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Communiqués de presse Haut-Commissariat aux droits de l’homme

Haïti : Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme met en garde contre un "cycle de violence sans fin"

09 mai 2023

People huddle in a corner as police patrol the streets after gang members tried to attack a police station, in Port-au-Prince, Haiti April 25, 2023.  ©REUTERS/Ralph Tedy Erol TPX IMAGES OF THE DAY

GENÈVE (9 mai 2023) - Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a mis en garde ce mardi contre "un cycle de violence sans fin en Haïti", alors que les gangs continuent d'infliger une souffrance extrême à la population et que les groupes d'autodéfense ont décidé de se faire justice à eux-mêmes.

"Chaque rapport que je reçois sur Haïti souligne l'ampleur des souffrances et transmet le message que les Haïtiens ont besoin d'une aide urgente, et ce, dès maintenant", a déclaré M. Türk.

"Je réitère mon appel à la communauté internationale pour qu'elle déploie une force de soutien spécialisée, respectueuse des droits de l'homme et limitée dans le temps, avec un plan d'action complet pour aider les institutions haïtiennes", a-t-il ajouté.

Au cours du seul mois d'avril, plus de 600 personnes ont été tuées dans une nouvelle vague de violence extrême qui a frappé plusieurs quartiers de la capitale, selon les informations recueillies par le Service des droits de l'homme du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). Cela fait suite au meurtre d’au moins 846 personnes au cours des trois premiers mois de 2023, en plus de 393 personnes blessées et 395 enlevées au cours de la période, soit une augmentation de 28 % de la violence par rapport au trimestre précédent.

Accablée par l'insécurité croissante, Haïti connaît une augmentation inquiétante des meurtres collectifs et des lynchages de présumés membres de gangs, avec au moins 164 cas documentés en avril.

"L'État a l'obligation de protéger ses citoyens. La population devrait pouvoir compter sur la police et les autorités judiciaires pour s'attaquer à la violence des gangs. Mais la réalité est que l'État n'a pas la capacité de réagir. La population se fait donc justice à elle-même, mais cela ne fera qu’alimenter la spirale de la violence ", a-t-il ajouté.

Le Bureau des droits de l'homme des Nations unies et le BINUH ont publié aujourd’hui leur rapport de trimestriel (janvier à mars). Il met en évidence l'émergence de groupes d'autodéfense, suite aux appels lancés par certaines personnalités politiques et journalistes pour que les citoyens forment des organisations d'autodéfense pour lutter contre la violence des gangs.

Le rapport souligne également que la violence ne devient pas seulement plus extrême et plus fréquente, mais qu'elle s'étend inexorablement à mesure que les gangs cherchent à étendre leur contrôle. Des zones de la capitale auparavant considérées comme sûres, notamment Kenscoff et Pétion Ville, ainsi que le département de l'Artibonite, sont désormais touchées.

Parmi les autres modes opératoires utilisés par les gangs, le rapport recense des incidents au cours desquels des tireurs d'élite ont tiré sans discernement sur des résidents se trouvant dans la rue, ou sur des habitations. Des personnes ont aussi été brûlées vives dans les transports publics.

"Nous ne devons pas oublier que l'extrême pauvreté et le manque de services de base sont à l'origine de la violence actuelle et du pouvoir des gangs sur les communautés. Le gouvernement, avec le soutien de la communauté internationale, doit faire tout son possible pour respecter son obligation de fournir à la population un accès régulier et sans entrave à l'eau potable, à la nourriture, à la santé et à un logement sûr", a déclaré M. Türk.

" La situation d'urgence en matière de droits de l'homme appelle une réponse forte de toute urgence", a-t-il ajouté.

Pour lire le rapport complet, veuillez cliquer ici

FIN

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