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Concours international pour les artistes issus de minorités : quand la mémoire se joint à l’art

12 février 2024

La lauréate du concours 2023 Bianca Batlle Nguema peint dans son atelier de Tiana, un village proche de Barcelone, en Espagne. © Martina Orobitg et Ariadna Tarifa

Comment l’art et la mémoire peuvent-ils promouvoir la paix et le respect des droits humains ?

L’édition 2024 du concours international pour les artistes issus de minorités porte cette année sur le thème de la mémoire dans le présent. Les artistes sont invités à soumettre leurs œuvres jusqu’au 15 février 2024.

Organisée par le HCDH et les organisations de la société civile Minority Rights Group International et Freemuse, la troisième édition du concours vise à soutenir le travail des artistes issus de minorités en tant que défenseurs des droits humains et à mettre en lumière l’histoire et la mémoire des minorités afin de lutter contre la discrimination, de célébrer la diversité et de bâtir des sociétés pacifiques.

« Nous voulions que ce concours soit l’occasion pour les artistes issus de minorités d’explorer et d’exposer, à travers leur art, la manière dont le travail de mémoire peut favoriser la reconnaissance des autres et la considération de toutes les personnes en tant que titulaires de droits », a déclaré Claude Cahn, spécialiste des droits de l’homme du HCDH, qui travaille notamment sur l’initiative.

Fabián Salvioli, Rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, est convaincu que le travail de mémoire est un pilier de la justice transitionnelle et qu’il est nécessaire pour lutter contre les formes contemporaines d’exclusion et de discrimination, notamment celles affectant les communautés minoritaires.

Pour M. Salvioli, la mémorialisation est essentielle pour préserver et transmettre les récits des violations des droits et des préjudices subis par le passé par toutes les victimes, en vue d’informer la société, de restaurer la dignité des victimes, de promouvoir la réconciliation et d’empêcher que ces violations ne se reproduisent.

« Ce concours remet en question les stéréotypes, promeut la diversité et plaide pour la visibilité des communautés marginalisées dans le monde de l’art », a déclaré Babatunde « Tribe » Akande, un artiste multimédia de Lagos, au Nigéria, et l’un des quatre lauréats du concours 2023, qui était axé sur le thème de l’intersectionnalité.

Une autre lauréate du prix 2023, Bianca Batlle Nguema (ci-dessus), une artiste basée à Barcelone qui utilise des toiles grand format pour faire passer des messages et éliminer les stéréotypes de la communauté d’ascendance africaine, a appelé ses collègues artistes issus de minorités dans le monde entier à poser leur candidature au concours 2024.

« Afin de changer les visions du monde et les attitudes, nous devons faire entendre notre voix, et c’est un excellent moyen positif de le faire », a-t-elle déclaré.

Les artistes qui s’identifient comme appartenant à une minorité sont invités à soumettre des images électroniques de haute qualité de cinq œuvres d’art au maximum liées aux minorités et à la mémoire dans le présent. Le jury sélectionnera trois artistes, groupes d’artistes ou projets artistiques issus de minorités qui recevront des prix non hiérarchiques et un artiste issu d’une minorité qui sera récompensé dans la catégorie « jeune artiste ».