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Communiqués de presse Haut-Commissariat aux droits de l’homme

Israël/Territoires palestiniens occupés : Volker Türk rappelle que l’humanité doit primer et demande un cessez-le-feu humanitaire

23 octobre 2023

À gauche : des Palestiniens transportent le corps d’une victime des décombres après des frappes israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 octobre 2023, alors que les combats se poursuivent entre Israël et le groupe palestinien Hamas. © MOHAMMED ABED/AFP. À droite : des journalistes s’abritent derrière des voitures alors que des soldats israéliens prennent position lors d’affrontements avec des combattants palestiniens près du kibboutz Gevim, à proximité de la frontière avec Gaza, le 7 oct

GENÈVE (le 23 octobre 2023) – Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk a appelé aujourd’hui à un large cessez-le-feu humanitaire à Gaza et en Israël. Il a également appelé les parties au conflit à redoubler d’efforts pour garantir le respect du droit international.

« Beaucoup trop de civils, dont un grand nombre d’enfants, ont déjà perdu la vie, des deux côtés, à cause de ces hostilités. À moins que les choses ne changent, d’autres civils risquent de mourir dans les jours à venir en raison de la poursuite des bombardements. L’humanité doit primer », a déclaré le Haut-Commissaire.

La situation humanitaire à Gaza, déjà affectée par 16 années de blocus, frôle désormais la catastrophe en raison du manque d’eau, d’électricité, d’installations sanitaires, de médicaments essentiels, de nourriture et d’autres produits de première nécessité, a déclaré M. Türk. Les rapports faisant état de la surpopulation et de la propagation de maladies sont très inquiétants, d’autant plus que les hôpitaux sont endommagés et détruits, que la pénurie de médicaments s’aggrave et que les déplacements sont fortement limités.

« Cette violence ne s’arrêtera jamais tant que les dirigeants ne se réagiront pas et ne prendront pas les décisions courageuses et humaines exigées par les principes fondamentaux de l’humanité. La première étape doit être un cessez-le-feu humanitaire immédiat, qui permettrait de sauver la vie de nombreux civils grâce à l’acheminement d’une aide humanitaire rapide et efficace dans toute la bande de Gaza, fournie en fonction des besoins et non limitée par d’autres critères arbitraires », a-t-il ajouté.

Depuis le 7 octobre, plus de 5 000 personnes ont été tuées à Gaza, dont 2 000 enfants, principalement à la suite d’attaques et d’opérations menées par les Forces de défense israéliennes, ainsi que 1 300 citoyens et résidents israéliens à la suite d’attaques de groupes armés palestiniens. La majorité des personnes tuées à Gaza et en Israël sont des civils. Plus de 1 400 personnes, dont 800 enfants, seraient coincées sous les décombres à Gaza. Des dizaines de milliers de foyers ont été détruits.

« Tous les civils capturés et détenus par les groupes armés palestiniens doivent être libérés immédiatement et sans condition. La prise d’otages est interdite en vertu du droit international », a déclaré M. Türk.

« Les mesures prises par Israël pour empêcher les civils d’accéder aux biens et services essentiels, en tant que forme de punition collective, sont également contraires au droit international.

« Les parties au conflit doivent immédiatement prendre des mesures pour se conformer à leurs obligations en matière de droit international, en particulier pour respecter les principes fondamentaux de nécessité, de distinction et de proportionnalité et pour prendre des précautions afin de réduire au minimum les pertes en vies humaines dans la population civile, les blessures infligées aux civils et les dommages causés aux biens de caractère civil. Les groupes armés palestiniens doivent cesser d’effectuer des tirs aveugles de roquettes et les Forces de défense israéliennes doivent éviter d’utiliser dans les zones densément peuplées des armes explosives à large rayon d’action, qui risquent fortement de frapper sans discrimination », a indiqué M. Türk.

Lors des raids israéliens de ce week-end, qui furent parmi les plus intenses de ces deux dernières semaines sur Gaza, près de 1 000 habitants de Gaza auraient été tués, dont certains dans des hôpitaux, des mosquées et des écoles où beaucoup avaient cherché refuge et sécurité, ou dans leurs environs.

L’aide humanitaire qui a repris depuis l’Égypte au cours du week-end n’est qu’une goutte d’eau face aux immenses besoins, alors que les hôpitaux privés de ressources sont submergés par plus de 15 000 blessés, a déploré le Haut-Commissaire.

« Si les habitants de Gaza ne reçoivent pas davantage d’aide, notamment du carburant, des médicaments, de la nourriture et de l’eau, dans les jours ou même les heures qui viennent, de nombreuses personnes mourront de faim, de soif et du manque de soins médicaux », a-t-il affirmé. « Je suis profondément inquiet face à la lutte pour la survie des Palestiniens de Gaza, parmi eux de nombreux membres du personnel du HCDH et d’autres employés de l’ONU.

M. Türk a souligné que toutes les parties doivent respecter pleinement les lois de la guerre et le droit international des droits de l’homme. Il a également mis l’accent sur l’obligation, en vertu du droit international, pour les États tiers, en particulier ceux qui ont une influence sur les parties au conflit, de prendre des mesures pour assurer le respect du droit international humanitaire, soulignant que « les violations du droit international nuisent aux intérêts de tous les États, et tous les États liés par les Conventions de Genève sont appelés à veiller à ce que toutes les autres parties respectent ces lois de la guerre ».

« Le droit international humanitaire est parfaitement clair. La protection des civils est primordiale et toute action allant à l’encontre de cette règle sera examinée de près, les infractions graves risquant d’être sanctionnées pour crimes de guerre et autres atrocités », a déclaré M. Türk.

« Les lois de la guerre doivent l’emporter. Les personnes qui bafouent ces règles doivent comprendre qu’elles le font sous les yeux du monde entier. Le principe de responsabilité doit être respecté.

« Il ne peut y avoir deux poids deux mesures s’agissant des droits humains. Les droits d’un groupe de personnes ne sont pas supérieurs à ceux d’un autre », a-t-il ajouté. « Les règles s’appliquent à tous de la même manière. »

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