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Communiqués de presse Procédures spéciales

La levée de l'interdiction de conduire pour les femmes en Arabie saoudite ne devrait être qu’un premier pas selon les experts de l'ONU

‘Premier pas’ en Arabie saoudite

28 septembre 2017

GENEVE (28 septembre) – La décision de permettre aux femmes de conduire en Arabie Saoudite est une première étape majeure vers l'autonomie et l'indépendance des femmes, mais beaucoup reste encore à faire pour parvenir à l'égalité des sexes au Royaume d'Arabie saoudite, ont déclaré des experts des droits humains de l'ONU*.

" Nous nous réjouissons de cette avancée historique et appelons à son application immédiate et effective " ont déclaré les experts. " Nous rendons hommage aux saoudiennes qui ont longtemps lutté contre cette interdiction discriminatoire et dégradante – pour certaines, victimes de stigmatisation et même d'emprisonnement, à un coût personnel exceptionnel. "

" L'interdiction, unique au monde, faite aux femmes de conduire en Arabite saoudite a dressé des obstacles importants dans la voie de la jouissance par les femmes de leurs droits économiques, sociaux, culturels, politiques et civils. "

" Nous encourageons maintenant les autorités à abroger toutes les lois discriminatoires restantes. Si elles prennent au sérieux l'importance des droits des femmes à l'égard des réformes économiques, l'étape suivante de leurs réformes ambitieuses devrait consister à lever le reste des obstacles aux droits humains des femmes ".

Le Rapporteur spécial sur l'extrême pauvreté et les droits de l’homme, Philip Alston, qui s'est rendu au Royaume au début de l'année, avait appelé à la levée de l'interdiction après sa visite, arguant que ce n'était pas seulement une question de droits de l'homme, mais que cela relevait aussi d'une bonne politique économique dans un pays qui traverse une importante transformation économique et sociale.

" En janvier, j'ai salué Vision 2030, le programme de changement du pays, comme un plan ambitieux et profondément transformateur pouvant être un catalyseur des droits de la femme ", a déclaré M. Alston. " La fin de l'interdiction de conduire est d'une importance cruciale pour Vision 2030 car elle débloque le potentiel économique des femmes dans le Royaume, particulièrement de celles qui vivent dans la pauvreté ".

La présidente-rapporteuse du Groupe de travail sur la question de la discrimination à l’égard des femmes en droit et en pratique, Kamala Chandrakirana, a déclaré: " La fin de l'interdiction de conduire devrait maintenant être suivie de mesures similaires mettant un terme à d'autres restrictions imposées, entre autres, par le système de tutelle masculine, qui traite les femmes comme des mineurs dépendants, ainsi que d'autres lois discriminatoires qui bafouent le droit des femmes à l'égalité ".

" Nous nous félicitons des efforts en cours pour abroger les règlements exigeant l'autorisation des tuteurs masculins dans l'accès aux services publics, mais ces réformes ne vont pas assez loin pour abolir le système de tutelle discriminatoire en droit et dans la pratique et pour assurer l'égalité substantielle des femmes ".

M. Alston, qui a présenté un rapport sur sa visite en Arabie Saoudite au Conseil des droits de l’homme en juin a remarqué que l'un des aspects les plus significatifs du décret royal visant à lever l'interdiction est qu'il a mis fin à une pratique extrêmement restrictive maintenue par l'opposition conservatrice.

" La même situation s'applique à d'autres aspects du système de tutelle. Selon la loi, les femmes n'ont plus besoin de la permission de leur tuteur masculin pour travailler ; pourtant, nombreux sont les employeurs qui insistent de leur propre chef sur cette autorisation et le gouvernement n'intervient presque jamais contre cette discrimination illégale ", a-t-il ajouté.

Les experts ont encouragé les autorités à saisir cette occasion pour démontrer leur attachement aux réformes en abrogeant toute loi discriminatoire contraire à leurs obligations internationales en matière de droits de l'homme afin d'assurer l'égalité substantielle des femmes dans la législation et dans la pratique.

FIN

(*) Les experts: M. Philip Alston, Rapporteur spécial sur l'extrême pauvreté et les droits de l’homme; et le Groupe de travail de l'ONU chargé de la question de la discrimination à l'égard des femmes, dans la législation et dans la pratique: l’actuelle Présidente-rapporteuse Kamala Chandrakirana (Indonésie), Eleonora Zielinska (Pologne), Alda Facio (Costa Rica), Frances Raday (Israël/Royaume-Uni), et Emna Aouij (Tunisie).

Les Rapporteurs spéciaux font partie de ce qu’on appelle les " procédures spéciales " du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales qui constituent le plus grand groupe d’experts indépendants dans le système des Nations Unies des droits de l’homme, sont les mécanismes indépendants d’enquête et de surveillance du Conseil qui traitent, soit de situations spécifiques de pays soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire; ils ne sont pas fonctionnaires de l’ONU et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et siègent à titre personnel.

Nations Unies Droits de l'homme, fiche pays : Arabie saoudite

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