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Alice Jill Edwards

Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Dr. Alice Jill Edwards, UN Special Rapporteur on Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment © Cordula Treml

Alice Jill Edwards (Australie) est la septième Rapporteuse spéciale sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants nommée par le Conseil des droits de l’homme, et la première femme à occuper ce poste.  Sa nomination a été annoncée le 8 juillet 2022 et prend effet le 1er août. Avocate, universitaire et négociatrice hautement qualifiée, Mme Edwards a prouvé à maintes reprises son engagement soutenu en faveur des victimes de violations des droits de l’homme et a contribué de manière décisive à l’élaboration de normes de droit international.

Conseillère auprès de gouvernements, d’organismes internationaux et régionaux, d’institutions nationales et de la société civile, Mme Edwards comprend les défis, les obstacles et les possibilités de réforme, et maintient des relations respectueuses et courtoises. Au cours de ses 25 années de carrière, elle a travaillé avec un large éventail de parties prenantes pour apporter des améliorations dans les domaines de la justice pénale, de la police et de l’application des lois, des services militaires et de sécurité, de l’immigration, de l’asile, de l’apatridie et de la traite des êtres humains, des lois contre la discrimination et des normes pénitentiaires.

Elle a récemment été responsable du secrétariat de l’Initiative sur la Convention contre la torture, une collaboration intergouvernementale unique visant à obtenir la ratification et la mise en œuvre universelles de la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (2016-2021). Durant son mandat, 15 nouveaux États ont adhéré à la Convention et ont entamé leur processus de mise en œuvre, ce qui dépasse de loin les taux de ratification de la plupart des autres traités relatifs aux droits de l’homme, et plus de 180 États ont participé à des activités de renforcement des capacités et à des visites diplomatiques.

Elle fut auparavant cheffe de la Section de la politique de protection et des conseils juridiques au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Genève (2010-2015), un poste institutionnel important, après avoir effectué plusieurs missions sur le terrain en Bosnie-Herzégovine, au Rwanda et au Maroc.

Parmi ses plus grandes contributions figure son argument juridique novateur, qui est désormais accepté comme doctrine dans le monde entier, selon lequel le viol et la violence sexuelle sont des formes de torture et de persécution, permettant à des centaines de milliers de victimes de demander la protection de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. En outre, les efforts qu’elle a déployés en Bosnie-Herzégovine à la fin des années 1990 pour trouver des solutions appropriées à long terme pour les femmes victimes de violences liées aux conflits et leurs familles ont été adoptés comme pratique opérationnelle des Nations Unies et comme politique nationale. Son livre influent Violence against Women under International Human Rights Law (Cambridge University Press, 2011), pour lequel elle a obtenu le prix Audre Rapoport de recherche sur les droits humains des femmes, s’est inspiré en grande partie de son travail sur le terrain.

Les études de cas empiriques publiées par Mme Edwards sur les solutions de substitution à la détention administrative, ainsi que ses arguments juridiques sur l’application du Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants aux centres de détention pour immigrants et réfugiés, ont été largement utilisés par les Nations Unies et les organisations internationales, les gouvernements, les tribunaux et la société civile. Son travail de conceptualisation et d’orientation de la Stratégie mondiale pluriannuelle du HCR « Beyond Detention » a été décrit comme un « modèle pour la défense des droits de l’homme ». Elle est notamment l’auteure des lignes directrices du HCR en matière de détention et des premières directives de l’organisation sur les persécutions liées au genre. Elle a également élaboré le document de référence qui sous-tend la recommandation générale n0 32 du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes. Elle a fait partie de comités consultatifs pour la révision du Protocole d’Istanbul sur les moyens d’enquêter efficacement sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants pour établir la réalité des faits, et des Principes de Mendez relatifs aux entretiens efficaces dans le cadre d’enquêtes et de collecte d’informations.

Alice Jill Edwards est l’auteure et coéditrice de plus d’une cinquantaine de publications et rapports, notamment Human Security and Non-Citizens: Law, Policy and International Affairs (2010), Violence against Women under International Human Rights Law (2011), Nationality and Statelessness in International Law (2014) et In Flight from Conflict and Violence: UNHCR’s Consultations on Refugee Status and Other Forms of International Protection (2017).

Mme Edwards est membre du conseil d’administration de plusieurs revues universitaires renommées, dont Torture Journal (disponible en accès libre), et a occupé des postes permanents et auxiliaires dans des universités réputées, notamment à Oxford, Londres et Nottingham. Elle fait actuellement partie du corps enseignant du master d’études en droit international des droits de l’homme de l’Université d’Oxford.

Au début de sa carrière dans le domaine des relations internationales, elle a travaillé pour Amnesty International et une ONG de développement au Mozambique.

Elle parle anglais et français, ainsi que portugais à un niveau intermédiaire.

Mme Edwards est une avocate et conseillère qualifiée. Elle est titulaire d’un doctorat en droit international public de l’Australian National University, d’un master en droit international public (avec mention) de l’Université de Nottingham (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord), d’un diplôme en droit international et comparatif de l’Institut international des droits de l’homme René Cassin (France) et d’une licence en droit (avec mention) de l’Université de Tasmanie (Australie).

En tant que Rapporteuse spéciale, elle s’efforcera de tirer parti des avantages de la coopération et de conversations constructives, et de partager des conseils concrets et pragmatiques conformes au droit international et aux meilleures pratiques. La clé d’un changement durable et à long terme est entre les mains des dirigeants à tous les niveaux, qui doivent s’impliquer pour identifier les problèmes et faire partie de la solution. Elle placera les droits des survivants et de leurs familles au cœur des préoccupations, notamment leur droit de s’exprimer et d’être entendus, de participer aux décisions qui les concernent, de se réadapter et d’obtenir un recours. Son travail portera notamment sur les manières de lutter contre les causes des pratiques inhumaines et abusives, ainsi que sur leur prévention et l’établissement des responsabilités, en appliquant des méthodes et des perspectives féministes et axées sur l’égalité. La représentation et la participation de la communauté seront des thèmes importants de son travail en tant que Rapporteuse spéciale. Elle fournira des informations détaillées sur son approche et les domaines thématiques qu’elle abordera durant son mandat dans son premier rapport.

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