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Communiqués de presse Procédures spéciales

République centrafricaine : Une experte des Nations Unies appelle à l'action pour prévenir la traite et garantir la responsabilité, en particulier pour les femmes et les enfants

30 novembre 2023

BANGUI (30 novembre 2023) - Une experte des droits humains des Nations Unies a appelé aujourd'hui la République centrafricaine (RCA) à intensifier ses efforts pour prévenir la traite des personnes à des fins d'exploitation sexuelle, de mariage d'enfants et de mariage forcé, de recrutement et d'utilisation des enfants par des groupes armés et des forces armées, et de travail forcé.

« Je salue la volonté politique du Président et du Gouvernement de lutter contre la traite des êtres humains, mais je souligne que les autorités doivent renforcer les mesures de prévention et améliorer la protection et le soutien aux victimes, y compris les victimes de la traite liée au conflit », a déclaré la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la traite des personnes, Siobhán Mullally, dans un communiqué à l'issue d'une visite de sept jours dans le pays.

Mme Mullally a appelé à la poursuite des actions visant à prévenir la traite à des fins d'exploitation, y compris la traite liée au conflit, à garantir l'assistance et la protection aux victimes et l’application du principe de responsabilité. Elle s'est félicitée de l'engagement constructif avec le Gouvernement au cours de sa visite. L'experte de l'ONU a également rencontré des activistes féministes, des femmes leaders, des leaders communautaires et des avocats.

« L'impact continu du conflit, du changement climatique et des déplacements, combiné à l'insécurité alimentaire et à l'accès limité à l'éducation, augmente considérablement les risques de traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants », a déclaré Mme Mullally. Pour prévenir la traite des enfants, la RCA doit donner la priorité à l'élargissement de l'accès à l'éducation et au renforcement des systèmes de protection de l'enfance, a déclaré l’experte.

« Une prévention efficace de la traite nécessite des mesures de lutte contre la pauvreté et d'autonomisation des femmes et des filles, notamment par l'éducation, l'accès à des moyens de subsistance et à un travail décent, et la protection sociale", a-t-elle ajouté.

La République centrafricaine reste l'un des pays les plus pauvres du monde, malgré d'importantes ressources naturelles.

Mullally a salué les mesures importantes prises pour renforcer la responsabilité en matière de traite des personnes, notamment l'adoption d'une loi globale et d'un plan d'action, ainsi que la priorité accordée à la lutte contre la traite des enfants.

Toutefois, l'experte a observé que l'inégalité entre les sexes et les risques élevés de traite à des fins de mariage d'enfants et de mariage forcé, d'esclavage sexuel et de servitude domestique touchaient particulièrement les femmes et les filles. « La prévention de la traite doit être au cœur du programme et mesures relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité et des mesures relatives aux jeunes, à la paix et à la sécurité », a-t-elle déclaré.

Mme Mullally a déclaré que le recrutement d'enfants par des groupes armés et les enlèvements à des fins de mariage d'enfants et de mariage forcé, ainsi que d'esclavage sexuel, restaient très préoccupants.

La rapporteuse spéciale s'est rendue à Bria, où se trouve le plus grand camp de personnes déplacées du pays, et s'est entretenue avec des personnes qui ont fui les vagues successives de violence.

Elle a félicité le Gouvernement et les communautés d'accueil pour leur accueil des réfugiés et des personnes déplacées, et a appelé la communauté internationale à apporter son soutien pour prévenir les risques de traite.

Elle a appelé au renforcement de la présence et du rôle des autorités étatiques en dehors de la capitale Bangui, à la mise en œuvre effective des lois visant à lutter contre la traite et à l'accès à la justice pour les victimes, ainsi qu'à la lutte contre l'impunité.

« Les victimes et les personnes exposées à la traite des êtres humains ont besoin d'une attention urgente, notamment d'un hébergement sûr et d'une assistance », a déclaré Mme. Mullally. « Il est essentiel de renforcer l'État de droit, la justice et la réforme du secteur de la sécurité, par le biais de mesures telles que les tribunaux mobiles, l'élargissement de l'aide juridique et l'augmentation de la participation des femmes à tous les niveaux dans les secteurs de la justice et de la sécurité. »

La rapporteuse spécial présentera un rapport sur la visite au Conseil des droits de l'homme en juin 2024.

Mme Siobhán Mullally a été nommée rapporteuse spéciale sur la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies en juillet 2020, afin de promouvoir la prévention de la traite des personnes sous toutes ses formes et d'encourager les mesures visant à faire respecter et à protéger les droits fondamentaux des victimes. Elle est également professeur titulaire de droit des droits de l'homme et directrice du Centre irlandais des droits de l'homme à la faculté de droit de l'université de Galway. Avant d'être nommée rapporteuse spéciale, elle était membre du Groupe d'experts du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA), dont elle a été élue présidente de 2016 à 2018 et première vice-présidente de 2014 à 2018.

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Page du HCDH sur le pays : République centrafricaine

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