRO (Internationale démocrate de centre) a souligné que, selon des informations récentes, Zhou Yongkang, Ministre chinois de la sécurité publique, déclarait qu'il poursuivrait tous ceux qui interfèrent avec la construction d'une société socialiste harmonieuse. Beaucoup d'activistes luttant pour leurs droits fondamentaux, comme ceux pratiquant le Falung Gong, sont injustement emprisonnés, alors que d'autres ont disparu ou ont été exécutés, a-t-il expliqué. Il a ensuite attiré l'attention sur la situation des défenseurs des droits de l'homme à Cuba, où, selon des informations reçues par son organisation, des jeunes défenseurs des droits de l'homme qui luttent pour la liberté d'expression sont persécutés, menacés et attaqués. De même, certains journalistes sont poursuivis. Le Conseil des droits de l'homme ne doit pas rester silencieux devant ces violations de droits de l'homme, a-t-il conclu.

M. NICHOLAS HOWEN (Commission internationale de juristes), se référant au rapport sur les droits de l'homme et les sociétés transnationales, a regretté que le Représentant spécial ne se soit pas penché sur la véritable nature et l'ampleur des violations commises par les entreprises. Il a constaté que les États ne comprennent pas ou ne veulent pas prendre leurs responsabilités dans ce domaine, et a estimé que le rapport démontre qu'ils doivent redoubler d'efforts pour réglementer les activités des sociétés et promouvoir l'accès des victimes de violations à la justice. Il a souligné l'insuffisance et le manque de crédibilité des initiatives volontaires des entreprises et estimé qu'il serait inapproprié de compter sur ces seuls efforts volontaires pour garantir le respect des droits de l'homme. Il a demandé à M. Ruggie comment il se proposait d'intégrer, dans la suite de son mandat, l'analyse des schémas et de l'envergure des violations commises par les entreprises, de même que la perspective des victimes.

MME LEAH HOCTOR (Front Line, the International Foundation for the Protection of Human Rights Defenders) a demandé au Conseil des droits de l'homme s'il comptait aborder sérieusement la question des dangers que courent les défenseurs des droits de l'homme en Iran et en Ouzbékistan, suite à sa décision de retirer ces deux pays de la liste des pays examinés dans le cadre de sa procédure confidentielle. La représentante a cité le cas de 34 militantes brutalement interpellées le 4 mars dernier à Téhéran, lors d'une manifestation pacifique marquant la Journée internationale des femmes. Ces arrestations sont les dernières d'une longue série qui contreviennent toutes à l'article 27 de la Constitution iranienne. Mme Fariba Dovouidi Mohajer, écrivain et défenseuse des droits de l'homme, a ainsi témoigné de mauvais traitements qu'elle subit depuis son arrestation en 2001. En Ouzbékistan, on déplore notamment que les défenseurs des droits de l'homme sont soumis à des traitements psychiatriques. Mme Mutabar Tadjibeava, l'une des militantes des droits de l'homme les plus en vue, a été arrêtée en 2005 alors qu'elle devait se rende à une conférence internationale à Dublin. Depuis lors elle a été transférée dans l'unité psychiatrique d'une prison, au motif de s'être élevée contre les conditions de détention et les traitements réservés aux détenues.

MME ANAÏS PARKER DE LA ROCHEFORDIÈRE (Organisation mondiale contre la torture) a salué le travail de la Représentante spéciale du Secrétaire général sur la situation des défenseurs des droits de l'homme et apprécié sa contribution dans la protection des défenseurs des droits de l'homme. Elle a regretté que la répression contre les défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels soit en augmentation et a attiré l'attention sur le fait que des organisations défendant les droits des femmes et des homosexuels notamment sont victimes d'un traitement discriminatoire. S'adressant à la Représentante spéciale, elle a souhaité savoir si les États ont pleinement coopéré avec elle après qu'elle ait dénoncé des actes de représailles. D'autre part, elle lui a demandé si elle avait des propositions concrètes pour encourager la participation des organisations non gouvernementales aux travaux du Conseil.

M. CLÉMENT VOULÉ (Service international pour les droits de l'homme) s'est réjouie de ce que Mme Jilani ait porté une attention spéciale aux défenseurs des droits de l'homme travaillant dans les domaines des droits économiques, sociaux et culturels, et particulièrement aux femmes et aux défenseurs des droits des homosexuels. Il a demandé à la Représentante spéciale si elle pouvait suggérer des mesures concrètes pour engager le Conseil des droits de l'homme, ainsi qu'elle le recommande, à élargir l'espace de participation des ONG. Quelles mesures recommande-t-elle, par ailleurs, pour renforcer la coopération des États avec les procédures spéciales ?

MME VALERIA FRUZZETTI (Amnesty International) a déclaré que le rapport de M. Hunt est une excellente contribution qui permettra de faire progresser la réalisation du droit à la santé. La représentante s'est intéressée au suivi de la mission du Rapporteur spécial au Pérou. Le Gouvernement a-t-il fourni des informations sur l'application des recommandations du Rapporteur spécial, a voulu savoir la représentante. Elle a aussi demandé si des priorités devraient être établies dans l'action qui reflèteraient la hiérarchie entre droits fondamentaux et réalisation progressive des droits à la santé. À Mme Hina Jilani, la représentante d'Amnesty International a notamment demandé si des alliances sont envisageables avec d'autres organisations pour mettre en relief le rôle des défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels, et si elle disposait d'informations faisant état de pays respectant les recommandations de l'Assemblée générale en matière de protection des défenseurs des droits de l'homme.

MME HÉLÈNE SACKSTEIN (Alliance internationale des femmes) a souligné que le Rapporteur spécial sur le droit de jouir du meilleur état de santé possible a demandé aux organisations de la société civile et aux professionnels de la santé d'accorder plus d'attention aux droits économiques, sociaux et culturels, et notamment au droit à la santé. Un exemple choquant de ce manque d'intérêt est la mortalité maternelle, a-t-elle poursuivi. Chaque année, 500 000 mères meurent; 95% de ces morts ont lieu en Afrique et en Asie et pourraient être évitées, a-t-elle précisé. La mortalité maternelle illustre plusieurs inégalités, et notamment celle entre hommes et femmes, a-t-elle fait valoir. Il ne s'agit pas uniquement d'une question de santé, mais aussi de violation des droits des femmes, à la vie, à la santé et à la non-discrimination. La représentante a souligné à cet égard que cette catastrophe massive des droits de l'homme ne bénéficie pas de l'attention qu'elle mérite. Elle a estimé que lutter contre la mortalité maternelle pourrait être un moyen puissant de renforcer un système de santé accessible à tous, et encourager le droit à la santé.


Conclusion du Représentant spécial sur les droits de l'homme et les sociétés transnationales

M. JOHN RUGGIE, Représentant spécial sur les droits de l'homme et les sociétés transnationales, a répondu à un certain nombre de questions et remarques émises par les États et les organisations non gouvernementales. Il a notamment fait remarquer que, contrairement à ce qui a été relevé par certains, son rapport se penche bien sur des cas concrets de violations commises par les entreprises et qu'il a, lui-même, rencontré des victimes dans plusieurs régions du monde. Il se propose de continuer à étudier ces situations, et a invité les ONG à apporter leur contribution. S'agissant du principe de responsabilisation volontaire, il a souscrit à l'affirmation que les efforts volontaires des entreprises ne remplacent pas les législations nationales et internationales. Il a enfin souscrit à la remarque du Brésil notant que les Nations Unies n'ont pas actuellement la capacité de se saisir concrètement du problème des violations des droits de l'homme commises par les entreprises; il n'y a, par exemple, aucun organe d'experts dont l'institution puisse recevoir des avis.


Débat général sur des questions connexes

M. SERGIO CERDA (Argentine, au nom de plusieurs pays) a déclaré que les États au nom desquels il s'exprime accordent la plus grande importance à la notion de parité entre hommes et femmes, et qu'il faut l'encourager au sein des instances internationales. Ces États se félicitent de l'initiative qui a été prise pour inscrire cette question à l'ordre du jour et pour que le Conseil émette des recommandations à ce sujet de manière à faire en sorte que le système des Nations Unies s'y consacre. Le Conseil doit être à l'avant-garde de cet effort. Tous doivent travailler à l'intégration de ce principe dans les travaux et à veiller à ce que les discriminations contre les femmes et les fillettes soient traitées par des stratégies et mécanismes appropriés. Une première mesure sera d'accorder une place à cette question dans l'ordre du jour du Conseil.

M. MICHAEL STEINER (Allemagne, au nom de l'Union européenne) a exprimé sa préoccupation s'agissant des événements qui se sont récemment déroulés au Zimbabwe et de la violente répression, par le gouvernement, des manifestations pacifiques. La démocratie, le développement durable, la paix et le respect des droits de l'homme sont des aspects interdépendants qui se renforcent, a-t-il rappelé. Il a appelé le Gouvernement du Zimbabwe à entamer un dialogue avec les membres de la société civile et les partis de l'opposition et attiré l'attention sur les incidences qu'une escalade de la violence pourrait avoir, notamment pour la prospérité et la sécurité de la région. Il a en outre demandé au Gouvernement de s'abstenir de faire quoi que ce soit qui pourrait envenimer la situation, de respecter les droits de l'homme, d'assurer l'état de droit, de respecter la liberté de parole et de prévoir la possibilité pour les citoyens d'exercer leurs droits politiques légitimes. Le représentant s'est à cet égard félicité de l'engagement de la Haut-Commissaire de surveiller l'évolution de la situation au Zimbabwe et indiqué que sa délégation attend son rapport avec impatience. Il a également souhaité que le Rapporteur spécial sur la torture et le Rapporteur spécial sur la liberté d'expression se rendent au Zimbabwe et fassent rapport à la sixième session du Conseil.

M. BOUDEWIJN J.VAN EENENNAAM (Pays-Bas) s'est associé aux préoccupations émises par le représentant de l'Union européenne sur les violences et violations des droits de l'homme perpétrées au Zimbabwe, et a encouragé la communauté internationale à aider le Gouvernement du Zimbabwe à rétablir l'état de droit. Il est toutefois nécessaire, a-t-il dit, que le Zimbabwe fasse, lui aussi, preuve d'un esprit d'ouverture et accepte l'aide qui lui est offerte. Il a mentionné, à cet égard, que la demande faite par le Président du Conseil d'effectuer une visite dans ce pays était toujours valable et espéré que le Gouvernement du Zimbabwe y accéderait. S'agissant du Bélarus, le représentant néerlandais a exprimé sa profonde inquiétude s'agissant de la situation des droits de l'homme dans ce pays, mentionnant, notamment, la disparition, depuis quatre ans, de quatre défenseurs des droits de l'homme dont on n'a plus de nouvelles depuis. Il a instamment invité le Bélarus à collaborer avec tous les rapporteurs spéciaux. Le représentant néerlandais a ensuite exprimé sa préoccupation au sujet de l'arrestation récente de 33 femmes, défenseurs des droits de l'homme en Iran, et de la fermeture de plusieurs organisations non gouvernementales, invitant l'Iran à garantir à toutes les organisations des droits de l'homme un environnement de travail favorable.

M. NICHOLAS THORNE (Royaume-Uni) a déploré que le droit d'expression et la liberté d'opinion du peuple zimbabwéen soient gravement remis en question par le Gouvernement de ce pays. Le Royaume-Uni est extrêmement préoccupé par la répression qui frappe les opposants, comme en témoigne le décès récent d'un jeune manifestant. La police, hier encore, a fermé le siège du principal mouvement d'opposition, arrêtant son dirigeant, M. Morgan Tsvangirai. La situation des droits de l'homme au Zimbabwe s'est dégradée en 2006, comme le confirment des informations indépendantes: il convient que le Gouvernement du Zimbabwe laisse parler ses citoyens et les écoute, et qu'il révoque les lois qui entravent la liberté d'opinion et d'expression. Le Royaume-Uni salue les initiatives prises par les pays voisins du Zimbabwe pour tenter d'améliorer la situation. Il se félicite aussi de l'engagement pris par la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l'homme de suivre de près les conditions du procès de M. Tsvangirai. Le Zimbabwe doit répondre de manière positive aux appels du Conseil des droits de l'homme, a enfin estimé le représentant.

M. DANIEL VOSGIEN (France) a souligné l'importance que son pays attache à l'obligation de tous les États de coopérer avec les procédures spéciales. Il n'est pas acceptable que certaines d'entre elles n'aient toujours pas eu la possibilité de se rendre dans certains pays malgré les demandes répétées des rapporteurs, a-t-il estimé. Le représentant français a par ailleurs exhorté tous les pays à s'abstenir d'adopter des mesures qui, au nom de la lutte contre le terrorisme, porteraient atteinte aux droits de l'homme. Il a ainsi encouragé la Haut-Commissaire aux droits de l'homme à poursuivre sa coopération avec d'autres organisations internationales pour mettre en œuvre la stratégie mondiale des Nations Unies contre le terrorisme. Le représentant a également tenu à rendre un hommage particulier aux défenseurs des droits de l'homme qui, dans des conditions très difficiles, souvent au péril de leur vie, se battent concrètement pour le respect et la promotion des droits de l'homme. Il a expliqué que la France déploie tous ses efforts pour la protection des défenseurs des droits de l'homme et que ses missions diplomatiques sont chargées de développer des contacts avec les défenseurs des droits de l'homme, de suivre leur situation et d'identifier les éventuelles menaces à leur encontre. Les défenseurs des droits de l'homme sont donc encouragés à entrer en relation, dès qu'ils le souhaitent, avec nos représentations partout dans le monde, a précisé le représentant de la France.

MME SOCORRO ROVIROSA PRIEGO (Mexique) a exprimé sa reconnaissance au Groupe de travail sur la détention arbitraire pour le travail qu'il a effectué et a suggéré d'élargir le cadre de ce mandat pour y inclure les conditions de détention. En ce qui concerne la question de la lutte contre les discriminations, il serait utile d'analyser en détail la contribution des mécanismes existants.

MME MURIEL BERSET KOHEN (Suisse) a exprimé la préoccupation de son pays face aux problèmes relatifs à la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Elle a déploré que certains pays préconisent des peines drastiques et appliquent la peine de mort contre des adultes consentants du même sexe entretenant des relations sexuelles. La Suisse demande aux organes de traités de continuer de considérer cette question et de formuler des observations générales à cet égard. La Suisse rappelle également aux États les principes de Jogjakarta, adoptés l'an dernier, et qui mettent l'accent sur les normes que les États doivent respecter en matière de respect de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre.

M. KWABENA DUODU (Ghana) a confié qu'il a toujours trouvé difficile de prendre la parole lorsqu'il s'agit de parler d'un pays qui lui est proche, comme c'est le cas aujourd'hui avec le Zimbabwe. Il a rappelé que son pays a toujours eu des relations étroites avec le Zimbabwe, avant de souligner qu'il partage les préoccupations de la communauté internationale s'agissant des événements récents qui s'y sont déroulés. Cela nous conforte dans notre idée que les Africains devraient être les premiers à commenter les questions africaines, particulièrement celles touchant aux droits de l'homme, a-t-il précisé. La nouvelle Afrique que nous voulons construire est fermement attachée aux droits de l'homme et à l'État de droit, a-t-il poursuivi. Il a fait observer que le développement de chaque nation ne suit pas forcément une voie directe; le Ghana est le premier à admettre ce fait. Mais depuis 1992, le Ghana a tourné une page et s'est engagé sur la voie du respect des droits de l'homme. Cela nous a pris du temps avant de comprendre que le respect des droits de l'homme et l'État de droit sont essentiels pour le développement et c'est forts de cette leçon que nous demandons au Gouvernement du Zimbabwe de continuer de travailler avec les membres de l'opposition en vue de la réconciliation et de l'unité nationales, a-t-il indiqué.

M. ICHIRO FUJISAKI (Japon) a exprimé sa préoccupation face à la situation qui prévaut au Zimbabwe et s'est réjoui de ce qu'un pays africain comme le Ghana s'implique par rapport à cette problématique. S'agissant du rapport relatif au droit à la santé, le représentant japonais a soulevé le problème de discrimination et d'incompréhension dont sont encore victimes les personnes souffrant de la lèpre. Il a souligné que ce problème constitue une violation des droits de l'homme et demeure aigu en Asie et en Amérique du Sud. Notant que la Sous-Commission s'était énergiquement saisie de cette question, il a suggéré que le Conseil examine le problème de la lèpre de manière spécifique.

M. RODOLFO REYES RODRÍGUEZ (Cuba) a déclaré que le blocus contre Cuba n'est qu'un exemple parmi d'autres des menées anticubaines de l'administration des États-Unis. Cette dernière a récemment adopté un nouveau plan d'action qui vise à détruire le modèle cubain, à introduire un changement de régime à Cuba, avec comme objectif ultime d'annexer l'île, a-t-il affirmé. Le plan de Bush d'annexion de Cuba se traduit par le recrutement de personnels anticubains et par le financement d'activités anticubaines dans les organisations internationales, y compris au sein du Conseil, par le biais d'organisations non gouvernementales. Le plan prévoit encore une escalade des pressions, notamment économiques, contre Cuba, décrit le régime marionnette que veulent imposer les États-Unis au peuple cubain, et prévoit des attentats ainsi que la création de fonds de financement de mercenaires et de médias anticubains. Toutes ces menées constituent autant de transgressions graves des droits des Cubains.

M. SAMUEL KOTANE (Afrique du Sud) a expliqué que suite aux événements du 11 mars dernier au Zimbabwe, les quatorze États Membres de la Communauté de développement d'Afrique australe se sont réunis au Lesotho pour discuter de cette question. Une réunion est prévue en Tanzanie aujourd'hui pour évaluer, entre autres questions, la situation du Zimbabwe, a-t-il ajouté. Il est évident que les pays voisins, y compris l'Afrique du Sud, déploient tous leurs efforts pour aider ce pays à régler la situation, a-t-il précisé. Il a également souligné que l'Afrique du Sud œuvre à la restauration d'un climat favorisant la résolution de ce défi politique; seul le dialogue entre les protagonistes peut apporter une solution durable, a-t-il affirmé.

M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a souhaité joindre sa voix à celles des délégations qui considèrent que la Communauté de développement d'Afrique australe, qui tient actuellement son Sommet en Tanzanie, est le forum le plus approprié pour se saisir des problèmes qui se posent actuellement au Zimbabwe. Il a souligné la nécessité de trouver des solutions africaines aux problèmes qui se posent en Afrique et a instamment demandé au Conseil de faire confiance aux actions des organisations régionales.

M. CHRISTOFFER BERG (Suède) a fait part de la préoccupation de son pays face aux violations flagrantes des droits civils et politiques ainsi que des droits économiques, sociaux et culturels dont est victime la population du Zimbabwe. Les droits démocratiques du peuple du Zimbabwe sont négligés et la répression continue; la détention arbitraire des défenseurs des droits de l'homme et les brutalités qu'ils ont subies sont documentées clairement par les médias, a poursuivi le représentant suédois. Le droit à l'alimentation, entre autres, est compromis, a-t-il affirmé. Le Gouvernement doit mettre fin à la violence, engager le dialogue, respecter tous les droits de l'homme du peuple du Zimbabwe et collaborer avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme, a demandé le représentant suédois.

M. PAUL KAVANAGH (Irlande) s'est lui aussi dit inquiet de la situation des droits de l'homme au Zimbabwe, soulignant qu'elle se dégrade progressivement depuis des années. Les actions de la police du 11 mars dernier contreviennent au droit à la liberté d'expression, a-t-il fait observer. L'Irlande est préoccupée par les mauvais traitement infligés aux activistes des l'opposition, a-t-il insisté. Ces pratiques sont inacceptables et contreviennent aux normes des droits de l'homme tout comme à la Charte africaine des droits de l'homme, a-t-il ajouté. Regrettant le harcèlement continu dont est victime le leader de l'opposition, M. Morgan Tsvangirai, le représentant a fait observer que les attaques contre des personnalités connues contribuent à créer une atmosphère d'intimidation et de violence et montrent aux citoyens du Zimbabwe qu'ils ne peuvent pas avoir confiance dans la protection de l'État de droit. Aussi, le Gouvernement zimbabwéen est-il prié de respecter les droits de l'homme et de ramener le pays sur la voie de l'État de droit et de la démocratie.

M. CHITSAKA CHIPAZIWA (Zimbabwe), se référant à la manifestation qui s'est déroulée ce mois-ci dans son pays et qui était illégale, a regretté que le Gouvernement ait été dans l'obligation de garantir la vie des citoyens. Il a affirmé que si la vie est difficile, en ce moment, au Zimbabwe, cela n'est pas dû à une prétendue répression, mais aux sanctions économiques imposées au pays par la communauté internationale et visant à provoquer un changement de gouvernement alors que le Gouvernement en place a été librement élu. Le représentant zimbabwéen a dénoncé le financement illégal de l'opposition par les États-Unis et le Royaume-Uni et a regretté la politique de deux poids, deux mesures pratiquée par le Conseil des droits de l'homme et les puissances étrangères. Il a conclu en réitérant que le Zimbabwe n'admettrait aucune immixtion étrangère dans ses affaires internes.

M. JUAN MARTABIT (Chili) a déclaré que son pays suit avec préoccupation la situation des droits de l'homme au Zimbabwe. Il a exhorté le Gouvernement zimbabwéen à respecter scrupuleusement les droits de l'homme et les principes de l'État de droit. Il a par ailleurs indiqué que le Chili présenterait prochainement une résolution sur le thème de l'intégration de la parité entre hommes et femmes dans le travail et l'ordre du jour du Conseil.

MME CAROLINE MILLAR (Australie) a indiqué que sa délégation partage les préoccupations de la communauté internationale s'agissant de la situation des droits de l'homme au Zimbabwe. Elle s'est à cet égard félicitée des efforts régionaux déployés pour promouvoir un dialogue constructif entre le Gouvernement du Zimbabwe, d'une part, et l'opposition et la société civile, de l'autre. Le dialogue entre les principaux acteurs est nécessaire pour trouver une solution durable, a-t-elle précisé. Elle a fait observer que le Zimbabwe continue de souffrir de l'oppression politique et d'une situation économique catastrophique. Rappelant que le taux de chômage s'élève à 80% et que l'espérance de vie a chuté de 61 ans en 1991 à 35 ans en 2007, elle a estimé que les manquements du Gouvernement ne peuvent pas être plus clairement mis en exergue. Elle s'est dite favorable à l'envoi au Zimbabwe du Rapporteur spécial sur la torture et du Rapporteur spécial sur la liberté d'expression. Pour conclure, elle a appelé le Gouvernement zimbabwéen à cesser les violations des droits de l'homme, à mettre un terme à l'impunité et à restaurer l'État de droit.

MME ORSOLYA TOTH (Hongrie) s'est ralliée aux préoccupations de l'Union européenne à l'égard de la situation qui prévaut au Zimbabwe. Elle a fait état de l'intimidation d'opposants politiques, du harcèlement dont sont victimes les fermiers et de la destruction de maisons, soulignant que ces actes ne peuvent en aucun cas être justifiés. C'est en assurant le plein respect des droits du peuple du Zimbabwe que l'on pourra prévenir une escalade de la violence, a-t-elle affirmé.

M. DRAHOSLAV STEFANEK (Slovaquie) a déclaré que son pays suit avec préoccupation la situation des droits de l'homme au Zimbabwe, en particulier les graves restrictions apportées à la liberté de circulation et d'expression, déplorant la mort d'un manifestant et l'arrestation d'opposants. Le représentant a appelé le Gouvernement du Zimbabwe à respecter scrupuleusement les droits de l'homme et à accueillir le Rapporteur spécial sur la torture et autres traitements inhumains ou dégradants.

M. CARLOS PEREIRA MARQUES (Portugal) a exprimé ses préoccupations au sujet de la situation des droits de l'homme au Zimbabwe et notamment en ce qui concerne les affrontements entre la police et les manifestants de l'opposition et les traitements brutaux infligés aux leaders de l'opposition. Il a appelé le Zimbabwe à protéger et respecter les droits de l'homme et plus particulièrement la liberté d'expression et d'association. Ce sont des droits inscrits dans les traités internationaux et régionaux auxquels le Zimbabwe est partie, a-t-il rappelé. Il a en outre encouragé le Gouvernement à entamer un dialogue avec les partis politiques et la société civile en vue de trouver une solution à cette crise et s'est réjoui de l'engagement des pays voisins du Zimbabwe à cette fin.

M. JEAN FEYDER (Luxembourg) s'est dit inquiet face aux détentions et aux mauvais traitements dont il a été fait état à l'encontre de dirigeants de l'opposition au Zimbabwe et face à la violence de la répression exercée contre une manifestation pacifique. Le Luxembourg appelle le Zimbabwe à instaurer un dialogue constructif avec toutes les forces politiques et la société civile; il exprime en outre son appui aux efforts déployés par les pays africains pour rétablir, au Zimbabwe, un État de droit.

M. BART OUVRY (Belgique) a rappelé que la liberté d'expression et le droit de réunion pacifique sont des éléments indispensables à la démocratie et à l'État de droit. La Belgique se joint donc aux préoccupations exprimées suite aux récents événements au Zimbabwe. La répression violente de réunions pacifiques au Zimbabwe n'est pas acceptable et il est de la responsabilité du Gouvernement de ce pays de protéger et de promouvoir des droits de l'homme et les libertés fondamentales de sa population, a rappelé le représentant belge. La Belgique appelle le Gouvernement du Zimbabwe à coopérer avec le Conseil et ses procédures spéciales afin d'éclaircir les circonstances des récents événements et d'améliorer la situation des droits de l'homme. Le représentant belge s'est également dit préoccupé par les développements récents en République démocratique du Congo, en particulier par l'explosion de violence des 22 et 23 mars dernier, qui a fait de nombreuses victimes à Kinshasa. Toute crise politique doit être réglée par des négociations pacifiques et non par la violence, a insisté le représentant, qui a demandé qu'une enquête soit diligentée par les autorités congolaises sur les allégations d'exécutions sommaires. Les autorités doivent en outre permettre aux défenseurs des droits de l'homme de jouer leur rôle.

MME ANNE MERCHANT (Norvège, au nom des pays nordiques) a rappelé que sa délégation a, à maintes reprises, attiré l'attention sur les violations des droits de l'homme fondées sur l'orientation et l'identité sexuelles; aussi, a-t-elle demandé au Président du Conseil d'offrir la possibilité que ces questions soient discutées. Elle a fait observer que de nombreuses procédures spéciales ont rapporté des violations des droits de l'homme des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels, dénonçant en particulier le recours, à leur encontre, à la peine de mort, à la torture, aux sanctions criminelles, aux viols et aux disparitions. La représentante norvégienne a relevé que 80 pays interdisent les relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe; dans sept de ces pays, l'homosexualité est même passible de peine de mort. La représentante a fait observer que la peine de mort viole assurément les droits de l'homme lorsque la sentence est totalement disproportionnée par rapport au délit et qu'aucune loi ou tradition ne peut justifier ces abus, attaques, actes de torture et assassinats perpétrés à l'encontre de ces personnes en raison de ce qu'elles sont ou de ce qu'elles semblent être. La représentante norvégienne a demandé aux procédures spéciales de continuer de mettre en lumière ces violations.

M. PETKO DRAGANOV (Bulgarie) a déclaré qu'il en va de l'intérêt du Gouvernement du Zimbabwe de dialoguer avec l'opposition et la société civile. Au vu de l'impact régional que pourrait avoir la détérioration de la situation au Zimbabwe, il a encouragé l'implication de tous les acteurs de la région en faveur d'un dialogue national dans ce pays. Il a enfin invité le Zimbabwe à collaborer pleinement avec les mécanismes de droits de l'homme des Nations Unies.

M. WARREN W. TICHENOR (États-Unis) a rappelé que son pays avait déjà fait part de sa préoccupation face aux exactions commises au Zimbabwe, comme par exemple l'arrestation de dirigeants de l'opposition, la répression violente à l'encontre de manifestants, les agressions contre des opposants et les arrestations arbitraires. Les États-Unis notent avec déception que le Conseil n'a pas adopté de mesures suffisamment énergiques concernant la situation au Zimbabwe. Les États-Unis estiment que le Conseil doit agir concrètement pour aider ceux qui, sur le terrain, se dressent contre les violations des libertés fondamentales.

MME FOROUZANDEH VADIATI (Iran) a estimé décevant qu'un groupe de pays essaie d'imposer son programme politique, au détriment de celui des autres. Tout problème sur le continent africain doit être réglé par le biais de mécanismes africains, a-t-elle estimé. Elle a jugé surprenant que ce même groupe de pays ne mentionne même pas les violations commises dans les territoires palestiniens occupés, la situation dans la baie de Guantánamo ou encore la ségrégation raciale aux Pays-Bas. Aussi, est-il déplorable que ces pays essaient de détourner l'attention du Conseil en pointant du doigt d'autres pays.

M. ANTHONY MOTHAE MARUPING (Lesotho) a affirmé que le Royaume du Lesotho accorde une grande importance au respect des droits de l'homme dans le monde et particulièrement dans la région d'Afrique australe. Il a affirmé que les événements du 11 mars, au Zimbabwe, ont attiré immédiatement l'attention de la Communauté de développement d'Afrique australe et que le Président de cette organisation s'est immédiatement rendu sur place pour se rendre compte de la situation. La Communauté a alors convoqué un Sommet qui se réunit aujourd'hui-même en Tanzanie, a rappelé le représentant du Lesotho. Il a estimé que la Communauté de développement d'Afrique australe n'aurait pas pu avoir une attitude plus efficace et plus proactive.

M. MARCO JAMES KASSAJA (Tanzanie) a dit que son pays appuie la déclaration du Zimbabwe et d'autres rendant hommage à l'action de la Communauté de développement d'Afrique australe pour le règlement de la situation au Zimbabwe. Il serait prématuré de se prononcer sur la situation au Zimbabwe avant la conclusion de ce Sommet, a-t-il souligné. D'une manière générale, on observe que le Zimbabwe est soumis à une attention négative de la part de l'Occident, a-t-il relevé. Or, ce pays a contribué de manière importante au développement de la région, a fait valoir le représentant tanzanien, estimant que la fixation contre ses dirigeants obscurcit la réalité des préoccupations de la population du Zimbabwe. Les influences extérieures et les attitudes colonialistes avaient, de même, occasionné les plus grandes difficultés pour la Tanzanie, a rappelé le représentant. «Si les engagements pris vis-à-vis du Zimbabwe avaient été tenus, peut-être que nous n'en serions pas là», a déploré le représentant, demandant qu'une solution authentique et positive puisse être trouvée, prenant en compte les aspirations réelles du peuple du Zimbabwe.

MME MARIE-LOUISE OVERVAD (Danemark) a exprimé ses préoccupations face aux récents développements au Zimbabwe, en particulier s'agissant des violences qui ont suivi la tenue d'une manifestation pacifique le 11 mars dernier. Elle s'est ainsi élevée contre les actions qui entravent la liberté d'opinion et le droit à se réunir pacifiquement. Le Gouvernement du Zimbabwe, a-t-elle poursuivi, doit concentrer ses efforts sur la résolution des multiples problèmes du pays en entamant un dialogue avec toutes les forces politiques. La représentante danoise a jugé extrêmement positif l'engagement pris par la Haut-Commissaire aux droits de l'homme de surveiller le procès contre M. Morgan Tsvangirai et ses collaborateurs. Elle a en outre invité le Rapporteur spécial sur la torture et celui sur la liberté d'expression à se rendre au Zimbabwe et à rendre compte de leurs visites à la sixième session du Conseil. Pour conclure, elle a exprimé l'espoir que des résultats tangibles déboucheront des efforts régionaux déployés pour régler cette crise.

M. LUIS VARELA QUIRÓS (Costa Rica) a indiqué que son pays, s'il ne s'associe pas formellement à la déclaration de l'Allemagne au nom de l'Union européenne, n'en demeure pas moins inquiet des infractions à l'exercice des droits politiques et à la liberté d'expression observées au Zimbabwe. Il a exprimé l'espoir que le Gouvernement du Zimbabwe respecte ses obligations en matière des droits de l'homme. Il a également exprimé l'espoir que la mise en place du mécanisme d'examen universel permette d'examiner la situation des droits de l'homme dans tous les pays, de manière objective.

M. BASILE DIBA (République centrafricaine) a tenu à présenter les excuses de son Gouvernement pour n'avoir pas pu participer aux premiers travaux du Conseil en 2006. Cette absence était indépendante de notre volonté, notre pays étant pendant cette période victime de multiples agressions menées par les ennemis de la République avec l'appui de puissances étrangères bien connues, a-t-il précisé. Il a expliqué qu'au moment où son pays est concentré sur sa reconstruction après plusieurs années de crises dues pour l'essentiel au non-respect des droits de l'homme, des ennemis se sont arrogés le droit d'agresser et d'occuper la partie nord-est de son territoire. C'est une atteinte grave non seulement à l'intégrité territoriale d'un État souverain, mais également aux droits de l'homme et au droit international humanitaire, a-t-il souligné. Le représentant centrafricain a expliqué qu'en dépit de l'insécurité entretenue par les ennemis du peuple centrafricain, la question de la dignité humaine est au centre des préoccupations du Gouvernement. Des réformes ont été entreprises dans le domaine de l'assainissement des finances publiques et dans celui de l'exploitation des richesses naturelles, a-t-il fait valoir. L'objectif des ces réformes vise essentiellement à améliorer les conditions de vie de la population centrafricaine, a-t-il précisé. Il a rappelé que jadis, son pays brillait par son absence aux différentes assises internationales relatives aux droits de l'homme et accusait un retard chronique dans la production de ses rapports; mais que ce retard a été comblé en 2006 par la présentation de rapports initiaux devant la Commission africaine des droits de l'homme et devant le Comité des droits de l'homme des Nations Unies. Pour conclure, le représentant s'est félicité de l'avènement du Conseil des droits de l'homme, tout en assurant que ce dernier peut compter sur la coopération de la République centrafricaine.

M. EVGENY LAZAREV (Bélarus) a réagi à l'intervention de la délégation des Pays-Bas en affirmant que cette délégation n'est pas bien informée de la situation des personnes disparues; le Bélarus ne cesse de mener des enquêtes pour s'enquérir de la situation de ces personnes. Le représentant a accusé les Pays-Bas de retirer de son contexte un fait de disparition et de vouloir lui donner un caractère politique. Le Bélarus coopère de manière constructive avec les procédures spéciales thématiques, qui reçoivent des informations constructives sur la situation du pays et sont régulièrement invitées à s'y rendre, a assuré le représentant. Il a invité le représentant des Pays-Bas à mieux s'informer avant d'étaler son incompétence devant tous les membres du Conseil.

MME NAJAT AL-HAJJAJI (Libye) a noté que l'Union européenne et d'autres pays ont décidé d'épingler le Zimbabwe, ces pays croyant peut-être que la Rhodésie existe toujours. La Libye n'approuve naturellement pas les violations des droits de l'homme, mais le fait de s'acharner sur le Zimbabwe montre la partialité du Conseil, qui reste muet devant d'autres violations des droits de l'homme dans le reste du monde.

M. SÉBASTIEN MUTOMB MUJING (République démocratique du Congo) a convenu que le Zimbabwe traverse une période critique, mais tenu à rappeler que le Gouvernement, avec l'aide des États de la Communauté de développement d'Afrique australe, recherche des solutions pour permettre un retour de la stabilité politique du Zimbabwe. Il a rappelé que, conscient de ses responsabilités, le Gouvernement du Zimbabwe avait entrepris des concertations avec des représentants des partis de l'opposition, mais que malheureusement, quelques agitateurs politiques en ont profité pour créer des troubles qui ont nécessité l'intervention de la police. L'opposition démocratique doit connaître son rôle et ne doit pas entretenir troubles et insécurité, a-t-il souligné. Le représentant de la République démocratique du Congo a rappelé que son pays a connu des troubles similaires avec des leaders d'opposition qui entretenaient des milices. Certains leaders d'opposition, sous couvert de défenseurs des droits de l'homme, se livrent à des manipulations politiques, a-t-il insisté.

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