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Communiqués de presse Haut-Commissariat aux droits de l’homme

Syrie : le Haut-Commissaire condamne le meurtre brutal de deux filles et s’inquiète de la forte augmentation de la violence dans le camp d’Al-Hol

18 novembre 2022

Des enfants regardent à travers les trous d’une tente dans le camp de déplacés d’Al-Hol, dans le gouvernorat de Hasaka, en Syrie, le 2 avril 2019. © Reuters

GENÈVE (le 18 novembre 2022) – Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk a condamné le meurtre odieux de deux jeunes Égyptiennes dans un camp de déplacés au nord-est de la Syrie cette semaine, et a appelé la communauté internationale ainsi que les forces kurdes qui contrôlent la zone à redoubler d’efforts pour assurer la protection des milliers de femmes et d’enfants encore détenus dans les camps.

« La mort de ces jeunes sœurs qui avaient déjà enduré tant de misère est profondément bouleversante. Les circonstances de leur mort et la manière dont elles ont été tuées dépassent l’entendement », a déclaré M. Türk.

Les corps des jeunes filles, toutes deux âgées de moins de 15 ans, ont été retrouvés le 15 novembre dans les égouts du camp d’Al-Hol et présentaient des blessures par arme blanche. Selon les informations recueillies par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), elles avaient été violées quelques jours avant leur décès. À la suite de ce viol, les deux sœurs, ainsi que leur mère, auraient été harcelées par un groupe de femmes radicalisées au sein du camp, en raison de la stigmatisation associée au fait d’avoir subi des violences sexuelles.

Les camps de déplacés du nord-est de la Syrie accueillent des Syriens, des Irakiens et d’autres « ressortissants de pays tiers », dont beaucoup sont soupçonnés d’avoir des liens familiaux ou autres avec l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), et sont connus pour être des foyers de violence, d’exploitation et d’abus, ainsi que de nouvelles radicalisations. Depuis le début de l’année, le HCDH a pu confirmer le meurtre d’au moins 42 personnes au camp d’Al-Hol, dont dix hommes iraquiens, six hommes syriens, quatre femmes iraquiennes, 18 femmes syriennes, un garçon iraquien, une fille iraquienne et les deux filles égyptiennes.

On estime qu’au moins 53 000 personnes sont détenues au centre d’Al-Hol, dont plus de la moitié seraient des enfants. Des milliers d’autres personnes se trouvent dans d’autres camps du nord-est de la Syrie.

« Ces deux jeunes filles étaient prises au piège d’une situation désespérée dans ce camp dont elles n’étaient pas responsables », a déclaré M. Türk. « Chaque enfant a le droit de grandir dans un environnement qui protège sa dignité et son intérêt supérieur, sans être exposé à la douleur, à la souffrance et à la violence. »

Les enfants, y compris ceux qui ont été endoctrinés ou recrutés de force par l’EIIL, doivent être considérés avant tout comme des victimes et traités dans le respect de leurs droits, de leur dignité et de leur intérêt supérieur, conformément au droit international applicable, en particulier la Convention relative aux droits de l’enfant.

Le Haut-Commissaire a salué le fait qu’un nombre croissant d’États ont récemment rapatrié des femmes et des enfants des camps dans leur pays de nationalité ou d’origine. Il a toutefois déclaré que la grande majorité d’entre eux étaient toujours détenus sans aucun signe d’évolution.

« Cet incident récent doit servir d’avertissement à la communauté internationale pour qu’elle rapatrie immédiatement les milliers de femmes et d’enfants, dont certains sont détenus depuis des années, de ces camps vers leur pays d’origine », a déclaré M. Türk.

Une grande partie des personnes qui restent dans les camps sont laissées dans un véritable flou juridique, avec un accès limité, voire inexistant, aux services consulaires, dans des conditions susceptibles de mettre leur vie en danger. Laisser délibérément des ressortissants hors de la protection de l’état de droit constitue une violation possible des obligations découlant du droit international des droits de l’homme et risque d’être contre-productif, car les conditions désespérées qui règnent dans ces camps constituent un terrain fertile pour l’exploitation de la souffrance des personnes par des groupes armés et d’autres éléments violents, a déclaré le Haut-Commissaire.

M. Türk a ajouté que les Forces démocratiques syriennes, qui exercent un contrôle de facto sur le camp d’Al-Hol, devraient se conformer à leurs responsabilités et obligations en vertu du droit international. « Elles doivent adopter des mesures urgentes pour garantir la sûreté, la sécurité et le bien-être des personnes détenues dans les camps. Il s’agit notamment de les protéger de la violence et d’autres actes criminels », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs souligné l’obligation des Forces démocratiques syriennes de veiller à ce que les enfants bénéficient d’un environnement sûr et sain, y compris l’accès à l’éducation et à des activités récréatives, et d’un accès à l’aide humanitaire, comme c’est le cas pour le reste de la population présente dans ces camps.

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