Membres du personnel de l’ONU, dont huit collègues du HCDH, détenus au Yémen
Le HCDH appelle à leur libération immédiate
La coopération internationale est la pierre angulaire de la solidarité internationale, mais cette solidarité ne se limite pas à l’assistance et à la coopération internationales, à l’aide, à la charité ou à l’assistance humanitaire. La solidarité internationale doit être considérée comme un concept plus large qui comprend notamment la viabilité des relations internationales, en particulier des relations économiques internationales, la coexistence pacifique de tous les membres de la communauté internationale, les partenariats égalitaires et le partage équitable des avantages et des charges, étant entendu que les intéressés doivent s’abstenir de porter préjudice ou de faire obstacle à l’amélioration du bien-être d’autrui, y compris dans le cadre du système économique international, et de compromettre notre habitat écologique commun dont nous assumons tous la responsabilité.
Dans son rapport au Conseil des droits de l’homme (A/HRC/15/32, juillet 2010), l’ancien Expert indépendant Rudi Muhammad a conclu que la solidarité internationale est une condition préalable de la dignité humaine, le fondement de tous les droits de l’homme et une approche du développement centrée sur l’être humain, et qu’elle a la capacité de jeter des passerelles entre tout ce qui divise et établit une distinction. Elle englobe les valeurs de justice sociale et d’équité ; la bonne volonté entre les peuples et les nations et l’intégrité de la communauté internationale ; la souveraineté et l’égalité souveraine de tous les États et les relations amicales entre eux. Il a mis en avant des domaines prioritaires et de nouveaux domaines dans lesquels la solidarité internationale devrait jouer un rôle plus prépondérant, comme le développement durable, le financement du développement et la coopération Sud-Sud.
L’Expert indépendant a plaidé en faveur d’une solidarité préventive face à la masse des problèmes mondiaux et locaux, à l’accroissement très inquiétant des catastrophes naturelles et anthropiques et à la progression permanente de la pauvreté et des inégalités. Par la suite, sa successeure Virginia Dandan a repris ce plaidoyer dans sa déclaration lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Durban, où elle a appelé à une coopération et une solidarité accrues afin de faire face aux problèmes posés par les changements climatiques, tels que l’intensification et la fréquence croissante des catastrophes naturelles, ainsi que l’augmentation constante de l’écart de pauvreté et la série de crises alimentaires, énergétiques, économiques et financières à l’échelle mondiale.
Dans sa première déclaration au Conseil des droits de l’homme, Mme Dandan a souligné le fait que la notion de solidarité définit le travail des Nations Unies depuis leur création, en rapprochant des nations et des peuples en vue de promouvoir la paix et la sécurité, les droits de l’homme et le développement. Elle a également mis en avant le fait que la solidarité internationale est identifiée dans la Déclaration du Millénaire comme l’une des valeurs fondamentales indispensables aux relations internationales au XXIe siècle.
Selon Mme Dandan, la solidarité « va bien au-delà du sentiment d’un lien commun qui est légitimement synonyme de solidarité. C’est une notion qui associe des différences et des divergences, les réunit dans un ensemble hétérogène dont l’épanouissement repose sur les valeurs universelles relatives aux droits de l’homme. Par conséquent, la solidarité internationale ne cherche en rien à homogénéiser, mais plutôt à être une passerelle entre ces différences et ces divergences, reliant les uns aux autres des peuples et des pays divers avec leurs intérêts propres, dans des relations mutuellement respectueuses et bénéfiques, pétries des principes régissant les droits de l’homme et des notions d’équité et de justice ».
Mme Dandan a également déclaré que les menaces à la paix et à la sécurité, la pauvreté, la pénurie d’eau, la pression démographique, les conséquences sociales et économiques de la mondialisation, notamment ses effets sur la main-d’œuvre et les migrations, ainsi que l’utilisation abusive des ressources naturelles qui est étroitement liée à une hausse des conflits sociaux, de la marginalisation et de la pauvreté ne sont que quelques-uns des freins les plus importants à l’établissement d’un avenir durable au cours de ce siècle. Ces tristes réalités viennent renforcer l’argument en faveur de l’élaboration du droit à la solidarité internationale, et d’une avancée judicieuse, sans plus tarder, afin de s’entendre sur ses contours, sa configuration et son fond, tels qu’ils seront exposés clairement dans un projet de déclaration sur le droit des peuples et des individus à la solidarité internationale.
L’actuel titulaire du mandat, M. Obiora C. Okafor, a annoncé après sa nomination en 2017 qu’il continuerait les travaux des précédents titulaires du mandat dans le droit fil des résolutions pertinentes, et il a exposé les principaux buts et objectifs qu’il poursuivra, notamment :
L’Expert indépendant a également annoncé qu’il se concentrerait sur plusieurs priorités thématiques, notamment :